Les gangs responsables de la hausse des meurtres au pays

Près de 800 homicides ont été perpétrés au Canada en 2021

La hausse des meurtres au Canada est surtout attribuable aux gangs de Vancouver et de Montréal en 2021, selon les plus récentes données de Statistique Canada. Malgré tout, le Québec reste parmi les provinces qui enregistrent le moins d’homicides par habitant.

« Relativement rares »

En 2021, il y a eu 788 homicides au Canada, soit 29 meurtres de plus qu’en 2020. Il s’agit d’une hausse de 3 %. Les homicides demeurent « relativement rares » au pays, selon Statistique Canada, malgré une troisième augmentation en trois ans. Ils représentent moins de 0,2 % de tous les crimes violents déclarés à la police en 2021.

Au Québec, il y a eu 88 meurtres en 2021, ce qui en fait la deuxième province où il y a le moins d’homicides par habitant. Au premier rang, on retrouve l’Île-du-Prince-Édouard, qui n’a enregistré aucun meurtre en 2021.

Homicides et gangs

Des 788 homicides, 184 étaient reliés à des gangs, soit 23 % de tous les meurtres du pays. Le nombre d’homicides attribuables à des gangs n’a jamais été aussi élevé depuis que Statistique Canada a commencé à comptabiliser ce genre de données en 2005.

À Montréal, il y a eu 19 meurtres reliés aux gangs en 2021 (sur un total de 48), une hausse de 11 par rapport à l’année précédente. C’est Vancouver qui enregistre la plus forte augmentation (+ 13) d’homicides impliquant des groupes criminels.

Lorsqu’on prend en considération la taille de la population, c’est toutefois Regina, en Saskatchewan, qui affiche le plus fort taux d’homicides attribuables à des gangs, soit 3,03 par 100 000 habitants. À Montréal et à Vancouver, le taux est plutôt de 0,44 et 1,05 par 100 000 habitants.

Les armes à feu souvent utilisées

En 2021, 40 % des homicides ont été commis à l’aide d’une arme à feu. Les armes pointues ont été utilisées dans 32 % des meurtres et les « coups portés » dans 17 % des homicides. Dans le cas des meurtres par arme à feu, une arme de poing a été utilisée dans 57 % des cas et un fusil de chasse ou une carabine dans 26 % des cas.

Montréal affiche d’ailleurs l’un des plus faibles taux d’homicides par arme à feu du pays (0,58 sur 100 000 habitants) parmi les villes de plus de 500 000 habitants. À Québec, il y a eu 5 meurtres en 2021, mais aucun avec une arme à feu. Edmonton (1,35) et Winnipeg (1,32) présentent les pires taux d’homicides par arme à feu dans les grandes villes du pays. Parmi les villes de 100 000 à 500 000 habitants, c’est Regina (2,65) qui arrive en queue de peloton.

Mauvaise impression ?

Malgré ce que l’on pourrait en penser, les meurtres au Québec sont passés de 87 à 88 entre 2020 et 2021. Les réseaux sociaux sont peut-être responsables de cette impression que le Québec, et encore plus Montréal, est dangereux, croit André Gélinas, sergent-détective retraité du Service de police de la Ville de Montréal. « Au début de ma carrière aux gangs de rue, en 2004-2006, il y avait beaucoup de fusillades. Dans les bars, ça tirait toutes les fins de semaine, mais on en entendait peu parler, dit-il. Aujourd’hui, les nouvelles circulent très vite et tout le monde devient un journaliste potentiel avec son cellulaire. Les nouvelles sur les fusillades partent sur les réseaux sociaux et elles s’amplifient. » En 2004, il y avait en effet eu 111 homicides au Québec.

Proportion élevée de victimes autochtones

En 2021, sur les 752 victimes d’homicide pour qui les renseignements sur l’identité étaient disponibles, 190 étaient des Autochtones. Ce nombre représente 25 % des victimes de meurtre. Le taux d’homicides chez les victimes autochtones était six fois plus élevé (9,17 pour 100 000 Autochtones) que le taux observé chez les non-Autochtones (1,55 pour 100 000).

Par ailleurs, le tiers des victimes d’homicide au pays étaient des personnes racisées, soit 247 sur 762 victimes pour lesquelles des renseignements sur les groupes racisés étaient disponibles. Le taux d’homicides des personnes racisées (2,51 pour 100 000 personnes racisées) est donc de 38 % supérieur à celui observé pour le reste de la population (1,81).

Victimes d’un conjoint

En 2021, 17 % des victimes d’homicide ont été tués par un conjoint ou un partenaire intime. Dans 76 % des cas, les victimes étaient des femmes alors que dans 24 % des cas, elles étaient des hommes. À l’inverse, les femmes représentent seulement 24 % des victimes de l’ensemble des homicides.

« Les données pour la période allant de 2012 à 2021 révèlent également que 28 % des femmes victimes d’homicide en général auraient été tuées par frustration, colère ou désespoir, comparativement à 10 % pour les hommes. En outre, la proportion de femmes (10 %) tuées par jalousie ou envie était plus de trois fois supérieure à celle observée chez les hommes (3 %) », note Statistique Canada.

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