Dumas

Paroles d’ancien pompiste

Quand Dumas a participé au Festival de la chanson de Granby en 1999, il travaillait encore comme pompiste à Victoriaville.

Il a dû prendre congé pour la demi-finale. Mais pour la finale, non seulement son patron a refusé, mais en plus il l’a renvoyé, après trois années de loyaux services. Heureusement, Dumas a remporté les grands honneurs du concours musical, et cela a propulsé sa carrière.

« C’était la croisée des chemins », raconte-t-il.

Dans son clip J’erre, le réalisateur Louis-Philippe Eno – aussi originaire de Victoriaville – a par ailleurs utilisé des images de Dumas tournées alors qu’il était pompiste (et qui devaient servir pour un court métrage à l’origine).

Le jeune Steve Dumas a travaillé à la station-service Shell de Victoriaville de l’âge de 16 jusqu’à 19 ans.

« Je rêve encore des fois que je suis pompiste. J’ai adoré cela. 

— Dumas

Tout récemment, il a justement eu un coup de nostalgie en arrêtant au Garage Bessette Daniel de la rue Principale, à Frelighsburg. On y offre toujours le service à la pompe. « C’est super rare. Cela faisait longtemps que je n’en avais pas vu. J’ai jasé avec la pompiste. »

Dumas a des tas de bons souvenirs. Il se souvient des « rushs ». « De partir les guns des quatre pompes et de gérer les clients en dedans. C’était comme une danse. »

Dumas a reçu une « pompe de bronze » à la suite de la visite d’un inspecteur mystère et il souligne que sa première journée comme pompiste aurait pu être sa dernière, car il a lancé de la litière à chat – comme on lui a dit dans sa formation – sur une voiture aspergée d’essence par un pistolet sorti de sa plaque.

Le vendredi soir, il se souvient aussi d’avoir écouté Bande à part à la radio. « J’ai fait mon éducation musicale pendant ce temps-là. »

Des années plus tard, Dumas a par ailleurs su que son guitariste Jocelyn Tellier avait été pompiste dans une station concurrente de Victoriaville.

Avant, Dumas avait été plongeur. Comme pompiste, c’est « tout le côté social » qui lui plaisait. « Les gens se confiaient… et on était dehors. »

Dumas se désole que des métiers comme celui de pompiste disparaissent. Des métiers où « il y a un contact humain ».

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