Émile Bilodeau

Le beau fou

Émile Bilodeau se décrit comme « un peu fucké ». Il chante aussi « je suis un fou ». On dirait plutôt qu’il a trouvé un équilibre savant entre la fête et l’engagement, entre la poésie et la fantaisie. Une alchimie qu’il nous a servie avec aplomb, jeudi soir, sur la scène du Festival d’été de Québec (FEQ).

L’auteur-compositeur-interprète n’en était pas à son premier passage au rendez-vous estival : on l’a notamment déjà vu faire un tabac place D’Youville, où il avait fait courir les foules. Pandémie oblige, ils étaient quelque 500 amateurs de chansons dégourdies réunis au Manège militaire, sans compter ceux qui assistaient au spectacle virtuellement.

À seulement 25 ans, Émile Bilodeau fait son chemin depuis un bon moment déjà. Son aisance sur scène est indéniable, lui qui multiplie les mimiques et captive son auditoire avec des textes souvent sportifs.

Souverainiste convaincu et ambassadeur de la chanson francophone, le musicien porte un joyeux idéalisme qui est beau à voir et à entendre.

La pièce qu’il a signée pour exprimer son indignation contre le racisme dans la foulée des morts tragiques de George Floyd et de Joyce Echaquan s’est imposée comme un moment fort de sa prestation au FEQ.

Interrogeant les festivaliers sur leur niveau de stress pendant la pandémie, le sympathique Bilodeau a proposé d’exorciser le tout « comme une grande saignée médiévale » avec son succès Crise existentielle. Bien joué pour celui qui a plus tard servi « la chanson officielle des deux dernières années » : J’en ai plein mon cass. Un autre bon coup !

Revêtant pendant un moment son costume de Robin des Bois – le temps de livrer la pièce qui porte ce titre –, Émile Bilodeau ne s’est pas gêné pour se comparer aux plus grands. « Là, chialez pas s’il pleut pendant les Foo Fighters, après ce solo-là ! » a-t-il lancé, ukulélé en main, en référence au désormais célèbre spectacle de quatre chansons donné par Dave Grohl et sa bande dans l’orage en 2015. Pas de doute, il connaît son FEQ, M. Bilodeau !

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