Gourmand

À la carte

La scène gastronomique montréalaise se réinvente sans cesse. Ouverture de restaurants, nouveaux menus, évènements… Nous vous présentons chaque semaine ce qu’il ne faut pas manquer pour bien boire et bien manger.

En vedette

Laurier BBQ est de retour

Nous vous l’avions annoncée au printemps dernier, la renaissance de Laurier BBQ, une institution qui a régalé plusieurs générations de familles montréalaises de 1936 à 2013. Si les dernières années d’existence ont été marquées par l’association ratée avec le chef Gordon Ramsay, c’est aujourd’hui une toute nouvelle équipe d’expérience, le groupe Parreira et son chef Franco Parreira, qui a repris les rênes du projet désormais installé depuis juillet dans un petit local de type comptoir, rue Saint-Viateur.

Ils ont travaillé d’arrache-pied au cours des derniers mois afin de reproduire le plus fidèlement possible les recettes originales de l’endroit, qui n’avaient pas été conservées. Consultations avec d’anciens cuisiniers, tests de recettes avec d’anciens clients, tout a été fait pour retrouver les goûts originaux, mais en adaptant le tout aux standards d’aujourd’hui – comprendre, faire les bouillons maison au lieu d’utiliser des concentrés, par exemple.

Comme le constate Maxime Tremblay, un des associés, l’ancienne clientèle est très attachée au Laurier BBQ et désire retrouver dans l’assiette les mêmes goûts et saveurs que dans ses souvenirs. Actualiser la marque sans la dénaturer est un grand défi. « On voulait faire plaisir aux gens, qui ont tellement de choses à nous raconter, qui nous apportent même des souvenirs, des anciens menus ! C’est une marque tellement chargée d’histoire. On a dû gérer beaucoup d’attentes et faire plusieurs ajustements dans les premières semaines. Mais je pense qu’on a réussi à ramener l’authenticité, la qualité. Juste la sauce brune, elle prend trois jours à faire ! », explique-t-il, ajoutant que le groupe aimerait bien ouvrir une autre adresse avec une salle à manger en bonne et due forme.

Pour l’instant, on ne propose qu’une partie du menu original : toutes les déclinaisons de poulet (rôti, ailes, filet), sandwich BBQ, club, hot chicken, des desserts comme le moka et le gâteau aux carottes. L’équipe espère ramener d’autres classiques comme la soupe poulet et nouilles, le macaroni à la viande ou d’autres desserts très demandés comme la « choco-cream pie ». D’ailleurs, les desserts, qu’on peut commander en gâteau entier (à l’avance), sont extrêmement populaires, et représentent près de 30 % des ventes !

Le Laurier BBQ est ouvert tous les jours, de 11 h à 20 h. La livraison à vélo est offerte dans le secteur avec Chasseur Courrier (par la plateforme Koomi) ainsi qu’avec SkipTheDishes dans un périmètre plus élargi.

232, rue Saint-Viateur

Ouverture

Maison Chabot : bijou caché à découvrir

Une nouvelle charmante adresse, un peu cachée, s’est installée au cœur de l’été rue Chabot, tout près de Masson. Pour la trouver, il faut marcher jusqu’au bout du cul-de-sac, là où se dresse le chemin de fer, pour voir apparaître Maison Chabot, café de quartier et petit comptoir gourmand. Sept partenaires font équipe, dont Guillaume Lavoisier et Anthony Blanc, connus pour avoir démarré Brioche à tête et qui ont ouvert, en 2019, le Saint-Louis Café dans le Mile End. Depuis leur grand local de production, situé rue Chabot, ils fournissent nombre de restaurants et d’hôtels avec leurs délicieuses brioches à tête, croissants ou pains briochés. Depuis un moment, ils se disaient que le petit local vitré en façade, jouxtant leur espace de production et qui servait d’espace d’entreposage, pourrait avoir une vocation plus intéressante. De là est née l’idée de Maison Chabot, qui réunit essentiellement des amis, comme Julien Maréchal, qui travaillait dans l’atelier d’ébénisterie en face, et qui a fini par s’acoquiner avec la bande. « On veut vraiment faire vivre le quartier, créer un lieu de rassemblement », résume-t-il. Le mot « communautaire » est d’ailleurs tout à fait approprié ici : Appareil Architecture, qui occupe des locaux pas loin, a aidé à concevoir le design alors que les voisins d’en haut, Billyclub, ont créé l’image de marque. C’est aussi un bon ami, le chef Nicolas Salinas (Bocata, Super Loco), qui a créé en consultation le joli menu de jour, qui évoluera avec les saisons, avec des plats simples mais délicieux utilisant des produits faits sur place, comme une tarte aux tomates sur pâte feuilletée ou une tartine de rillettes de saumon sur une grosse tranche de pain brioché. On s’y rend du lundi au vendredi, de 8 h à 15 h, en n’oubliant pas de rapporter dans son petit panier les excellents croissants et viennoiseries du jour faits sur place.

5477, rue Chabot

Actualités

Un nouveau restaurant pour le Hilton Québec

Le restaurant de l’hôtel Hilton Québec se pare de ses plus beaux atours avec Cabu – Boire et manger, qui a ouvert cet été dans un élégant espace remis au goût du jour. Les propriétaires voulaient créer un lieu convivial où il fait bon s’attabler. C’est réussi ! Imaginé par la firme d’architectes Lemay Michaud, le lieu est chaleureux et contemporain, avec des accents de bois, de laiton et de velours, et une palette de couleurs inspirée du fleuve Saint-Laurent. Le nom Cabu vient des « caboulots », désignant de petites cabanes de type buvettes qui étaient érigées sur les glaces du fleuve au XIXsiècle, où les gens des deux rives pouvaient se rassembler de façon éphémère l’hiver – bien avant qu’on parle de troisième lien ! De passage dans la capitale, nous avons pu goûter les différentes créations du chef Simon Renaud. L’idée est de faire briller les producteurs de la région. La carte des cocktails et mocktails, par la bar-chef Catherine Tremblay, met en valeur spiritueux et ingrédients québécois. La même formule s’applique au menu, qui compte des produits d’exception de notre terroir : camerise, argousier, bison, chevreau, morilles, même du miel issu directement des ruches installées sur le toit de l’hôtel. Dans l’assiette, le résultat est généralement très concluant. Petit bémol pour le plat végane, un risotto de graines de tournesol, une idée intrigante, mais pas si concluante. Gros coup de cœur toutefois pour les desserts, exécutés de main de maître. Notre seule réelle déception aura été la carte des vins, qui mérite d’être retravaillée pour refléter les valeurs mises de l’avant par l’établissement, avec des vins québécois et canadiens, ou à tout le moins issus d’une agriculture raisonnée. Mais, somme toute, voilà un nouveau départ fort réussi !

Cabu est ouvert tous les jours, en matinée pour les déjeuners et en soirée.

1100, boulevard René-Lévesque Est, Québec

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