Statut de candidat à l’Union européenne

La Commission européenne appuie à son tour l’Ukraine

Bruxelles a recommandé vendredi, à la suite de Paris, Berlin et Rome, d’accorder à l’Ukraine le statut de candidat à l’Union européenne, une décision saluée par le président Volodymyr Zelensky. En réponse, Moscou a coupé progressivement mais massivement ses livraisons de gaz à l’Europe occidentale.

Ce que vous devez savoir

• La Commission européenne a accordé à l’Ukraine le statut de candidat à l’Union européenne.

• Le premier ministre britannique Boris Johnson a effectué vendredi une visite surprise à Kyiv.

• Moscou a coupé progressivement, mais massivement ses livraisons de gaz à l’Europe occidentale, qui en est très dépendante.

• Le président russe Vladimir Poutine a nié que l’invasion de l’Ukraine pouvait être la cause de l’inflation mondiale.

• Le laboratoire scientifique européen CERN a annoncé vendredi qu’il allait mettre fin aux accords de coopération avec la Russie et la Biélorussie après leur expiration en 2024.

Un « acquis historique »

« Nous savons tous que les Ukrainiens sont prêts à mourir pour leurs aspirations européennes. Nous voulons qu’ils vivent avec nous, pour le rêve européen », a déclaré à Bruxelles vendredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, vêtue de bleu et de jaune, les couleurs de l’Ukraine, au lendemain de la visite à Kyiv des dirigeants de l’Allemagne, de la France et de l’Italie, qui ont livré le même message. Dans sa désormais traditionnelle intervention vidéo du soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réagi en déclarant qu’il s’agissait d’un « acquis historique ». « Il nous reste à attendre la décision du Conseil européen la semaine prochaine. L’Ukraine mérite ces nouvelles positives », a-t-il ajouté. « Notre rapprochement avec l’Union européenne n’est pas seulement positif pour nous. Il s’agit de la plus grande contribution à l’avenir de l’Europe depuis de nombreuses années », a également affirmé le président ukrainien.

Boris Johnson de retour à Kyiv

Vendredi, c’était au tour du premier ministre britannique Boris Johnson – dont le pays n’est plus membre de l’UE – de revenir à Kyiv, où il a annoncé un programme de formation des forces ukrainiennes. Il s’est promené sur la place Saint-Michel avec le président Zelensky puis a visité une exposition de matériel militaire saisi à l’armée russe. Rencontrant des soldats ukrainiens, il leur a lancé « Gloire à l’Ukraine », dans leur langue, puis : « Je suis Boris Johnson, de Londres et je veux que vous sachiez que nous vous soutenons. »  

Livraisons de gaz affectées

Lors de cette semaine décisive dans sa lutte d’influence avec l’Occident, Moscou a joint le geste à la parole, coupant progressivement mais massivement ses livraisons de gaz à l’Europe occidentale qui en est très dépendante. Le gestionnaire du réseau gazier français, GRTgaz, a annoncé vendredi ne plus recevoir de gaz russe par gazoduc depuis le 15 juin, avec « l’interruption du flux physique entre la France et l’Allemagne ». Le géant russe Gazprom a considérablement réduit ces derniers jours ses livraisons notamment vers l’Allemagne et l’Italie. « Il ne faut pas se faire d’illusions, nous sommes dans une épreuve de force avec Poutine », a dit Robert Habeck, ministre allemand de l’Économie et du Climat. « C’est comme ça que les dictateurs et les despotes agissent. »

Drame humanitaire

L’ONU a souligné vendredi que « la situation humanitaire dans toute l’Ukraine, en particulier dans l’est du Donbass, est extrêmement alarmante et continue de se détériorer rapidement ». La grande usine chimique Azot de Sievierodonetsk, où environ 500 civils ont trouvé refuge aux côtés de militaires ukrainiens, est impossible à évacuer sans « cessez-le-feu complet » en raison de « bombardements et combats constants », a déclaré le gouverneur de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï. À Lyssytchansk, une frappe de missile sur la maison de la culture, où étaient réfugiés des résidants de la ville, a fait trois morts et sept blessés, a indiqué vendredi le service de presse du président ukrainien. Une frappe russe vendredi matin à Mykolaïv, dans le sud de l’Ukraine, a aussi fait au moins deux morts et vingt blessés, selon un bilan.

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