ET LE SILENCE FUT

Le Québec est tombé sous le coup d’un couvre-feu historique, hier, à 20 h. De manière générale, les Québécois ont respecté la nouvelle consigne sanitaire. Mais si certains l’accueillent avec soulagement, d’autres critiquent ses angles morts. Compte rendu.

Montréal, ville (presque) fantôme

Vingt heures. Le Québec entame la toute première soirée du couvre-feu décrété par le gouvernement Legault jusqu’au 8 février. Dans la métropole, qui était déjà beaucoup moins agitée qu’à la normale, les rues sont soudainement plus calmes. Et comme prévu, les policiers, gyrophares allumés, sont bien présents. Si certains résidants accueillent la mesure avec soulagement, d’autres critiquent vivement son implantation. Chose certaine : le moment est historique.

« Personnellement, le couvre-feu ne me dérange pas. Les cas de coronavirus montent et montent. C’est peut-être plus dur pour les jeunes, pour les adolescents, mais à mon âge, je m’en retourne simplement à la maison. Ça ne change pas grand-chose », lance Yves Cortez, un employé de St-Viateur Bagel & Café qui vient de terminer sa journée, sur l’avenue du Mont-Royal.

À sa sortie du travail, alors qu’il rentrait chez lui, l’homme de 61 ans a été interpellé par des policiers qui lui ont demandé une attestation, qu’il a fournie sans broncher pour prouver qu’il était un travailleur essentiel. Reconnaissant que la situation est pour le moins particulière, M. Cortez dit vouloir demeurer optimiste. « Il faut passer par là, c’est tout. Il y a des choses pires que ça dans la vie. Ce n’est pas fini, tout ça. D’après moi, le couvre-feu va se prolonger », lâche-t-il.

Mais tous ne sont pas de cet avis. Sean Beaumont, résidant de Ville-Marie, affirme que le couvre-feu « ne fera probablement aucune différence ». « J’ai l’impression que ça va créer des attroupements dans le métro, dans le bus. Tout le monde va rentrer en même temps. Ce ne sera pas un environnement sécuritaire », dit le Montréalais, qui promenait ses deux chiens, Hutch et Nikko, lorsque nous l’avons rencontré.

« On ne pouvait déjà pas faire grand-chose avec le confinement. La plupart des gens étaient à la maison après 20 h. Imposer ça, dans ce contexte-là, je trouve ça un peu inutile », ajoute M. Beaumont, qui craint par ailleurs que le retour à l’école des jeunes enfants ne cause des éclosions ici et là, « annulant » ainsi l’effet initial souhaité par les autorités avec le couvre-feu. Il entend néanmoins se conformer aux règles, afin d’éviter les lourdes amendes oscillant entre 1000 $ et 6000 $.

« Qu’on s’occupe de tous les citoyens »

Cuisinier chez Tampopo, restaurant asiatique situé rue de Mentana, Akira Lacroix craint surtout que le couvre-feu ne fragilise encore davantage les commerces de proximité.

« Ici, on a déjà coupé beaucoup. On était une vingtaine, et là, on est rendus six ou sept. Je suis chanceux de continuer à travailler. Beaucoup de mes amis perdent leurs heures, leur job. C’est difficile. »

— Akira Lacroix, cuisinier chez Tampopo

Jean-Marc Dubois, lui, vit sans domicile fixe depuis un an. Il ne trouve pas de place dans un refuge qui lui convienne, préférant prendre soin de lui-même. « C’est correct que le gouvernement mette un couvre-feu, mais ça serait important qu’il vérifie comment ça se passe dans la rue, et qu’on s’occupe de tous les citoyens », raconte l’homme, assis sous le perron d’un commerce fermé, au centre-ville.

Mercredi, en mêlée de presse, le premier ministre François Legault a soutenu qu’il y avait « assez de places disponibles » dans les refuges pour sans-abri, à la veille du couvre-feu. Une affirmation qui a fait sursauter notre interlocuteur.

« Le gouvernement fait ce qu’il peut, mais il n’est pas au courant de comment ça marche. Ils sont mal informés. Eux veulent des résultats, mais ne viennent pas nous voir », déplore M. Dubois. Ses propos font écho à ceux de plusieurs organismes communautaires, qui ont déploré cette semaine l’attitude de Québec. « C’est une aberration, a dit la directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Annie Savage. Il n’y avait pas de place avant la crise sanitaire, il n’y en a pas plus maintenant. »

Des manifestations organisées

En début de soirée, aux alentours de 20 h, quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer l’« injustice » que représente à leurs yeux l’imposition d’un couvre-feu, qui brime selon eux leurs libertés individuelles. Ils ont ensuite pris la route, brandissant des drapeaux du Québec, suivis par des dizaines de voitures de police. D’autres rassemblements similaires se sont tenus dans plusieurs villes à travers la province.

« Dans le passé, les couvre-feux étaient utilisés dans des temps difficiles comme les guerres. Je ne pense pas que nous soyons dans une période aussi difficile maintenant, alors ils ne devraient pas être utilisés. C’est pourquoi je proteste contre », explique Ali Bazzi, un manifestant rencontré sur place.

Caroline Chèvrefils, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, a confirmé à La Presse que 17 constats d’infraction avaient été remis lors du rassemblement pour « non-respect du couvre-feu ». Le montant de chaque amende était de 1550 $. Aucune arrestation n’a toutefois été effectuée et on ne signale pas de blessés.

Sur le reste du territoire, peu d’incidents ont été déclarés.

« Ça a été tranquille au niveau des appels. Je pense que les gens ont bien entendu les règles. De notre côté, on a fait fonctionner nos gyrophares pour démontrer une présence et rappeler aux citoyens l’importance de respecter les règles. »

— Caroline Chèvrefils, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal

À Longueuil, sur la Rive-Sud de Montréal, aucun constat n’a été remis malgré le fait qu’une manifestation était annoncée sur Facebook et que de nombreuses personnes promettaient d’y être. « On est arrivés là et il y avait zéro personne, a raconté le capitaine Jean-Christophe Fortin, du Service de police de l’agglomération de Longueuil. Le constat à 1500 $ a dissuadé bien des gens. »

La Sûreté du Québec a pour sa part confirmé que des manifestations avaient eu lieu sur son territoire durant les heures du couvre-feu et que des constats d’infraction avaient été remis. Un bilan sera dressé la semaine prochaine, a indiqué l’agente Marie-Michèle Moore. « Malgré quelques incidents, nous remarquons une excellente collaboration de la population dans le respect du couvre-feu. Nous maintiendrons une présence accrue dans le but de faire respecter toutes les règles en vigueur », a tweeté le corps policier en soirée.

Plus tôt, vers 20 h, une heure et demie après qu’une alerte eut été déclenchée sur les téléphones des Québécois encabanés, des dizaines de policiers de Montréal se sont rendus devant des hôpitaux de la ville, dont Notre-Dame, Maisonneuve-Rosemont et le CHUM, faisant fonctionner gyrophares et sirènes. « Le but, c’est d’envoyer un message de solidarité au personnel du réseau de la santé qui travaille fort. Par la suite, on se disperse pour avertir les gens de l’activation du couvre-feu », a rapporté l’agent Jean-Pierre Brabant.

« Du jamais-vu »

Spécialiste en communication et en gestion de crise à l’Université du Québec à Montréal, le professeur Bernard Motulsky affirme qu’au-delà des mesures sanitaires, le couvre-feu risque de générer son lot d’interrogations dans la population.

« C’est du jamais-vu, aucune génération n’a jamais vraiment vécu ça, donc c’est sûr que ça cause beaucoup de stress, de questions. On se demande tous jusqu’où ça ira et comment ça se passera réellement. »

— Bernard Motulsky, spécialiste en communication et en gestion de crise à l’Université du Québec à Montréal

À ses yeux, les 3127 nouvelles infections déclarées samedi risquent de marquer les esprits au sein de la population. « Je pense que ça va aider à faire passer le message. Il reste que le couvre-feu est simple à comprendre, qu’il n’y a pas d’ambiguïté possible. Le contexte, lui, comporte une plus grande part d’inconnu pour tout le monde », raisonne l’expert.

« On ne sait pas vraiment, tous et toutes, à quelles contraintes on s’expose dans notre quotidien. Ça va dépendre des gens et de leurs réalités », précise-t-il. Heureusement, le confinement qui dure depuis déjà plusieurs semaines devrait aider à faire passer la pilule. « Les bars, les salles de spectacle, la vie sociale, c’est déjà terminé. Il n’y a plus beaucoup de choses qu’on peut faire de toute façon », conclut-il.

Communauto dénonce l’intervention d’un policier du SPVM

L’entreprise d’autopartage Communauto a dénoncé samedi soir l’intervention d’un policier montréalais qui a interpellé l’un de ses salariés s’occupant de déplacer les voitures, afin d’éviter qu’elles soient non conformes aux règles de stationnement en vigueur. « Son argument était que Communauto n’est pas un service essentiel. Or, nous sommes sur la liste », a martelé le vice-président de l’entreprise, Marco Viviani, qui dit avoir obtenu des confirmations à ce sujet de la Ville de Montréal et de la Santé publique. Le patrouilleur aurait finalement laissé partir l’employé en lui disant que « la prochaine fois, il [allait] recevoir une contravention ». « Bref, on peut livrer de la pizza, mais pas déplacer des voitures Communauto en infraction », dénonce M. Viviani, qui assure que le salarié en question avait en sa possession une lettre de son employeur au moment des faits. « C’est une bavure, à mon sens », conclut-il, en réclamant une clarification rapide du statut de son entreprise pendant le couvre-feu afin d’éviter que ce genre d’incident ne se reproduise.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Les exceptions au couvre-feu

Les Québécois n’ont plus le droit de se trouver hors de leur domicile entre 20 h et 5 h jusqu’au 8 février prochain. Depuis que le gouvernement en a fait l’annonce mercredi, des exceptions au couvre-feu ont été précisées.

Travailleurs essentiels

Une personne qui doit être sur son lieu de travail ou qui s’occupe du transport de marchandises nécessaires au fonctionnement des activités de son entreprise peut se déplacer pendant le couvre-feu.

Le gouvernement a créé un document qui doit être rempli par l’employeur et qui atteste que le travailleur doit se déplacer ou se trouver à l’extérieur de son domicile.

Déplacements médicaux

Il y a de nombreuses exceptions au couvre-feu pour des raisons de santé. Une personne peut se trouver en dehors de sa résidence pour :

• Se rendre dans une pharmacie pour y acheter des médicaments ou des produits pharmaceutiques, hygiéniques ou sanitaires

• Se rendre à l’hôpital ou à la clinique, chez le dentiste ou l’optométriste et en revenir 

• Se rendre au chevet d’un parent malade ou blessé

• Accompagner une autre personne incapable de conduire pour se rendre à un rendez-vous médical

• Accompagner son enfant malade à l’hôpital 

• Faire un don de sang à Héma-Québec

Déplacements familiaux

Un parent peut rompre le couvre-feu pour conduire ses enfants chez l’autre parent avec qui il partage la garde. Il est aussi possible de conduire son enfant à son travail.

Autres raisons

Il est possible de sortir de sa maison dans un rayon de moins d’un kilomètre pour promener son chien. Un élève qui doit être présent à un cours du soir dans une école reconnue peut aussi rompre le couvre-feu.

Les transports de passagers de longue distance restent aussi actifs. Il est aussi possible de se déplacer pour prendre un bus interrégional ou interprovincial, un train ou un avion pour se rendre à destination.

Enfin, une personne peut se déplacer pour se conformer à une décision du tribunal, que ce soit pour respecter un jugement ou répondre à une assignation à comparaître.

— Antoine Trussart, La Presse

Québec méconnaissable

Des autoroutes quasi désertes, des feux de circulation qui virent au vert sans voiture qui passe et des piétons devenus rares. Incursion au cœur de la ville de Québec une fois le premier couvre-feu tombé.

« Je vous intercepte en vertu du décret. »

Pendant que les gyrophares scintillaient dans les rétroviseurs de la voiture, le policier s’est présenté lampe de poche à la main. Il voulait s’assurer que la journaliste du Soleil ne se déplaçait pas de façon illégale vers 23 h, au moment de rentrer à la maison. Une autorisation de déplacement et une pièce d’identité plus tard, on pouvait repartir. Le policier avait d’ailleurs déjà contrôlé plusieurs infirmières qu’il avait laissées filer rapidement.

Depuis 20 h, les services de police de la province étaient à l’œuvre pour s’assurer du respect du couvre-feu décrété par le gouvernement du Québec.

Signe que les mises en garde des autorités (et sans doute le prix à payer pour se trouver hors de la maison pendant le couvre-feu) ont dissuadé les contrevenants, le premier soir d’application de la nouvelle mesure destinée à freiner la propagation de la COVID-19 s’est avéré plutôt tranquille dans la capitale.

Déjà une trentaine de minutes avant que le couvre-feu historique n’entre en vigueur pour la première fois, la rue Saint-Joseph, bien que moins animée qu’à son habitude, accueillait quelques passants en voiture ou à pied.

Oscar et son maître Roger Blanchet profitaient de la douce température pour prendre l’air. Heureusement, le bichon havanais ne verra pas ses habitudes trop chamboulées, car même s’il aurait le droit de marcher près de la maison pendant le couvre-feu, il ne lui arrive jamais de sortir en fin de soirée de toute façon.

Puis, l’heure est arrivée et, graduellement, les rues sont devenues plus calmes. On aurait cru que la ville s’était mise sur pause.

Endormie à partir de 20 h pour ne se réveiller qu’à 5 h le lendemain. Et ce, pour les quatre prochaines semaines.

Vie nocturne déjà mise à mal

La pandémie avait déjà donné un coup dur à la vie nocturne de Québec, méconnaissable à certains endroits.

Calme plat de la rue Saint-Joseph à la Grande Allée en passant par la rue Saint-Jean et l’avenue Cartier. Idem du côté de la 3e Avenue à Limoilou et de l’avenue Maguire, alors que les seuls piétons qui auraient pu se trouver dans ces rues touristiques un soir de janvier sont maintenant encabanés.

L’absence de circulation se faisait encore plus sentir sur les autoroutes, littéralement abandonnées par les automobilistes. Les ponts reliant Québec à Lévis étaient eux aussi très peu fréquentés.

Essentiels et fidèles au poste

Les travailleurs essentiels, eux, circulaient toujours.

Gustavo Salvato, un chauffeur du Réseau de transport de la Capitale, fait partie de ces employés dits prioritaires. En milieu de soirée et jusqu’à tard dans la nuit, il tenait les rênes du parcours 74 pour desservir la population de Val-Bélair.

« Ce n’est pas un parcours habituellement très achalandé, mais il y a toujours une dizaine de personnes, souvent des travailleurs », mentionne-t-il au Soleil tout juste avant de s’asseoir derrière le volant de l’autobus.

« Ça ne devrait pas être très différent ce soir », envisageait-il.

Les policiers se faisaient eux aussi bien voir tout au long de la soirée. Des patrouilleurs du Service de police de la Ville de Québec croisés en fin de soirée témoignaient d’un quart de travail qui avait « bien été ».

Plus tôt en soirée, une vingtaine de manifestants présents devant le Musée de la civilisation, dans le Vieux-Port, ont reçu des constats d’infraction de 1550 $. Certains d’entre eux qui refusaient de donner leur identité ont été détenus, a indiqué l’agent Étienne Doyon.

— Avec La Presse Canadienne

ailleurs au Québec

Calme plat à Granby et dans les environs

Juste avant l’entrée en vigueur du couvre-feu, les policiers de Granby ont dû intervenir auprès d’une vingtaine de personnes convaincues de l’illégalité de la mesure et s’opposant également au port du couvre-visage. À 19 h 53, les derniers manifestants quittaient toutefois les lieux. Quelques minutes de grâce leur ont été accordées, le temps qu’ils retournent chez eux. Non loin de là, à Bromont, la station de ski a éteint ses lumières quelques instants après 20 h. « Il n’y avait personne à l’entrée de la ville et personne sur l’autoroute 10, rapporte le directeur général de La Voix de l’Est, Christian Malo. C’était surréel, surtout pour une ville touristique comme Bromont. » — La Voix de l’Est

Le silence tombe sur Trois-Rivières

Trois-Rivières a pris des allures de ville fantôme, samedi soir, après l’entrée en vigueur du couvre-feu décrété par Québec. À quelques exceptions près, les rues de la ville étaient désertes, alors que les forces de l’ordre avaient pour mandat d’intercepter les personnes ne respectant pas le couvre-feu. Le centre-ville était désert, à l’exception d’une file de véhicules sur la rue des Forges, qui attendaient de partir pour livrer des repas. Une manifestation était prévue pour dénoncer l’instauration du couvre-feu, mais la présence policière a dissuadé la quinzaine de manifestants. Aucun constat d’infraction n’a été remis puisqu’ils se sont dispersés avant 20 h. À Drummondville, environ 25 personnes se sont rassemblées, selon la Sûreté du Québec. Les policiers ont remis des constats d’infraction pour omission de porter le couvre-visage. — Le Nouvelliste

Saguenay respecte les consignes sanitaires

Des rues désertes et de nombreuses voitures de police parcourant les différents quartiers, gyrophares allumés, voilà ce à quoi ressemblait la ville de Saguenay samedi soir, après 20 h. Luc Tardif, porte-parole du Service de police de Saguenay, a d’ailleurs indiqué que les effectifs avaient été augmentés afin de s’assurer du respect du couvre-feu imposé par décret. « Des policiers du quart de jour sont demeurés au travail [samedi] soir afin de contribuer au bon succès de l’opération. Des effectifs supplémentaires ont également été ajoutés pour la nuit. Est-ce que ce sera la même situation dans les prochains jours ? Je ne sais pas. C’est une gestion qui est très progressive. » M. Tardif a affirmé que les gens de Saguenay respectaient bien les consignent sanitaires, et ce, depuis le début de la pandémie. — Le Quotidien

Petite manifestation à Sherbrooke

Une quinzaine de personnes s’étaient réunies à Sherbrooke samedi vers 19 h afin de manifester contre la mise en place du couvre-feu dans tout le Québec. Le petit groupe a admis d’emblée ne pas avoir l’intention de quitter les lieux avant l’entrée en vigueur de la mesure. Passé l’heure fatidique, les forces de l’ordre sont intervenues afin d’identifier les contrevenants et de remettre à chacun d’eux un constat d’infraction assorti d’une amende d’environ 1550 $. Pour Danny McConnell, directeur du Service de police de Sherbrooke, les manifestants représentaient un petit groupe en regard de l’ensemble de la population sherbrookoise. Vers 20 h 45, les manifestants ont fini par quitter les lieux au compte-gouttes, après avoir tous été identifiés. — La Tribune

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