Nadia, Butterfly sur grand écran au Québec

Nadia, Butterfly, seul film canadien retenu pour la sélection officielle de Cannes 2020, sera présenté à l’affiche des cinémas partout au Québec à compter du 18 septembre. Le deuxième long métrage du cinéaste québécois Pascal Plante est planté dans l’univers de la nage de compétition ; deux nageuses olympiques, Katerine Savard (dans le rôle-titre) et Ariane Mainville, sont d’ailleurs de la distribution, tout comme le comédien Pierre-Yves Cardinal. Le film suit les derniers moments de compétition de Nadia, nageuse de papillon de haut niveau. Éprouvée par une vie de sacrifice, rongée par les doutes et la confusion, la femme de 23 ans devra surmonter de nombreux deuils à l’aube de sa retraite sportive. Surtout, elle devra partir en quête de sa véritable identité, loin des piscines et de l’adrénaline de la compétition. Le film, réalisé et scénarisé par Pascal Plante (lui-même ancien nageur de haut calibre), sera aussi distribué en France au printemps 2021. — Stéphanie Morin, La Presse

Covid-19

« Un été très compliqué » malgré tout pour les ciné-parcs

Concerts, spectacles d’humour, cinéma : l’offre de divertissements accessibles en voiture a beaucoup augmenté cet été en raison de la pandémie. Le raisonnement semble aller de soi : en restant dans son véhicule, on respecte la distanciation physique et on sort en famille en toute sécurité. La part de marché des ciné-parcs dans le box-office québécois a d’ailleurs augmenté d’au moins 10 points de pourcentage par rapport à l’été dernier, selon les données compilées par Cinéac. Pourtant, sur le terrain, les temps sont durs.

La saison 2020 est « très compliquée », selon Brigitte Mathers, présidente du Groupe Mathers, qui est propriétaire du ciné-parc Saint-Eustache. « Je n’ai pas les revenus que j’ai faits dans les années passées, c’est clair, dit-elle. C’est moins pire que je l’aurais pensé, mais je n’ai vraiment pas les mêmes revenus. »

Le ciné-parc Saint-Eustache a une capacité de 3000 voitures. En temps normal, il n’est pas rare d’y voir 2500 véhicules, selon Mme Mathers. « Cette année, le plus que j’ai eu, c’est 1700. Une fois », dit-elle.

François Pradella, copropriétaire du ciné-parc Orford depuis le printemps, juge pour sa part que les chiffres se maintiennent par rapport à ceux qui lui ont été transmis par ses prédécesseurs. « Jusqu’ici, l’achalandage était similaire, observe-t-il. Mais là, on manque de nouveautés. Ça commence à faire mal. »

La pandémie a complètement chambardé le calendrier des sorties de films américains, et aucune production à gros budget n’est lancée cet été. « Pour les deux prochaines semaines, on manque de nouveautés et, d’après moi, ça va se traduire par un achalandage vers le bas », insiste François Pradella.

« Les cinémas, c’est vraiment une catastrophe »

Comment expliquer que les chiffres de Cinéac indiquent une hausse ? Entre le 17 et le 23 juillet, les ciné-parcs accaparaient 17 % de parts de marché et, la semaine précédente, presque 19,4 %. L’an dernier à pareilles dates ? Seulement 6,8 %.

« Je mettrais des bémols à ces chiffres-là. Les cinémas, depuis qu’ils sont ouverts, c’est vraiment une catastrophe », fait valoir François Pradella, qui est aussi copropriétaire du cinéma Magog. Les revenus du cinéma ont en effet fondu d’environ 95 %.

309 000 $

Box-office total des cinémas québécois pour la semaine qui s’est achevée le 23 juillet, une baisse de plus de 6 millions par rapport à une semaine comparable en 2019 (6,38 millions)

« La seule nouveauté qu’on a présentée depuis qu’on a ouvert [à la fin de mai], c’est Suspect numéro un, qui est une production québécoise. On a Mon cirque à moi avec Patrick Huard qui s’en vient. Une chance qu’on a des films québécois et des distributeurs québécois qui nous aident, parce que les Américains sont empêtrés dans leurs problèmes de COVID », résume le copropriétaire du ciné-parc Orford.

À Saint-Eustache, Brigitte Mathers se dit surprise que les gens soient venus même si les films présentés n’étaient pas des nouveautés. Elle a reprogrammé des productions grand public comme Détestable moi 2, des Harry Potter et même Rapides et dangereux 2, qui date de 2003. À Orford, on peut voir depuis plusieurs semaines Birds of Prey, lancé en salle au début de l’année.

« Mais là, je suis à court de produits », dit encore Brigitte Mathers. Elle n’ose pas trop se fier aux dates de sortie parfois annoncées par les grands distributeurs américains. « Chaque fois qu’ils annoncent une date, ils la reportent toujours, constate-t-elle. C’est un été très compliqué. »

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