Secteur minier

Le prix élevé de métaux stimule l’exploration

Les dépenses d’exploration minière, les mines de demain, se sont élevées à 534 millions en 2020, au cinquième rang des 10 dernières années. Le chiffre est tiré de l’Enquête annuelle sur l’investissement minier publiée récemment par l’Institut de la statistique du Québec. Le sommet récent de 834 millions a été atteint en 2011. Le point avec Valérie Fillion, géologue et directrice générale de l’Association de l’exploration minière du Québec.

À quoi ressemble 2021 au chapitre de l’exploration minière ?

Quand on regarde les financements des sociétés d’exploration cotées en Bourse, ça va être une bonne année. On voit deux réalités se dessiner clairement. Les plus grandes sociétés réussissent à récolter de plus gros financements en Bourse. Les plus petites se financent juste pour payer le loyer et le géologue.

Dans le groupe des entreprises d’exploration d’envergure qui ne sont pas producteurs, on retrouve Minière Osisko avec son projet Windfall à Lebel-sur-Quévillon, O3 Mining et son projet Marban près de Malartic (d’une production annuelle potentielle de 115 000 onces) et Probe Metals, dans le secteur à l’est de Val-d’Or (projet de mine d’or à basse teneur d’une production annuelle de 200 000 onces).

Quand on parle d’exploration, il faut aussi considérer le travail des équipes d’exploration des sociétés exploitantes qui sont super importantes. Une fois que tu as une mine en production, l’enjeu est de renouveler les réserves pour prolonger la durée de vie de la mine. Le plus bel exemple est le projet de mine souterraine Odyssey chez Canadian Malartic, dont l’exploitation devrait commencer en 2027.

Peut-on parler dans ce cas de période d’effervescence dans l’exploration minière ?

Je parlerai d’année active et positive. Mais effervescente ? Il manque de main-d’œuvre. Quand tu veux six foreuses mais que tu as seulement trois foreurs de disponibles, tu réduis ton programme de forage.

Les laboratoires sont embourbés. Tout le monde le dit : il y a des délais pour avoir des résultats d’analyse. Il manque du monde partout. C’est un enjeu récurrent. Il faut trouver de nouvelles façons de travailler.

L’an prochain, on va voir des solutions apparaître. Déjà, il y a des entreprises qui font les choses autrement. Il existe maintenant des camps d’exploration où l’on réussit à faire de premières lectures des carottes sur place, ce qui permet la prise de décisions plus rapides. Suis-je dans la bonne zone ou pas ? Dois-je rajouter un trou de forage ou pas ? Ces outils te permettent d’accélérer les travaux et de faire les choix. On doit aller plus loin dans l’automatisation. En Australie, ils utilisent des foreuses autonomes, contrôlées par une personne à distance.

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