Cayden Primeau

La patience est de mise

À en croire les applaudissements, les cris et les encouragements destinés à Cayden Primeau lors des matchs des séries éliminatoires présentés à Laval, les partisans le voient déjà comme la prochaine grande vedette du Tricolore devant le filet. Toutefois, ils pourraient devoir attendre avant d’assister à son entrée dans le grand club.

Si Montréal a son numéro 31, Laval a le sien. Primeau s’est révélé la pièce maîtresse du succès du Rocket en séries, et le gardien de 22 ans vient de vivre ce qui pourrait être la saison la plus déterminante de sa jeune carrière.

« J’aime les grands moments et jouer sous la pression. J’aime me retrouver dans cet environnement, c’est ce qui me motive », a expliqué Primeau lors du bilan de saison de l’équipe, jeudi.

Le cerbère a vécu la frénésie des séries de manière très particulière.

Non seulement parce qu’il a été acclamé et que les partisans ont scandé son nom à moult reprises lors des rencontres éliminatoires à la Place Bell, mais aussi parce qu’il ne s’attendait pas à connaître autant de succès. Cette campagne n’a pas été un long fleuve tranquille et il est reconnaissant d’avoir pu apporter les correctifs nécessaires.

« Lorsque ça allait mal, je parlais au psychologue sportif de l’équipe. Je suis un meilleur gardien, je suis plus fort mentalement que je l’étais au début de la saison, et je suis reconnaissant d’avoir pu passer par ce processus. »

— Cayden Primeau

Même s’il n’a pas atteint la finale de la Coupe Calder avec son équipe, Primeau parle du parcours éliminatoire qu’il vient de vivre avec les yeux pétillants et le sourire accroché jusqu’aux oreilles. Il a mené son équipe jusqu’au septième match de la finale d’association en maintenant une moyenne de buts accordés de 2,17 et un pourcentage d’arrêts de ,936.

« Cette saison était très plaisante et ça a été super de faire partie de ce groupe au cours du dernier mois et demi. Je n’ai jamais eu autant de plaisir à jouer au hockey », a-t-il souligné.

Une saison de plus

Malgré le succès retentissant qu’il a connu avec le Rocket et un court passage avec le Canadien pendant la saison, le gardien refuse de se faire des attentes démesurées en vue de la prochaine saison.

« Ce sera assurément le plus gros été de ma carrière. Je vais donner tout ce que je peux cet été pour me présenter au camp et espérer pour le mieux. »

Le gardien auxiliaire Kevin Poulin a aussi voulu mettre les partisans en garde. Le vétéran a expliqué que même si son jeune coéquipier a un talent certain et un beau potentiel, il aurait besoin d’une saison supplémentaire dans la Ligue américaine avant de faire le saut de manière officielle dans la LNH.

« Je pense qu’il doit continuer dans la Ligue américaine. C’est dur parce que depuis le début de sa carrière, il y a eu la COVID-19, les bulles et l’équipe de réserve. Je pense qu’il a besoin d’avoir une année solide dans la Ligue américaine, où il va jouer beaucoup de matchs, pour que l’accent soit mis juste sur le Rocket. Après, il devrait être correct », a précisé le gardien de 32 ans, qui a lui-même disputé une cinquantaine de matchs dans la grande ligue.

Après tout, seuls cinq gardiens de 23 ans et moins ont occupé un poste à temps plein dans la LNH cette saison. Primeau aura 23 ans le 11 août.

C’est pourquoi l’entraîneur-chef Jean-François Houle a expliqué que « pas juste pour lui, mais pour les jeunes joueurs dans la Ligue américaine, il faut être patient, il faut prendre son temps pour être sûr de bien développer les joueurs, et ça [peut être long] parfois. Ce n’est pas bon de sauter des étapes ».

Tout le monde s’entend toutefois sur le fait que Primeau a de nombreuses qualités, qu’il a été le catalyseur du succès du Rocket en séries, qu’il a un avenir radieux devant lui et qu’il saura charmer les amateurs de hockey au sud de l’île Jésus.

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