Au tour des jeunes de se lever

On ne se trompe pas en affirmant que le Canadien est transporté par ses vétérans jusqu’ici. La victoire de lundi, signée notamment Eric Staal, Corey Perry et Shea Weber, l’a rappelé.

La récente séquence de succès a été rendue possible par le brio du trio de Tomas Tatar, Phillip Danault et Brendan Gallagher. En défense, Jeff Petry a été le meilleur de l’équipe jusqu’ici, et Joel Edmundson, la plus grande surprise. Perry a le don de faire sentir sa présence dans les moments importants, tandis que Tyler Toffoli produit à un rythme inespéré. Le plus jeune de ces joueurs est Edmundson, à 27 ans.

La porte s’ouvre maintenant pour le plus jeune joueur de cette édition 2021 du Canadien : Jesperi Kotkaniemi. En l’absence de Gallagher, perdu pour quelques semaines, c’est à lui que reviendra la première chance de se faire valoir au sein d’un trio diablement important. Ça commence ce mercredi contre les Maple Leafs à Toronto.

À l’entraînement, mardi, Kotkaniemi s’est en effet retrouvé à l’aile droite avec Danault et Tatar. Sa nouvelle affectation est intéressante pour deux raisons.

Premièrement, ce sera une première « vraie » occasion de le voir à l’aile. On veut dire par là que sa seule autre expérience dans la LNH avait une portée limitée. Il avait disputé deux matchs, en fin de saison 2018-2019, au moment où ça n’allait plus du tout pour lui. Il l’avait fait au sein du quatrième trio, à hauteur de 10 minutes par match, avec Nate Thompson et Paul Byron comme compagnons.

Cette fois, le Finlandais patinera avec deux attaquants incandescents. Dans le dernier mois, Tatar et Danault ont mené le Tricolore pour les points avec neuf chacun, mais il faudra voir si ce rythme sera viable sans Gallagher. Et Kotkaniemi jouera à droite, là où il évoluait en Finlande avant d’être repêché par le Canadien. « Je ne sais pas pourquoi, je préférais jouer à droite. On verra comment ça va aller », a dit le jeune homme.

Deuxièmement, le numéro 15 héritera de responsabilités costaudes. Il a été dit quelques fois que Danault avait comme mandat de neutraliser les meilleurs éléments adverses. Kotkaniemi, pas autant.

Prenons les matchs contre les Maple Leafs cette saison. Les attaquants torontois que Kotkaniemi a le plus affrontés à cinq contre cinq, selon Natural Stat Trick : Alex Kerfoot (18 min 30 s) et Pierre Engvall (17 min 9 s).

Avec Danault, ses adversaires sont appelés à changer. Les attaquants des Leafs que le Québécois a le plus souvent croisés sur la patinoire sont Auston Matthews (348 min 1 s) et Mitch Marner (328 min 37 s).

« Pour le trio de Phil, c’est un beau compliment à recevoir que d’affronter les meilleurs joueurs de la ligue. Je sens que je suis prêt pour ça. »

— Jesperi Kotkaniemi

Dominique Ducharme voit quant à lui de belles possibilités pour Kotkaniemi.

« Le travail qu’il peut faire en échec avant, autour du filet et les jeux qu’il peut faire avec Danault et Tatar, c’est de l’attaque. Il grandit, mais il a pris de l’expérience. Défensivement, ces joueurs-là se retrouvent souvent contre les bons trios. On a bon espoir qu’il sera capable de faire le travail avec eux », a expliqué l’entraîneur-chef.

Bien sûr, il serait injuste de s’attendre à ce que Kotkaniemi comble à lui seul l’absence de Gallagher. Par le passé, le Tricolore a d’ailleurs fléchi sans le petit ailier droit. Lors des séries éliminatoires de 2020, l’équipe avait perdu son unique match après que Gallagher eut été blessé à la mâchoire. En saison, Montréal avait montré une fiche de 4-5-1 sans Gallagher. En 2016-2017, ce fut un dossier de 7-9-2 en l’absence du numéro 11.

« C’est notre moteur. Même quand je n’étais pas ici, de l’extérieur, on savait que c’était le moteur de cette équipe, a résumé le gardien Jake Allen. Tu sais qu’il va tout faire pour gagner. C’est un gros trou à combler. Mais on a plusieurs éléments dans cette équipe et si on en perd un, on en a un autre. Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre pour un coéquipier. »

Evans aussi

Par effet domino, la blessure de Gallagher ouvre aussi la porte à un autre jeune, Jake Evans, laissé de côté lundi avec l’arrivée de Staal.

Contrairement à Kotkaniemi, Evans était employé dans un rôle qu’il connaît bien à l’entraînement mardi : au centre du quatrième trio, avec Paul Byron et Artturi Lehkonen comme ailiers.

La présence d’Evans dans la formation est intéressante, car elle évitera à Ducharme d’employer Nick Suzuki comme deuxième centre en infériorité numérique.

Evans a paru revigoré après la pause imprévue du Canadien, et a disputé un de ses très bons matchs dans la LNH jeudi dernier à Ottawa. Et à moins d’un gros imprévu, le centre recrue pourrait avoir quelques matchs pour se faire valoir. Gallagher en a visiblement pour quelques semaines, tandis que le retour de Joel Armia ne semble pas imminent.

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