L’amour est dans le pré

La machine agricole à faire des bébés

Partez ici la chanson thème. On dit que l’amour n’est pas difficile à trouver… quand des caméras s’invitent dans le pré. Et les statistiques du cœur le prouvent : 15 couples durables ont été formés en neuf saisons de L’amour est dans le pré et 27 bébés ont vu le jour grâce à tous ces agriculteurs et agricultrices qui ont osé sortir de leur proverbiale « zone de confort ».

Uniquement l’an passé, trois couples solides ont éclos sous nos yeux, dont les candidats chouchous David et Alex, qui se sont fiancés avant Noël. Ève et Denis (alias M. Métaphores sportives) ne se lâchent pas d’une semelle (de botte), tandis que Marc-Antoine, qui avait choisi Anne avant qu’elle ne le largue en plein souper final, a renoué avec Alexa une fois la production de la téléréalité Cupidon bouclée. Ils se fréquentent depuis le printemps dernier.

Autre chiffre impressionnant : le Québec a accouché de la famille la plus nombreuse de toutes les éditions internationales de L’amour est dans le pré, soit celle de Jessyca et Jérôme, de la deuxième édition, qui ont eu six enfants depuis leur rencontre en 2012. Une famille Groulx en devenir ?

La 10e saison de L’amour est dans le pré, qui démarre ce jeudi à 20 h sur Noovo, promet encore des coups de foudre entre deux escapades en VTT sur fond de musique western. La rumeur parle d’au moins quatre couples qui auraient passé le test du temps des Fêtes.

Parmi les cinq nouveaux visages de la populaire émission (moyenne de 673 000 téléspectateurs), il y a une femme, Marika, 26 ans, de Sainte-Eulalie, ainsi qu’un agriculteur gai, Luka, 24 ans, d’Issoudun, qui aime la danse country et construire des choses « drettes comme des piquets ».

S’ajoutent Denis, 53 ans, de Casselman, en Ontario, Joé, 29 ans, de Saint-Jean-de-Matha, de même que Marc-Antoine, 31 ans, de Saint-Aimé.

La structure de la téléréalité a légèrement été compressée pour en accélérer le rythme. Introductions et choix des partenaires au premier épisode, speed dating dans le deuxième et déménagements à la ferme au troisième, ça roule. Il s’agit d’une amélioration bienvenue, car L’amour est dans le pré mettait souvent un gros mois avant de prendre son envol.

Et parce qu’ils cherchent des relations durables, les concurrents ne cachent jamais leur jeu. Ils se projettent presque tous dans le futur avec une famille nombreuse, c’est fascinant.

Leurs traits de caractère s’esquissent tout aussi rapidement. Marika ne parle que de volleyball, de sport et d’activités à faire le week-end. Le grand Joé, un romantique qui mesure 6 pi 6 po, insiste souvent sur son projet de ferme autosuffisante. Il est le plus calme et introverti du groupe.

Papa de trois enfants, Denis a le profil du bon Jack, ricaneur, drôle et souriant. Fait cocasse : il a fréquenté la tante de l’animatrice Katherine Levac il y a près de 30 ans. Luka est un petit vite, perfectionniste, avec une tendance colleuse quand il ne pellette pas du fumier les dimanches matins.

L’ancien ouvrier de l’acier, Marc-Antoine, nourrit une passion pour les véhicules à moteur – motoneige, bateau, motocross, nommez-les, il les a tous essayés. Il rencontre même ses soupirantes dans la boîte de son camion.

Contrairement à la saison dernière, les candidats ne s’embrasseront pas qu’avec les yeux, les règles sanitaires autorisant les rapprochements au moment des enregistrements l’été passé. Le voyage final a été tourné dans la région de Playa del Carmen, au Mexique, avant que le variant Omicron ne bousille tout.

De retour pour un deuxième tour de piste, l’humoriste Katherine Levac garde sa complicité avec les agriculteurs. Elle accompagne les célibataires et les couve comme une maman poule. Ce format télévisuel se prête bien à une animation bienveillante, dénuée de sarcasme et d’autodérision.

Retour vers la culture (bis)

ARTV lance vendredi à 20 h son nouveau magazine culturel, qui succède au Retour vers la culture de Benoit McGinnis et Sophie Fouron. Il s’agit de Culturama, piloté par la très sympathique Chantal Lamarre, qui s’annonce plus grand public que son prédécesseur.

Concept ? Chacun des 10 épisodes de Culturama porte sur un thème intemporel : les méchants, la mer, le kitsch, la couleur bleue, etc. Dans un hémicycle, qui s’inspire du Cyclorama de Sainte-Anne-de-Beaupré, Chantal Lamarre et trois collaborateurs discuteront d’œuvres liées au sujet principal.

Par exemple, l’épisode sur les méchants revient sur le film culte de 1952 La petite Aurore, l’enfant martyre, sur les maquillages épeurants du groupe Kiss, sur l’effet des Bougon, sur le film L’eau chaude, l’eau frette, d’André Forcier, ainsi que sur les performances choquantes de l’artiste russe Pyotr Pavlenski. C’est éclectique, à la fois populaire et pointu. Le tout, livré dans des discussions sans prétention. C’est très bien fait. On ne se sent pas nono parce qu’on ne connaît pas tout ce qui est abordé dans Culturama.

Et comme le magazine d’ARTV ne se colle pas sur l’actualité de la semaine, on peut le regarder à peu près n’importe quand sans problème. Les collaborateurs de Culturama, que Chantal Lamarre appelle ses « jaseurs d’élite », proviennent de différentes sphères : danse, littérature, télé, théâtre, cinéma. Vous y verrez entre autres Rébecca Déraspe, Guillaume Corbeil, Fanny Britt, Elkahna Talbi, Émilie Bibeau, Mélanie Demers, Mathieu Quesnel, Laurent Paquin, Catherine Trudeau et Olivier Kemeid.

Le tour de manège offert par Culturama est divertissant, intelligent et pas du tout étourdissant.

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