Un petit lundi soir à New York…

Malgré leurs récents succès aux Internationaux des États-Unis, les Québécois Félix-Auger Aliassime et Leylah Fernandez ne se considèrent pas comme des vedettes mondiales. Du moins pas encore…

La question : « Qu’avez-vous fait à New York depuis votre dernier match ? » Réponse de Félix Auger-Aliassime : « Pas grand-chose, tranquille à l’hôtel ! »

Pour quiconque a un compte ne serait-ce que sur un seul réseau social, impossible d’avoir raté le passage de Leylah Fernandez et de Félix Auger-Aliassime au Met Gala, le grand évènement mode du Metropolitan Museum of Art, lundi soir.

Leylah Fernandez s’est promenée en ville avec sa mère et ses sœurs, au lendemain de son revers en finale des Internationaux des États-Unis contre Emma Raducanu, samedi.

« Et quand j’ai reçu la nouvelle que j’étais invitée au Met Gala, on a immédiatement cherché une robe et je suis très contente d’en avoir trouvé une ! a-t-elle raconté. C’était une soirée incroyable. Je me sentais un peu comme Cendrillon. »

Après s’être préparée toute la journée, elle a été heureuse de jaser un peu avec la joueuse de soccer américaine Megan Rapinoe, « une grande inspiration ».

Auger-Aliassime a pour sa part nommé Stephen Curry et Russell Westbrook, vedettes bien connues de la NBA.

« C’était surréel d’être invité à un évènement comme ça, même si on n’avait pas beaucoup d’occasions de discuter. C’était impressionnant de les voir en personne », a indiqué le demi-finaliste du tableau masculin à New York.

Puis, plus tard, Fernandez a évoqué les acteurs de Riverdale, notamment Lili Reinhart. « Je me disais : “Oh my gosh, elle est ici, je ne le crois pas”. Malheureusement, j’étais trop chicken pour lui parler ! »

Fin de la parenthèse mondaine.

Les deux prochains mois

Les deux joueurs canadiens de l’heure sont apparus de belle humeur devant les médias, mardi midi. La conférence de presse était organisée à Dorval par Flair Airlines, qui annonçait que Leylah Fernandez rejoignait Félix Auger-Aliassime à titre d’ambassadrice pour le transporteur aérien canadien.

En vertu de cette finale en tournoi majeur, Fernandez est passée du 73e au 28rang mondial. Soixante-douze heures plus tard, réalisait-elle bien l’impact de ce parcours inattendu à Flushing Meadows ?

« Non. C’est incroyable, ce qui se passe en ce moment. J’ai travaillé tellement fort et fait des sacrifices énormes pour arriver où je suis. Je suis très contente d’avoir des résultats maintenant et je vais juste m’amuser chaque jour, sur le terrain et hors du terrain », s’est-elle promis.

Ce qu’elle réalise avec certitude, cependant, c’est que les autres joueuses sur le circuit l’attendront désormais de pied ferme.

« Le prochain tournoi sera plus difficile, maintenant que les joueuses me connaissent et qu’elles savent que je vais me battre pour tous les points. Le prochain match sera une bataille. »

— Leylah Fernandez

Ce prochain match, il aura lieu à Indian Wells, dans un mois. Habituellement disputé au printemps, le tournoi californien de catégorie 1000 – parmi les favoris de bien des joueurs – sera son dernier de l’année, a indiqué Fernandez.

Ensuite, un peu de repos avant la préparation de la saison 2022.

Pour sa part, Auger-Aliassime est en voie de concrétiser deux objectifs qu’il s’était fixés en début d’année.

D’abord, il compte profiter des points engrangés à New York pour se frayer un chemin vers les Finales de l’ATP, disputées à Turin à la mi-novembre. Ce tournoi de fin de saison réunit les huit meilleurs du calendrier. Il est présentement 10e dans cette course, mais on sait déjà que Rafael Nadal, 7e, n’y sera pas en raison de sa blessure à un pied. Le Québécois cogne donc à la porte et il n’est qu’à quelques centaines de points de Casper Ruud et Hubert Hurkacz.

Puis, le protégé de Frédéric Fontang et Toni Nadal espère également clore la saison dans le top 10. Une cible très réaliste, lui qui revient de New York au 11rang mondial.

« Ce sont des choses que j’aimerais réaliser d’ici la fin de l’année et je suis déterminé à y arriver », a-t-il dit.

À propos de son carré d’as à Flushing Meadows – battu par l’éventuel champion, Daniil Medvedev –, Auger-Aliassime s’est montré satisfait de sa progression au fil des tournois majeurs.

« Ce dont je suis très content, c’est qu’après le quart de finale à Wimbledon, on ne sait pas quand on se retrouvera dans cette position de nouveau. Que le Grand Chelem tout de suite après, j’aie réussi à aller un match plus loin, c’est super. Et ça me donne une autre expérience. »

Stars mondiales ? Pas encore !

Une franche complicité émanait des échanges entre les jeunes Québécois de 21 ans et 19 ans dans ce point de presse.

Notamment, Félix Auger-Aliassime a raconté qu’on lui faisait remarquer qu’il représentait « la deuxième victoire de Montréal dans la journée » quand il gagnait sur un court du complexe new-yorkais.

« Je sautais sur le court, je voyais qu’elle avait gagné et j’étais très fier d’elle chaque fois. Elle le mérite. »

— Félix Auger-Aliassime

Leylah Fernandez a quant à elle révélé que son père et entraîneur, Jorge, lui disait parfois de prendre exemple sur son compatriote.

« Je me souviens que quand j’étais plus jeune, nous allions voir Félix s’entraîner et mon père me disait de travailler comme lui parce qu’il était très sérieux et que c’était très agréable d’être dans son entourage. C’est extraordinaire qu’on réalise de bonnes choses sur le court en même temps. »

De bons résultats qui ne semblent pas leur monter à la tête, par ailleurs. Ce n’est pas l’impression qu’ils dégageaient mardi, du moins. En fait, les mots les moins terre à terre ont été entendus dans les questions, pas dans les réponses…

Une journaliste a demandé à Auger-Aliassime quel « héritage » il souhaitait laisser aux plus jeunes. Il a hésité, avant de s’esclaffer.

« C’est probablement la première fois qu’on me parle d’héritage en conférence de presse ! J’ai seulement 21 ans », a-t-il rappelé.

« Mais espérons que quand on se reparlera dans dix ans ou plus, j’aurai une grande carrière derrière moi et que j’aurai inspiré des gens, pas seulement avec mon jeu, mais avec la personne que je suis. »

Et puis, à la toute fin, un autre journaliste les a questionnés sur leur nouveau statut de « grande star mondiale ».

« Je pense qu’on doit se calmer un peu une seconde (we need to chill for a second) ! », a répondu Félix Auger-Aliassime, riant de nouveau.

« Peut-être que nous sommes sur cette voie, mais je ne me considère pas encore comme une star internationale », a-t-il poursuivi.

Réponse semblable du côté de Leylah Fernandez.

« Je ne suis qu’une joueuse de tennis de 19 ans qui veut simplement aller sur le court et connaître un bon match », a-t-elle résumé.

« Mais être invités au Met Gala nous a donné une excellente idée de ce qui pourrait s’en venir ! »

181

Nombre de rangs gagnés au classement mondial par Leylah Fernandez depuis la fin de 2019

Source : WTA

5

Nombre de victoires qu’il manque à Félix Auger-Aliassime pour atteindre le chiffre de 100 en carrière sur le circuit ATP

Source : ATP

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