Les principaux moyens d’action des syndicats

Les syndicats formulent des revendications au nom de leurs salariés. Pour les promouvoir, ils utilisent un large répertoire d’actions syndicales. Tous ces moyens visent à une même fin : faire valoir et accepter, au moins en partie, les préoccupations et les intérêts de leurs membres. En voici un aperçu :

Les moyens au sein de l’entreprise

Les syndicats disposent de différents moyens d’action au sein de l’entreprise. Le port de macarons, d’autocollants et de t-shirts, la distribution de tracts, la visite en groupe des bureaux de la direction ou des réunions du conseil d’administration, un défilé ou un pique-nique devant l’entreprise et les relations avec la presse représentent quelques-uns des moyens que les syndicats peuvent utiliser pour exprimer la détermination et montrer la solidarité de leurs membres. Parfois, ces moyens s’avèrent amplement suffisants pour en arriver à un règlement satisfaisant en cas de conflit avec l’employeur.

Les négociations

Les syndicats ont le droit de négocier collectivement avec les employeurs ou l’État afin de défendre les droits et intérêts de leurs adhérents. Les revendications peuvent toucher les salaires, les conditions de travail, les congés payés, les questions relatives à la santé, la retraite, etc. À la table de discussion, les deux parties tentent alors de trouver des ententes et des compromis entre les exigences des travailleurs et celles des employeurs. Les organisations syndicales s’efforcent évidemment de négocier la meilleure convention collective possible pour leurs membres. Dans la majorité des cas, ces pourparlers aboutissent à une entente sans qu’un arrêt de travail se produise, mais cela résulte souvent d’un processus de négociation intense avec l’employeur.

Les manifestations

Les manifestations constituent l’un des moyens d’action mise en œuvre par les organisations syndicales. Pendant une négociation ou une grève, les syndicats organisent souvent des journées de manifestations coordonnées qui permettent aux salariés de sensibiliser la population à leur cause et de gagner son appui afin d’obtenir de meilleures conditions de travail. Ces événements publics sont également utilisés pour dénoncer les abus d’un employeur ou encore pour manifester le mécontentement des travailleurs et ainsi faire pencher l’opinion publique du côté des employés et faire fléchir l’employeur.

Les grèves

Le droit de grève demeure un outil important du répertoire de l’action syndicale. Lorsque les négociations échouent, les syndicats peuvent utiliser ce moyen de pression pour amener l’autre partie à modifier sa position au regard de la négociation. Les employés cessent alors toute activité pour faire pression sur leurs employeurs. Cela dit, la grève ne peut avoir lieu que si, à l’occasion de la tenue d’un scrutin secret, les membres ont décidé démocratiquement et majoritairement, au préalable, d’approuver la proposition d’autoriser l’organisation syndicale à la décréter en cas de nécessité. Par ailleurs, le droit de grève peut faire l’objet de dispositions particulières dans certains secteurs public et parapublic afin de maintenir les services essentiels.

Les piquetages

Les piquetages constituent l’une des formes de pression associées habituellement aux conflits de travail. Lors d’une grève ou d’un lock-out, les organisations syndicales vont généralement inviter leurs membres à ériger des lignes de piquetage. Les syndiqués se regroupent alors devant les entrées des établissements pour en ralentir l’accès. En règle générale, le piquetage pacifique — non assorti d’intrusion, d’intimidation, de diffamation, de menace, de nuisance à la circulation ou de déclarations mensongères — est jugé licite, peu importe l’endroit où il a lieu. Cela dit, le nombre de piqueteurs est souvent limité lorsqu’un jugement est prononcé à la suite d’une injonction de la part de l’employeur.

Les griefs

Les griefs représentent un autre moyen d’action par lequel les organisations syndicales protègent les droits des travailleurs. Lorsqu’ils considèrent que l’employeur ne respecte pas la convention collective ou que son application soulève certains problèmes, les syndicats peuvent en effet déposer un grief pour corriger la situation. Dans la plupart des conventions collectives, le délai pour procéder au dépôt de la plainte est de 30 jours à compter de l’événement, sauf dans le cas de harcèlement psychologique, pour lequel le délai peut atteindre deux ans. Si les parties s’entendent sur une solution, la situation est corrigée et le grief est réglé. Dans le cas contraire, le grief peut être soumis à l’arbitrage.

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