Une crise cardiaque
amène le rappeur DMX à l’hôpital

Le rappeur DMX a été placé en réanimation à la suite d’une crise cardiaque, a annoncé samedi son avocat. « Il a fait une crise cardiaque. Il est plutôt mal en point », a déclaré Murray Richman. Le site TMZ a rapporté avoir reçu une déclaration d’un porte-parole de DMX, dont le nom véritable est Earl Simmons. « Cette nuit, Earl “DMX” Simmons a été transporté à l’hôpital après s’être effondré à la maison. À ce moment-ci, il est aux soins intensifs, et son état est jugé critique. Earl a été un guerrier toute sa vie. Cette situation est comme une route qu’il doit conquérir. » DMX a fait des débuts éclatants en 1998. Son premier album, It’s Dark and Hell Is Hot, s’est retrouvé au premier rang du palmarès Billboard dès la première semaine de sa parution. Au cours des années, DMX a dû combattre un problème de dépendance. Il avait annulé une série de concerts pour aller dans un centre de désintoxication en 2019.

— La Presse Canadienne

G_d’s Pee at State’s End !

Le souffle Godspeed

On ne voudrait pas tout ramener à la COVID-19. Mais avec la crise sanitaire que nous traversons, impossible de nier la pertinence de Godspeed You ! Black Emperor.

Apparu dans le paysage à la fin des années 1990, le groupe de post-rock montréalais n’a cessé de promouvoir une vision sombre, voire apocalyptique du monde, et son nouvel album ne fait pas exception.

G_d’s Pee at State’s End ! est la 10e offrande du collectif. La formule n’a pas changé. On y retrouve la même énergie noire, les mêmes morceaux épiques construits sur des ambiances cinématiques ou des crescendos puissants. Un souffle peu commun, même si les entrées d’air et de lumière se font rares.

Une fois de plus, on est dans le tout instrumental. Il y a bien quelques commentaires vaguement perceptibles au milieu de fréquences radio expérimentales. Mais le reste de l’album appartient aux (multiples) guitares électriques, à la section rythmique, aux boucles d’effets et au violon, qui se superposent pour créer un véritable mur du son sans fenêtres. Au total, 10 musiciens et 4 morceaux, dont 2 s’étirant sur 20 minutes…

Le discours politique n’est pas moins présent. Godspeed a toujours revendiqué sa tendance anarchiste, et certains titres parlent d’eux-mêmes : Government Came, The First of the Last Glaciers, Our Side Has to Win (que l’on peut traduire respectivement par Le gouvernement est venu, Le premier des derniers glaciers et Notre côté doit gagner).

Le manifeste qui accompagne l’album est encore plus explicite.

« Cet album est à propos de la fin. Toutes les formes actuelles de gouvernance sont des échecs. Cet album est à propos du début et est alimenté par les demandes suivantes : videz les prisons. Prenez le pouvoir à la police et donnez-le aux quartiers qu’elle terrorise. Terminez les guerres éternelles et autres formes d’impérialisme. Taxez les riches jusqu’à ce qu’ils s’appauvrissent. »

— Extrait du manifeste qui accompagne G_d’s Pee at State’s End !

Difficile de ne pas y trouver un quelconque écho à notre époque tumultueuse, à cette humanité qui va droit dans le mur, à cette pandémie qui nous fait rêver d’un nouveau monde, tout en sachant que celui de demain sera probablement comme celui d’avant, peut-être pire…

Certains passages sont plus lumineux, mais G_d’s Pee at State’s End ! n’est certainement pas un album de grand ciel bleu. Les amateurs de Godspeed reconnaîtront la densité, la noirceur et l’intensité qui ont toujours caractérisé le groupe culte montréalais à la réputation mondiale.

On peut trouver que le collectif se renouvelle peu. Qu’il trace le même sillon, roule sur les mêmes routes, brasse la même recette. Après un quart de siècle d’activité, il surprend forcément moins. Plus prévisible oui, mais son style reste unique, et sa vérité, indiscutable.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.