1 pour tous

De la publicité aux masques et désinfectants

Fayçal Hajji prévoit d’ouvrir bientôt une boutique physique dans le quartier Saint-Henri. Il y vendra les masques, visières et désinfectants de son entreprise 1 Pour Tous, en plus de proposer du désinfectant en vrac. Il y a quelques mois, rien ne prédestinait l’entrepreneur à un tel projet.

Avant que la COVID-19 ne bouscule nos vies, il dirigeait seulement l’agence de publicité et de marketing The Unknown. Or, ses principaux clients, les entreprises du secteur de l’aéronautique, ont été durement ébranlés par la pandémie.

Loin de pleurer sur son sort, il a commencé par importer des masques et des visières de Chine pour contribuer à l’effort contre la propagation du coronavirus. Puis, en mai 2020, il a décidé de concevoir ses propres masques, visières et désinfectant sous la marque de son entreprise lancée en parallèle : 1 Pour Tous.

« On ne va pas se mentir : on est entrés dans une industrie avec laquelle on n’était pas très familiers », reconnaît Fayçal Hajji. À la fin de l’été 2020, sa nouvelle PME a rencontré un obstacle. Après différents rappels de désinfectants pour les mains émis par Santé Canada et la Food and Drug Administration aux États-Unis, certaines plateformes numériques ont revu leurs critères pour afficher ces produits.

Même si celui de 1 Pour Tous est autorisé par Santé Canada, il a été retiré d’une importante plateforme de commerce en ligne.

« C’était comme le jeu Jenga : tu retires un bout et tout s’écroule, parce que c’est relié à plein d’autres plateformes connexes. »

— Fayçal Hajji, fondateur de 1 Pour Tous

Ses publicités ont donc été rejetées par d’autres sites et plateformes appartenant à des géants mondiaux de l’industrie numérique. Ses ventes ont aussitôt chuté de façon draconienne. Le problème a été en grande partie réglé depuis, mais l’entreprise a réorienté son marketing autour des médias locaux.

Alors que 1 Pour Tous s’occupe des volets de la vente au détail, de la livraison et de la gestion du commerce en ligne, The Unknown poursuit ses activités en s’occupant du marketing des produits de l’entreprise sœur.

« On développe un nouveau modèle d’affaires pour le volet distribution », souligne Fayçal Hajji. Il a notamment engagé une firme spécialisée en ressources humaines pour qu’elle réalise un diagnostic de la nouvelle entreprise et formule des recommandations pour le recrutement. À l’heure actuelle, ses deux entreprises comptent ensemble une dizaine d’employés, et Fayçal Hajji prévoit en embaucher environ cinq autres bientôt.

« Je trouve ça très excitant. Avant, j’ai toujours été dans une compagnie de services où tu demeures dépendant d’une clientèle corporative. »

— Fayçal Hajji

Aujourd’hui, il voit une occasion de croissance comme il ne pouvait pas en envisager alors qu’il devait constamment livrer un argumentaire de vente pour décrocher chaque contrat.

Sans les bouleversements provoqués par la pandémie, il ne croit pas qu’il aurait eu la chance de réaliser un tel changement de cap. « On n’aurait jamais pu avoir le temps de prendre du recul et se dire : “hé, on va lancer notre propre compagnie de produits.” En publicité et en production, c’est quasiment impossible de penser que tu vas avoir trois ou quatre mois pour faire quelque chose de complètement différent. C’est une occasion sans précédent. Et il faut en profiter. »

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