Le Club

Tom Brady, le livre de jeux… et le pointage au tennis !

Voici notre plus récente cuvée de vos questions et de nos réponses. Il en reste beaucoup d’autres en banque, mais on aime toujours recevoir vos dernières interrogations selon l’évolution de l’actualité. Envoyez-les-nous ici :

Brady comme le bon vin

À 44 ans, Tom Brady continue de dominer son sport comme un jeune athlète arrivé à maturité. Il est statistiquement un non-sens. Je comprends qu’il est bien entouré. M’enfin. Pourquoi est-il si bon ? Quelles sont les qualités qui le font non seulement durer, mais dominer son sport ?

— Sébastien Provençal

Réponse de Miguel Bujold :

Brady est le plus grand quart-arrière de l’histoire, il n’y a plus le moindre doute sur ça. S’il a connu et connaît une telle carrière, c’est pour plusieurs raisons. Commençons par sa lecture du jeu. Non seulement Brady sait comment rapidement trouver le « trou » dans la défense adverse, il sait précisément à quel moment il doit se défaire du ballon afin d’éviter de se faire plaquer solidement. Cela lui a permis d’éviter des blessures. Mais justement, Brady a souvent joué en dépit de blessures et on ne parle probablement pas suffisamment de sa tolérance à la douleur. Comme vous le savez sûrement, Brady a une alimentation A+++ et suit un programme d’entraînement méticuleusement préparé en fonction de ses propres besoins de joueur. Il possède également une précision et un doigté remarquables, et la force de son bras a très peu diminué au fil des ans. Et le facteur le plus important, selon moi, c’est la soif de vaincre de Brady. Il ne lésine sur absolument rien sur le plan de sa préparation et il en veut toujours plus, plus, plus… Bref, il n’y a pas un seul facteur, mais plutôt une panoplie qui expliquent son succès exceptionnel.

Voler le livre de jeux

Je pense par exemple à Laurent Duvernay-Tardif, échangé des Chiefs de Kansas City aux Jets de New York. Il change d’équipe. Qu’en est-il de son bagage ? Est-ce que la direction des Chiefs doit revoir tout son système offensif pour éviter la divulgation de ses stratégies offensives ? Est-ce qu’un joueur peut faire des photocopies de son cahier des charges avant de s’en aller et le remettre à sa nouvelle équipe ? Sur l’honneur, le joueur échangé promet de garder ça pour lui ? Bref, dans un sport si méthodique et tactique que le football, comment font les équipes pour préserver l’intégrité de leur système de jeux lorsque des joueurs quittent l’équipe pendant la saison ?

— Brigitte Lapierre

Réponse de Richard Labbé :

Bonjour, Brigitte. Un joueur échangé doit tout laisser derrière… y compris, bien sûr, son livre de jeux. Il y a eu des cas par le passé où des équipes ont fait l’acquisition d’un joueur d’un club rival (souvent un joueur marginal) seulement pour tenter d’acquérir du même coup les « secrets » d’un club. Dans le cas de Laurent Duvernay-Tardif, même s’il voulait refiler les secrets des Chiefs à ses nouveaux patrons des Jets, ça ne changerait pas grand-chose, parce que 1) les Jets sont vraiment très mauvais et, 2) un livre de jeux de la NFL peut contenir des centaines de jeux. On peut bien savoir ce qui s’y trouve, mais comment faire pour savoir à quel moment les Chiefs vont choisir un jeu en particulier ? Lors du match de championnat de 1994 dans la Conférence nationale, un dirigeant des 49ers de San Francisco avait fait savoir en coulisses que le club avait réussi à « voler » tous les signaux des Cowboys de Dallas. Marque finale de ce match : Cowboys 38, 49ers 21.

15-40 ?

Quelle est l’origine du pointage au tennis ?

— Bruce Gaudreau

Réponse de Katherine Harvey-Pinard :

Bonjour, M. Gaudreau. Selon un article du magazine Time publié en août 2019, l’historique du pointage au tennis est encore un mystère à ce jour. Dans un poème écrit en 1415, après la bataille d’Azincourt, les points d’un match entre le roi d’Angleterre et le Dauphin de France étaient comptés en utilisant le système 15-30-45. Cette façon de faire remonte donc à il y a fort longtemps.

Il y a plusieurs théories sur les raisons pour lesquelles on compte ainsi. J’ai posé votre question à Tennis Canada. Voici la réponse du vice-président, Eugène Lapierre : « La raison la plus plausible est qu’on utilisait autrefois un simple cadran pour marquer les points. On plaçait l’aiguille à 15 au premier point, à 30 au second, à 45 puis à 60. Quand on a voulu s’assurer qu’il y ait deux points de différence pour remporter un jeu, on aurait alors amené l’aiguille à 40 pour le troisième point et à 50 pour avantage. »

Les statistiques des unités spéciales

Un point me titille depuis une bonne quarantaine d’années, mais il n’est jamais trop tard, n’est-ce pas ? J’aimerais savoir comment est calculé le pourcentage de réussite pour une équipe en ce qui concerne les avantages et désavantages numériques au hockey. Est-ce que tout est ramené sur une base de deux minutes ou simplement sur les occasions sans tenir compte du temps de cet avantage (ou désavantage) ?

— Michel Lefebvre

Réponse de Simon-Olivier Lorange :

Il est vrai que certaines statistiques font tellement partie des meubles qu’on ne les remet plus en question. Vous avez vous-même trouvé la réponse : quand il est question d’efficacité en avantage ou en désavantage numérique, on divise le nombre de buts par le nombre d’occasions. Deux buts en quatre occasions égalent 50 %. Voilà pour la base. À mesure que la saison avance, la masse critique d’occurrences précise les données et leur donne de plus en plus de valeur. Par contre, cet indicateur demeure imparfait, car il évacue le temps qu’a mis une équipe à marquer et il fait abstraction des évènements externes. Si, par exemple, le Canadien amorce un avantage numérique et écope d’une pénalité dès la mise en jeu, il sera « zéro en un », alors qu’il n’a en réalité disposé que de quelques secondes pour s’exécuter. Pour des indicateurs plus précis, il faut se tourner vers des sites spécialisés. Le site NaturalStatTrick, entre autres, fournira en quelques clics les statistiques par tranche de 60 minutes – buts marqués, tirs, tentatives de tir, chances de marquer, etc. L’ordre des équipes reste assez semblable en ce qui a trait aux buts marqués, mais dans d’autres champs, il y a des surprises. On y apprend notamment que le Tricolore est meilleur sur le plan des chances de marquer (22e rang) que sur celui des buts (29e). C’est là l’exact reflet d’un manque d’opportunisme.

La santé mentale

J’aimerais ajouter une observation à la courageuse sortie de Jonathan Drouin. On oublie que la douleur psychologique est aussi réelle que la douleur physique. Tous ont souligné, avec raison, le courage de Shea Weber et sa grande tolérance à la douleur qui lui ont permis de jouer malgré les blessures. Mais la douleur causée par l’anxiété est tout aussi incapacitante. Jonathan Drouin a lui aussi joué avec une douleur intense pendant des années. Il a fait preuve d’un immense courage à cet égard également. Cela mérite d’être souligné.

— Pierre Salois

Réponse de Mathias Brunet :

La culture du hockey commence à changer tranquillement, mais il reste du travail à faire. Au moins, les joueurs hésitent de moins en moins à parler de leurs problèmes de santé mentale, alors qu’il s’agissait d’un tabou il n’y a pas si longtemps. Vous faites bien de le souligner. Stéphane Richer aurait sans doute préféré jouer à notre époque. Il avait déjà raconté avoir pleuré pendant tout le chemin du retour, entre le New Jersey et Montréal, après avoir pourtant remporté la Coupe Stanley avec les Devils. Il ne trouvait pas la cause de son désarroi et il aurait été très mal vu pour lui de l’exprimer alors qu’il jouait encore. Comme quoi les choses évoluent quand même…

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