Inflation

La ministre Freeland croit à une solution canadienne

La ministre des Finances Chrystia Freeland croit qu’il est possible d’adopter une solution canadienne aux pressions inflationnistes qui affectent la majorité des pays à travers la planète. Cette solution canadienne repose sur deux piliers, a-t-elle dit en conférence de presse mercredi : la création d’un réseau national de garderies, qui réduira les frais de garde de moitié dans la plupart des provinces d’ici la fin de 2022, et la construction de logements abordables en misant sur le Fonds pour accélérer la construction de logements. Selon la ministre, qui devrait faire une mise à jour économique et financière au début décembre, le Canada ne peut échapper aux pressions inflationnistes qui guettent la plupart des pays qui dépendent d’une chaîne d’approvisionnement mondiale fortement perturbée à cause de la pandémie. La hausse des prix du pétrole affecte aussi tous les pays, a-t-elle ajouté. Mais elle a insisté pour dire que le gouvernement Trudeau est en mesure de limiter les effets de l’inflation en investissant dans la création d’un réseau national de garderies et en lançant diverses mesures pour augmenter l’accès à des logements abordables. — Joël-Denis Bellavance, La Presse

Secteur pétrolier
Pétition contre l’indemnisation des sociétés pétrolières

Une pétition a été lancée mercredi contre l’indemnisation des entreprises qui seront touchées par l’interdiction éventuelle de l’exploitation pétrolière et gazière au Québec. Plus d’une trentaine d’organismes, dont des groupes écologistes et des associations étudiantes, parrainent cette pétition. Ils veulent ainsi faire pression sur le gouvernement Legault, qui a déjà annoncé son intention de renoncer à l’exploitation des hydrocarbures au Québec. Or, il resterait pas moins de 182 permis d’exploration pétrolière et gazière toujours en vigueur au Québec qui couvriraient plus de 32 000 kilomètres carrés de territoire. L’Association de l’énergie du Québec, qui représente les entreprises pétrolières et gazières, a déjà fait savoir que des indemnités très élevées pourraient être exigées. Les organismes font pour leur part valoir que l’État n’a pas l’obligation de dédommager les entreprises lésées en se fondant sur un rapport récent du Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE).

— La Presse Canadienne

Construction

Un recul des mises en chantier prévu en 2022

La flambée des prix des habitations pourrait venir à bout du rêve d’aspirants propriétaires, ce qui aurait pour effet de tempérer le secteur de la construction résidentielle l’an prochain, selon les prévisions de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ). L’association anticipe qu’il y aura 56 000 mises en chantier au travers le Québec l’an prochain. Cela représenterait une baisse de 18 % par rapport aux 68 300 mises en chantier prévues pour l’année 2021, qui est presque terminée. Il s’agirait du premier recul du secteur en sept ans. En avril, le prix des propriétés existantes avait bondi de 32,6 % sur un an. La progression annuelle avoisine les 15 % depuis juillet. La hausse des taux d’intérêt devrait aussi nuire à l’abordabilité du marché immobilier. En se basant sur le consensus des prévisions des économistes, l’APCHQ pense que les taux hypothécaires pourraient augmenter de 50 points de base en 2022.

— La Presse Canadienne

Consommation

Les Américains achètent malgré l’inflation

Les ménages américains ont continué à consommer en octobre, malgré une inflation au plus haut depuis 31 ans, qui a cependant gonflé leurs dépenses, selon le département du Commerce. Les dépenses des ménages ont ainsi grimpé de 1,3 % en octobre par rapport à septembre contre 0,6 % le mois dernier, tandis que les analystes les voyaient rester stables. Les Américains ont surtout acheté des biens, et notamment des voitures. Hors inflation, la hausse des dépenses est plus modeste, de 0,7 %, contre 0,3 % en septembre. Les prix à la consommation ont, en effet, continué leur escalade en octobre aux États-Unis, en hausse de 5 % sur un an, leur plus forte hausse depuis 1990, selon l’indice PCE du département du Commerce. Les seuls prix de l’énergie ont flambé de 30,2 % par rapport à octobre 2020 ; ceux de l’alimentation ont grimpé de 4,8 %. Et en excluant ces deux catégories, l’inflation dite sous-jacente s’établit à 4,1 %.

— Agence France-Presse

Secteur forestier

EACOM acquis par Interfor

Une société forestière de l’Ouest acquiert un important scieur de l’est du pays. Interfor, de Burnaby, en Colombie-Britannique, achète EACOM Timber, de Montréal, pour la somme de 490 millions.

EACOM détient sept scieries et deux usines de transformation en Ontario et au Québec. Elle détient notamment les anciennes scieries de Domtar à Matagami, dans le Nord-du-Québec, et à Val-d’Or, en Abitibi. Elle possède aussi une usine de deuxième transformation du bois à Sullivan, toujours au pays de Richard Desjardins. L’usine de Sullivan, dans le secteur de Val-d’Or, fabrique notamment des sommiers de lit.

Au total, EACOM a une capacité de production de près de 1 milliard de pieds-planche et des droits d’accès à environ 3,6 millions de mètres cubes par an. L’entreprise fonctionnera sous l’enseigne Interfor. L’acquéreur prévoit des synergies de 25 millions, mais assure dans un communiqué garder les dirigeants et les employés principaux. L’entreprise entend conserver les 600 emplois qu’elle compte au Québec. Interfor entend garder ouvert le bureau administratif d’Eacom, au 1100, boulevard René-Lévesque Ouest, à Montréal, « afin d’assurer un soutien régional continu pour les opérations à l’avenir ».

« L’excellence opérationnelle, la solidité financière, les relations avec les clients et le portefeuille nord-américain d’Interfor offriront des opportunités substantielles à nos employés », a indiqué, dans un communiqué, Kevin Edgson, président et chef de la direction d’EACOM.

Fondée en 2008, EACOM a racheté en 2010 les scieries de Domtar. Elle a été privatisée en 2013 par une division du fonds d’investissement Kelso & Company.

Le prix d’achat est de 490 millions de dollars canadiens, plus environ 61 millions en droits compensateurs et les droits antidumping d’Eacom à la clôture.

Ce n’est pas cher payé, selon l’analyste de la Scotia, Benoit Laprade. Si on exclut les droits, Interfor paie environ 398 $ US ou 498 $ CAN par millier de pieds-planche (mpp). « C’est environ 11 % de moins que sa propre évaluation de 450 $ US par mpp et nettement moins que toute transaction récente survenue dans le sud des États-Unis », écrit-il dans une note à sa clientèle.

Avec cette acquisition, Interfor se diversifie dans le nord-est du continent. La société britanno-colombienne souligne que 40 % de la production d’EACOM est destinée au marché canadien, donc n’est pas assujettie aux droits compensateurs et antidumping des Américains.

Sur une base pro forma, Interfor augmente sa capacité de production du quart, à près de 5 milliards de pieds-planche, dont 46 % dans le sud-est des États-Unis, 16 % dans le nord-ouest des États-Unis, 20 % dans l’Est canadien et 18 % en Colombie-Britannique. Ses revenus atteindront 3,5 milliards en 2022, comparativement à 2,1 milliards en 2020. Le bénéfice avant intérêt, impôt et amortissement (BAIIA) ajusté passe de 511 millions, en 2020, à 673 millions, en 2022.

Interfor estime le BAIIA annuel d’Eacom à 90 millions en moyenne sur un cycle économique complet. Signe de la profitabilité extraordinaire des sociétés forestières pendant la pandémie de COVID-19, le BAIIA d’EACOM est passé de 8 millions, en 2019, à 475 millions pour la période de 12 mois close le 30 septembre.

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