Mare of Easttown

Kate Winslet, naturelle et sans retouche

Kate Winslet récoltera plusieurs prix pour son rôle costaud dans Mare of Easttown, la superbe minisérie policière de HBO, dont les sept épisodes sont maintenant offerts sur Crave Super Écran.

La finale inattendue, mon Dieu, vous tirera des chaudières de larmes. L’intrigue y tourne et retourne sans entacher la crédibilité du récit, qui nous a hypnotisés et entraînés dans les coins sombres d’Easttown, banlieue ouvrière de Philadelphie où une mère adolescente a été assassinée.

La Mare du titre de la série, diminutif de Marianne, c’est Kate Winslet qui l’incarne avec une vérité brute. Mare est une enquêtrice à la situation familiale compliquée, un personnage tout sauf glamour.

D’abord, par son look négligé. Mare se coiffe rarement, porte peu ou pas de maquillage et enfile de vieux t-shirts peu flatteurs et des chemises de flanelle réchappées de la période grunge. Son visage (non injecté) bouge comme celui d’une femme dans la mi-quarantaine. Elle siffle des Rolling Rock et vapote en situation de stress, donc tout le temps.

Ensuite, par sa personnalité carrée. Mare n’est pas attachante au premier contact. C’est une policière au caractère tranchant. Elle porte plusieurs drames en elle qui la rendent cassante, intransigeante, coupée de ses émotions.

Et vous savez quoi ? Les téléspectateurs ont adoré cette Mare, qui leur ressemble davantage qu’une Nicole Kidman dans Big Little Lies, par exemple. Kate Winslet a d’ailleurs insisté pour que sa Mare ne subisse aucune modification pendant la production de Mare of Easttown (Easttown en version française).

D’abord, Kate Winslet a refusé qu’un retoucheur efface ses pattes d’oie sur l’affiche de la minisérie de HBO. « Je sais combien j’ai de rides au coin des yeux, remettez-les, s’il vous plaît », a demandé l’actrice britannique, comme elle l’a révélé au New York Times.

Par ailleurs, pendant le montage des épisodes, le réalisateur a demandé à Kate Winslet si elle souhaitait qu’il retire une scène de sexe qui mettait en évidence son ventre mou. Absolument pas, a tranché la comédienne oscarisée pour The Reader. Le bourrelet est resté.

Après une journée de tournage, Kate Winslet jetait son linge en tas par terre. Les accessoiristes ne lavaient pas les vêtements, ne les repassaient pas et l’actrice les renfilait, tout fripés, le lendemain.

Le souci du détail a jalonné toutes les étapes de création de Mare of Easttown. Pour s’assurer de recréer l’habillement des habitants d’Easttown, les créateurs de costumes ont écumé les dépanneurs Wawa – l’équivalent d’un Couche-Tard – de la Pennsylvanie et pris des photos des clients pour s’en inspirer.

La posture sans filtre et sans retouche de Kate Winslet étonne à Hollywood, qui valorise la jeunesse éternelle et une plastique impossible à atteindre pour le commun des mortels. Il faut dire que le rôle de Mare se prêtait à cette approche non conventionnelle de la beauté.

Ç’aurait été illogique de voir une sergente-détective au visage remonté, parfaitement peignée et perchée sur des escarpins à 1000 $ dans ce drame de cols bleus, où le décor des maisons, dans diverses teintes de brun, a été figé au milieu des années 1980. C’est comme dans M’entends-tu ? à Télé-Québec : les comédiennes ne se maquillaient pas pour refléter le milieu difficile dont les personnages provenaient.

Tout en saluant l’audace de Kate Winslet et des filles de M’entends-tu ?, il ne faut pas non plus jeter la pierre aux actrices qui décident de changer leur visage ou leur corps. Parce qu’elles veulent continuer de travailler, parce qu’on les compare à des collègues qui ont 20 ans de moins ou parce que la caméra accentue chacune de leurs imperfections.

À la base, les améliorations cosmétiques demeurent un choix personnel. Mais pour des actrices, et de plus en plus d’acteurs, ce choix devient très public quand leurs faces apparaissent en ultra-haute définition dans tous les salons de la planète. Difficile de les blâmer d’effectuer quelques corrections ici et là.

Retour vers la culture à ARTV

Le magazine que coanimeront Benoît McGinnis et Sophie Fouron à ARTV s’appellera Retour vers la culture, pour être en phase avec la rentrée d’automne qui s’annonce foisonnante après plus d’un an d’arrêt pandémique.

L’émission jouera le vendredi à 22 h à partir du 10 septembre, avec une reprise le dimanche à 17 h sur les ondes de Radio-Canada. Même calendrier de diffusion que (feu) Esprit critique. Dans la refonte des magazines culturels d’ARTV, L’effet wow, de Sébastien Diaz, a également été débranché.

Deux collaborateurs réguliers se joindront aux deux copilotes de Retour vers la culture, soit Vanessa Destiné et Jocelyn Lebeau. Le magazine comprendra une portion débat et critique, portée notamment par Marie-Christine Blais, Michel Coulombe, Félix B. Desfossés, notre collègue Chantal Guy et la spécialiste en arts visuels Aseman Sabet.

Toutes les semaines, ces spécialistes discuteront d’une œuvre en compagnie de son créateur (cinéaste, écrivain, peintre, chorégraphe) dans une ambiance conviviale, autour d’un verre de vin. Les deux animateurs principaux ne contribueront pas à ce segment.

Retour vers la culture, produit par la compagnie Pamplemousse Média de France Beaudoin, ne se tournera pas en studio, mais bien dans les théâtres, musées et salles de spectacle de Montréal. L’équipe désire se retrouver sur le terrain, là où ça se passe. Chacun des épisodes d’une heure se découpera en 15 à 20 segments, qui pourront ensuite voyager sur le web.

À l’hiver, Retour vers la culture cédera sa case horaire au deuxième magazine culturel d’ARTV, celui-ci chauffé par Chantal Lamarre. Fin du rapport de l’inspecteur Dumas, merci d’avoir été à l’écoute, notamment les femmes de 25 à 54 ans qui possèdent une Toyota Echo et un presse-panini (gag de sondages radiophoniques ici).

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