Partenariat renouvelé pour Soleno et Tricentris

S’unir pour recycler 300 millions de contenants de plastique

Deux entreprises québécoises, Soleno et Tricentris, ont décidé de renouveler pour quatre ans leur partenariat qui permettra de recycler jusqu’à 300 millions de contenants de plastique.

« Au lieu de puiser dans les combustibles fossiles, je puise dans les bacs de recyclage pour produire mes conduites en plastique », explique Guillaume Villemure, directeur du développement et des approvisionnements chez Soleno.

Soleno s’est associée aux centres de tri de Tricentris il y a six ans pour son approvisionnement en matières premières pour la production de ses conduites de drainage.

« Le but, c’est de faire de l’économie circulaire, de rapetisser le cercle, explique Grégory Pratte, responsable des affaires publiques chez Tricentris. Avant, la matière première [le plastique vierge] pouvait parcourir 3000 km, maintenant elle en parcourt 300. Ça va au-delà du recyclage. »

Les deux entreprises y ont trouvé leur compte et prolongent donc leur partenariat pour quatre années supplémentaires. Elles estiment qu’au bout de ces 10 années, elles auront permis le recyclage de 300 millions de contenants de plastique numéro 2, comme des contenants de lessive ou de lave-glace.

Soleno produit des conduites en plastique qui ont une durée de vie d’une centaine d’années, selon Guillaume Villemure. Elles sont utilisées en agriculture et en foresterie, mais le produit le plus connu est la conduite de quatre pouces qui sert à assurer le drainage autour des résidences.

M. Villemure estime que le partenariat, d’une durée totale de 10 ans, aura permis à son entreprise de produire 60 000 km de conduites en plastique recyclé.

« Partout où les normes le permettent, on utilise des matières premières recyclées, explique-t-il. On veut aller plus loin. On travaille auprès des bureaux de normalisation pour montrer la qualité comparable et même parfois supérieure » des matières recyclées.

Un circuit court

Des ballots de plastique recyclés partent des centres de tri de Tricentris à Gatineau, Lachute et Terrebonne pour se diriger vers l’usine de Soleno Recyclage à Yamachiche, en Maurice. Le plastique y est nettoyé et déchiqueté. Les granules de plastique sont ensuite acheminés vers l’usine de fabrication de conduits de Soleno à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Ce genre de partenariat entre entreprises locales permettra de combattre un certain cynisme qui s’est installé dans la population à la suite de la crise du recyclage des dernières années, selon les deux intervenants.

« Une des clés pour régler cette crise-là, c’est d’avoir une entente à long terme entre entreprises, des ententes locales. »

— Grégory Pratte

L’approvisionnement en plastique recyclé permet une certaine économie sur le coût de la matière première, mais cette économie est en partie compensée par des investissements en recherche et développement afin d’adapter la chaîne de production pour l’utilisation de plastique recyclé.

« Il y a surtout la stabilité de l’approvisionnement local, explique Guillaume Villemure. Il y a une certaine sécurité. C’est névralgique, pour Soleno, de se rapprocher de notre source. »

Les deux hommes appellent donc les citoyens à contribuer et à continuer de recycler leurs contenants de plastique pour que leur chaîne d’approvisionnement se maintienne.

« Les gens doivent savoir que leur recyclage ne s’en va pas en Chine, il s’en va chez Soleno », conclut M. Pratte.

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