CGI ravive ses ambitions

Les investisseurs de la multinationale montréalaise des services-conseils en informatique CGI peuvent s’attendre à une accélération de ses transactions de fusions et acquisitions (F&A) au cours des prochains trimestres.

« Notre objectif général est de doubler la taille de CGI sur une période de cinq à sept ans, avec 50 % (la moitié) de cette croissance provenant de nos activités en fusions et acquisitions d’entreprises dans une sélection de marchés-cible, a indiqué Mike Keating, vice-président principal aux fusions et acquisitions chez CGI, lors d’une webconférence d’investisseurs et d’analystes tenue lundi par ses hauts dirigeants au siège social à Montréal et dans ses principaux bureaux d’affaires à l’étranger.

Doubler la taille de CGI d’ici cinq à sept ans ? Ça voudrait dire faire passer le chiffre d’affaires au seuil des 25 milliards, avec un peu plus de 100 000 employés répartis parmi ses bureaux et filiales dans une quarantaine de pays.

Avec le choc de la pandémie, CGI avait dû mettre en veilleuse ses ambitions de croissance qu’elle avait déjà promues parmi ses actionnaires et ses financiers.

Mais avec la forte reprise récente et la demande accrue pour son savoir-faire auprès des organisations et des entreprises pressées d’améliorer leur capacité en économie numérique, CGI a ravivé ses ambitions.

« Dans la foulée de nos deux derniers trimestres, alors que la croissance annualisée est revenue plus élevée qu’avant la pandémie, notre plan d’affaires sur trois ans est d’augmenter nos revenus de services-conseils à un taux de croissance de 15 à 20 % par an », a indiqué le président et chef de la direction de CGI, George Schindler, lors de sa présentation aux investisseurs et aux analystes.

Pour réaliser cette croissance, la direction de CGI mise notamment sur une croissance équivalente – environ 15 % par an – de son effectif de développeurs et de professionnels de services-conseils en gestion informatique.

En parallèle, on s’attend à ce qu’une part importante de ces ambitions de croissance se réalise par des projets de F&A.

« Nous nous concentrons sur 16 pays principaux où nous constatons une concentration d’entreprises clientes dans environ 200 marchés métropolitains clés », a expliqué Mike Keating.

« Et sur ces 200 marchés clés, il y en a près de 160 où des activités accrues en F&A pourraient nous offrir la chance de combler notre écart de services aux clients sur ces marchés. Nous avons donc pas mal d’activités à venir, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie. »

Déjà deux fusions en 2021

D’ailleurs, juste avant son récent énoncé de résultats pour son exercice 2021 clos le 30 septembre, CGI avait annoncé deux acquisitions à quelques jours d’intervalle en octobre.

En Espagne, CGI a acquis une firme de 1500 professionnels en informatique, Cognicase Management Consulting (CMC), qui fournit des services-conseils auprès de grandes entreprises des marchés hispanophones d’Europe et des Amériques.

Aux États-Unis, la filiale CGI Federal, établie en Virginie, a mis la main sur la firme Array, qui regroupe 275 professionnels en informatique. Avec cette acquisition, CGI accroît son rôle de fournisseur de services-conseils en informatique auprès du département de la Défense des États-Unis.

Quant au financement de ses ambitions de croissance, la direction de CGI estime être en bonne situation grâce à ses surplus d’exploitation et à ses récentes émissions de titres de dette – pour 1 milliard US aux États-Unis et 600 millions CAN au Canada – effectuées avec de fortes cotes des agences de notation financière et une forte demande des investisseurs.

« Nous avons généré environ 2,2 milliards de liquidités l’année dernière [exercice 2021 terminé le 30 septembre], et je ne vois pas pourquoi nous ne serions pas en mesure de générer le même niveau de liquidités cette année », a indiqué François Boulanger, vice-président principal et chef de la direction financière de CGI.

« De ce montant de liquidités, nous en réinvestissons environ 400 millions dans l’entreprise, ce qui nous laisse environ 1,8 milliard à déployer sur des activité de F&A ou des rachats de nos actions en Bourse. En plus, nous avons la capacité d’obtenir 4 milliards en liquidités supplémentaires qui seraient accessibles tout en respectant le niveau maximal de levier financier où nous voudrions aller. »

CGI EN CHIFFRES (résultats en fin d’exercice au 30 septembre 2021, en dollars canadiens)

Activités : multinationale des services-conseils en gestion des technologies de l’information (TI) et en économie numérique

Siège social : Montréal

Effectif : 80 000 employés parmi ses filiales et bureaux répartis dans 40 pays

Chiffre d’affaires : 12,12 milliards (- 0,3 % sur un an)

Bénéfice d’exploitation (BAII ajusté) : 1,95 milliard (+ 5 %)

Bénéfice net : 1,37 milliard (+ 22 %)

Rendement du capital investi : 14,9 % (+ 2,8 points)

Carnet de commandes : 23,05 milliards (+ 1,6 %)

Valeur boursière (au 22 nov.) : 26,6 milliards

Revue boursière

Toronto vit sa pire journée de novembre

La reconduction du président de la Réserve fédérale américaine a entraîné une hausse des rendements obligataires, ce qui a aidé le secteur financier, mais a nui au secteur technologique. Le principal indice boursier canadien a connu sa pire journée en un mois. À New York, le Dow Jones et le S&P 500 sont restés relativement stables, tandis que le NASDAQ a chuté de plus de 1 %. — D’après La Presse Canadienne et l’Agence France-Presse

Uber Eats gérera des achats de cannabis

Uber Technologies s’associe à l’une des marques de Canopy Growth pour faciliter les achats de cannabis et lutter contre le marché illicite. La société de technologie américaine a annoncé qu’elle autoriserait désormais les utilisateurs de son application Uber Eats à commander des produits à base de cannabis devant être ramassés chez Tokyo Smoke. Les entreprises affirment que les commandes seront exécutées dans l’heure, une promesse qui, espèrent-elles, empêchera certaines ventes des marchands illégaux. Pour accéder à la boutique de Tokyo Smoke sur l’application Uber Eats, les consommateurs devront rechercher le mot « cannabis », puis confirmer leur âge avant qu’un menu n’apparaisse.

— La Presse Canadienne

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