ÉTATS-UNIS

Trump poussé à porter un masque

Donald Trump devrait-il porter un masque pour donner l’exemple face à l’épidémie de COVID-19 ? De plus en plus de voix – dont des républicaines – affirment que oui alors que, de l’aveu même de son propre gouvernement, le temps presse cruellement pour trouver des solutions contre le nouveau coronavirus.

Le président républicain n’est jamais apparu en public avec un masque depuis le début de la pandémie, qui a fait plus de 125 000 morts – dont 288 au cours des 24 dernières heures – aux États-Unis, pays le plus endeuillé au monde.

Surtout, il s’est moqué de son adversaire démocrate à la présidentielle du 3 novembre, Joe Biden, qui en porte et a qualifié l’usage du masque d’« arme à double tranchant » d’un point de vue sanitaire au moment même où le sud du pays fait face à une flambée inquiétante de la maladie.

Les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), qui donnent le tempo de la réponse gouvernementale au coronavirus, ont simplement recommandé son utilisation. Et non « exigé », ce qui aurait dû être fait depuis « très longtemps », a regretté dimanche la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi. Tout cela pour ne pas « vexer » le milliardaire républicain, a-t-elle assuré lors d’une interview sur la chaîne ABC News.

« Le président devrait porter un masque », a-t-elle asséné avant d’ajouter : « Les vrais hommes portent des masques », suggérant, comme Joe Biden l’a déjà fait, que le refus de Donald Trump de recouvrir son visage n’était qu’une question de virilité mal placée.

Beaucoup d’observateurs et d’analystes assurent également que les soutiens masculins du locataire de la Maison-Blanche dans les régions conservatrices du pays voient le masque comme un signe de faiblesse.

« Cela nous aiderait »

Le schisme autour du masque, dont les agences de santé du monde entier vantent désormais l’efficacité face au virus, est très politique aux États-Unis, comme l’a admis Donald Trump lui-même cette semaine.

Mais il ne devrait pas l’être, a regretté dimanche matin le sénateur républicain Lamar Alexander, dans un rare compromis avec les démocrates.

« Ça aiderait si, de temps en temps, le président portait un [masque]. Cela nous aiderait à nous débarrasser de ce débat politique qui voudrait que si vous êtes pour Trump, vous ne portez pas de masque et si vous êtes contre Trump, vous le faites. »

— Lamar Alexander, sénateur républicain, sur CNN

Interrogé peu après sur ce sujet, le secrétaire à la Santé, Alex Azar, a simplement rappelé que le président était un cas de figure « unique » car il se faisait tester « régulièrement », reprenant ainsi l’argument du milliardaire new-yorkais. Or, un dépistage lui permettrait de savoir s’il a contracté la COVID-19, mais n’empêcherait pas une contamination.

Tout en ressassant le message du gouvernement fédéral (respecter la distanciation physique, se laver les mains et porter un masque), Alex Azar a reconnu que la situation était « très grave » et que « la fenêtre se refermait pour agir et reprendre le contrôle de la situation » sanitaire.

Près de la moitié des États américains, notamment dans le Sud et l’Ouest, ont connu une grave recrudescence de la COVID-19 au cours du mois de juin et certains, comme la Floride ou le Texas, confrontés à un nombre d’infections d’une importance inédite, ont dû mettre en pause leur processus de déconfinement.

Le gouverneur de Californie, où sans être aussi dramatique qu’en Floride, la situation a empiré ces dernières semaines, a ainsi annoncé dimanche la fermeture des bars dans sept comtés, dont celui de Los Angeles, deuxième ville du pays.

« Il y a clairement quelque chose en cours dans la Sunbelt, particulièrement chez les jeunes Américains », a reconnu le vice-président Mike Pence, en assurant que le gouvernement suivait « de très près » ce qui se passe dans ces États.

La situation continue cependant de s’améliorer dans le Nord-Est, qui était la région la plus touchée il y a deux mois.

ÉTATS-UNIS

Le président partage, puis supprime une vidéo à caractère raciste

Le président Donald Trump a partagé dimanche, avant de la supprimer, la vidéo d’un affrontement entre plusieurs de ses soutiens et de ses opposants, où l’on voyait un homme hurler « white power », cri de ralliement des suprémacistes blancs.

Un utilisateur Twitter a publié cette vidéo, apparemment filmée dans une résidence privée pour retraités en Floride, de virulents affrontement verbaux entre pro et anti-Trump.

On y voit dès les premières secondes un homme conduisant une voiturette de golf ornée de pancartes « Trump 2020 » et « America First » être apostrophé par des manifestants qui le traitent de « raciste ».

« White power », leur répond-il alors deux fois, poing levé. « White power, voilà, white power. Vous avez entendu ça ? », réplique un de manifestants.

Donald Trump a relayé la vidéo en l’accompagnant du message « Merci aux super habitants des Villages », cette communauté pour les plus de 55 ans qui accueille 115 000 habitants dans le nord de la Floride.

Quelques heures plus tard, alors que la polémique commençait à monter dans les médias américains, Donald Trump a supprimé son retweet.

« Le président Trump est un grand fan des Villages. Il n’a pas entendu le message dans cette vidéo. Ce qu’il a vu, c’est un enthousiasme incroyable de la part de ses soutiens », a réagi un porte-parole de la Maison-Blanche, Judd Deere.

Une action « indéfendable », selon le président du Parti démocrate Tom Perez.

« Le président essaie de jouer la carte de l’ignorance, mais la constance de ses actions – de Charlottesville à Lafayette Square – recouvre le vide de ses mots.  »

— Tom Perez, président du Parti démocrate

Le seul sénateur républicain noir, Tim Scott, avait qualifié dans la matinée cette vidéo d’« insultante » et avait demandé au président de la supprimer.

Trump et les suprémacistes blancs

M. Trump est accusé par ses adversaires démocrates de proximité avec les suprémacistes blancs, qui l’ont largement soutenu en 2016.

Après des affrontements violents entre manifestants antiracistes et néonazis à Charlottesville, une petite ville de Virginie, en août 2017, M. Trump avait créé la polémique, même dans son propre camp, lorsqu’il avait déclaré voir des gens bien « des deux côtés ».

Depuis un mois, alors que les États-Unis sont engagés dans une relecture de leur passé raciste, il a vivement critiqué les manifestants qui ont tenté de déboulonner des statues de personnalités confédérées ou esclavagistes, notamment dans le square Lafayette, près de la Maison-Blanche.

Mississippi

Les élus votent le retrait d’un symbole confédéré du drapeau de l’État

La Chambre des représentants et le Sénat du Mississippi ont voté dimanche le retrait du drapeau de cet État du sud des États-Unis d’un symbole confédéré qui rappelle la période de l’esclavage. Le Mississippi est le dernier État américain à arborer sur son drapeau l’emblème de la Confédération. La décision prise dimanche intervient alors qu’une vague de manifestations antiracistes à travers les États-Unis a ravivé la controverse sur la persistance de symboles évoquant l’esclavage. Les parlementaires du Mississippi ont décidé qu’un nouveau drapeau de l’État devrait être adopté. Le drapeau actuel comporte l’étendard – fond rouge, croix bleue en diagonale avec de petites étoiles blanches – qui représentait les États du Sud, opposés à l’abolition de l’esclavage, lors de la guerre de Sécession (1861-1865). Le retrait de cet emblème a été approuvé dimanche par la Chambre des représentants du Mississippi à une majorité de 91 voix contre 23. Le vote a déclenché des clameurs d’approbation dans la galerie du public. Puis le Sénat a approuvé à son tour la disposition par 37 voix contre 14, et des sénateurs ont célébré le vote par des acclamations et des embrassades. Le Mississippi est le seul État à avoir l’emblème sudiste sur son drapeau depuis que la Géorgie l’a abandonné en 2003. — Agence France-Presse

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