flambée des cas de COVID-19

Les bars « fermés de nouveau » au Texas et en Floride

Le Texas et la Floride ont décrété de nouvelles restrictions sur les bars vendredi face au regain de la pandémie de COVID-19, de premiers retours en arrière alors que la Maison-Blanche persiste à décrire la situation comme moins dramatique qu’au printemps.

La résurgence dans le Texas (29 millions d’habitants) est la plus emblématique, car c’est l’un des États à avoir rouvert très tôt, à partir du 1er mai, des semaines avant le Nord-Est.

Les bars texans avaient rouvert le 22 mai. Vendredi, cinq semaines plus tard, face à l’épidémie galopante et à l’afflux de malades dans les hôpitaux, le gouverneur a ordonné leur fermeture (ils pourront livrer ou servir à emporter).

« Il est évident que l’augmentation du nombre de cas est largement due à certains types d’activités, notamment aux Texans qui se rassemblent dans les bars », a indiqué Greg Abbott, en demandant une énième fois aux Texans de respecter la distanciation physique. Il a aussi réduit la capacité autorisée des restaurants de 75 % à 50 %.

La cheffe de l’exécutif du comté de Harris, qui inclut la plus grande ville texane, Houston, a appelé les habitants à rester chez eux sauf pour des besoins essentiels, comparant la pandémie à un « ouragan invisible ».

En Floride, 9000 cas ont été rapportés vendredi, éclipsant le précédent record de 5500 cas, mercredi.

Les autorités locales ont annoncé que la consommation d’alcool serait dorénavant interdite sur place dans les bars, avec effet immédiat.

« Problème grave »

Les sept derniers jours ont battu le record du nombre de nouveaux cas détectés en une semaine aux États-Unis (225 000), selon un comptage de l’AFP.

La hausse est continue depuis deux semaines dans 30 des 50 États du pays, notamment dans les plus grands et peuplés du Sud et de l’Ouest, la Californie, l’Arizona, le Texas et la Floride.

Le vice-président, Mike Pence, a tenté de rassurer les Américains au nom de Donald Trump en décrivant des foyers limités à certaines grandes agglomérations comme Phoenix (Arizona) et Houston, et en soulignant que le pays était mieux préparé qu’en mars et que les contagions étaient désormais largement chez les jeunes, moins vulnérables.

« Nous sommes dans une bien meilleure position. La vérité est que nous avons ralenti les transmissions, nous avons aplati la courbe. »

— Mike Pence, vice-président des États-Unis

Mais le Dr Anthony Fauci, plus haut expert en maladies infectieuses du gouvernement, a pris la parole lors de la même conférence de presse pour sonner l’alarme. Il a averti que dans une société interconnectée, une pandémie ne pouvait rester cantonnée ni à une classe d’âge, ni aux frontières d’une ville.

« Nous avons un problème grave dans certaines zones », a dit le scientifique, qui porte un masque en public, contrairement à MM. Pence et Trump. « Tôt ou tard, même les régions qui vont bien deviendront vulnérables. »

Un « changement de modèle » doit être engagé pour réaliser beaucoup plus de tests de dépistage et repérer les cas asymptomatiques dans des quartiers ou des villes visés, a-t-il plaidé.

Masques obligatoires ?

Dans le centre-ville de Houston, le bar West Alabama Ice House a servi ses dernières bières fraîches vendredi matin avant la fermeture, ordonnée à midi heure locale.

« Ils n’auraient pas dû rouvrir du tout, ou il fallait ouvrir complètement, laisser les gens faire ce qu’ils veulent », se plaint Patrick Ford, 35 ans et couvert de tatouages, qui sirote un soda.

Le propriétaire du bar, Petros Markantonas, a demandé au camion d’une entreprise de bière de venir récupérer les stocks qu’il venait de livrer. « On va fermer et attendre », dit-il, refusant de livrer ou de servir des verres à emporter.

Seul le Nord-Est (New York) et dans une moindre mesure le Midwest (avec Chicago) gardent aujourd’hui le virus sous contrôle.

« Réveille-toi, Amérique. Ce qui se passe dans le pays n’est pas une deuxième vague, c’est toujours la première vague. »

— Andrew Cuomo, gouverneur de New York

Parmi les autres mesures débattues dans le pays figure celle du port du masque : obligatoire ou pas ?

La Californie l’a décidé la semaine dernière, notamment dans les commerces et les transports, suivie par la Caroline du Nord et le Nevada cette semaine, ce qui s’appliquera dès vendredi aux casinos de Las Vegas.

Washington DC, 51e État américain ?

La Chambre des représentants a voté en faveur d’un changement de statut pour la capitale fédérale, un projet historique qui sera inévitablement bloqué par le Sénat

Faire de Washington un État, c’est « montrer notre respect pour la démocratie », a affirmé la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Bien qu’ils paient des impôts et servent dans l’armée, « pendant plus de deux siècles, on a privé les habitants de Washington de leurs pleins droits à participer à notre démocratie », a-t-elle dénoncé.

Approuvé par 232 voix contre 180, avec le seul soutien des démocrates, c’est la première fois de l’histoire américaine qu’un tel texte est adopté par l’une des chambres du Congrès américain, et la première fois depuis 1993 qu’un vote était organisé sur le statut de Washington.

Mais ce projet de loi sera certainement rejeté ensuite au Sénat, où les républicains, majoritaires, y sont largement opposés. Et même s’il y était approuvé, Donald Trump, pour qui les républicains ne sont pas assez « stupides » pour l’adopter, y mettrait certainement son veto.

Le président républicain fait allusion à l’enjeu politique crucial de ce projet de loi : prévoyant d’allouer au nouvel État deux sénateurs et un représentant, elle pourrait modifier les dynamiques du pouvoir au Congrès.

Nancy Pelosi et plusieurs élus démocrates portaient pour l’occasion un masque noir portant le chiffre 51, car Washington deviendrait le 51e État américain.

« Le Congrès fait face à deux options : continuer à exercer son autorité autocrate, non-démocratique sur les 705 000 » habitants de la ville ou « s’élever à la hauteur des promesses et idéaux de ce pays » en adoptant la loi, avait lancé dans l’hémicycle Eleanor Holmes Norton, seule représentante de la capitale fédérale à la Chambre.

N’ayant qu’un statut d’observatrice, elle n’a pas pu pas voter pour le texte.

Un manque de représentation qui est au cœur des débats, inscrit même sur les plaques d’immatriculation de Washington avec la mention « taxation without representation » (les impôts sans les élus).

Un simple « district »

Lors de la création des États-Unis au XVIIIe siècle, les pères fondateurs ont souhaité établir le siège du gouvernement fédéral en dehors des 13 premiers États pour éviter les conflits. La Constitution a donc prévu la création d’un « district », en 1790, directement rattaché au pouvoir central.

C’est en raison de ce statut unique que les résidants de « Washington DC », soit « le district de Columbia », n’ont pas d’élus qui votent au Congrès.

Le district paye plus d’impôts par personne que tout autre État américain, a souligné Eleanor Holmes Norton. Sa population est plus importante que celles des États du Vermont et du Wyoming, et comparable avec celle d'une demi-douzaine de petits États.

Il s’agit en fait « véritablement d’une tentative d’obtenir deux sénateurs démocrates », a accusé un élu républicain de la Chambre, Jody Hice, lors des débats.

La capitale fédérale est en effet une ville de gauche, qui a voté à plus de 90 % démocrate dans les dernières présidentielles. Ses électeurs seraient susceptibles de faire basculer la majorité, surtout au Sénat.

« Ils disent que [la ville] est trop noire, trop démocrate », a accusé vendredi Nancy Pelosi, en direction des républicains.

45 %

Proportion approximative des habitants noirs de Washington

Ce projet de loi est présenté sous le nom de « Washington Douglass Commonwealth », en référence au premier président des États-Unis, George Washington, et au célèbre abolitionniste noir Frederick Douglass.

Jody Hice a souligné que la ville abritait les sièges du pouvoir fédéral. Le district « avait été différencié pour ne pas être influencé par un État », a-t-il rappelé.

Les démocrates contre-argumentent que la Constitution n’établissant pas de taille minimum pour le territoire fédéral, il suffirait de le réduire aux zones non-habitées autour de la Maison-Blanche, du Capitole, siège du Congrès, de la Cour suprême ainsi que du grand parc du National Mall, des musées fédéraux et des bureaux du gouvernement.

« DC devrait être un État », a tweeté le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Joe Biden.

Un amendement constitutionnel, en 1977, avait prévu de donner des élus au Congrès à ses habitants. Malgré son adoption, il n’a jamais été ratifié.

Visas restreints pour les responsables de la répression à Hong Kong

Washington a accentué vendredi la pression sur Pékin pour « punir » les « responsables » de la reprise en main de Hong Kong en limitant leur entrée aux États-Unis, au moment où le Congrès américain semble décidé à aller plus loin dans les sanctions. Donald Trump « a promis de punir les responsables du Parti communiste chinois à l’origine du démantèlement des libertés de Hong Kong », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo. « Pour faire cela », il a annoncé des « restrictions de visas » pour les membres du tout-puissant parti au pouvoir en Chine « considérés responsables, ou complices, de la remise en cause du haut niveau d’autonomie de Hong Kong » tel que prévu dans les engagements internationaux de Pékin. Ces mesures visent aussi les responsables impliqués dans « la remise en cause des droits de la personne et des libertés fondamentales » dans l’ex-colonie britannique. Mike Pompeo n’a pas précisé le nombre ni l’identité des personnes visées, mais a souligné que leur famille proche était également susceptible d’être concernée.

— Agence France-Presse

Trump renonce à son week-end dans le New Jersey

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annulé vendredi à la dernière minute son départ pour le New Jersey, où il devait passer le week-end, sur fond d’inquiétude croissante liée au regain de la pandémie de COVID-19. À quelques heures de son départ à bord d’Air Force One à partir de la base militaire d’Andrews, la Maison-Blanche a annoncé, sans explication, qu’il ne se rendrait plus dans cet État, où il avait prévu passer le week-end dans son club de golf de Bedminster. Judd Deere, porte-parole de l’exécutif, a simplement indiqué que cette décision n’avait « rien à voir », avec des recommandations de quarantaine décrétées par le gouverneur du New Jersey pour toute personne ayant voyagé dans un État où les chiffres de la COVID-19 sont en hausse. Donald Trump s’est rendu mardi en Arizona, l’un des États où les indicateurs sont au rouge. Les gouverneurs des États du New Jersey, de New York et du Connecticut, Phil Murphy, Andrew Cuomo et Ned Lamont, ont annoncé mercredi la mise en place d’une quarantaine de 14 jours pour les personnes s’étant rendues dans des États où les taux d’infection sont en hausse.

— Agence France-Presse

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