Science

À petites doses

Quelques milligrammes de toute l'actualité scientifique de la semaine

Téléphone portable et effet caméléon

Si vous êtes en compagnie de plusieurs amis et que l’un d’eux consulte son téléphone portable, la moitié du groupe imitera ce comportement dans un délai de 30 secondes. C’est la conclusion à laquelle est arrivée une équipe de chercheurs de l’Université de Pise, en Italie. Pour arriver à ces conclusions, l’équipe a observé 88 femmes et 96 hommes dans 820 situations différentes. Ce comportement, nommé effet caméléon, s’explique par le fait que les humains ont tendance à imiter les autres pour mieux s’intégrer au groupe. Très souvent, une personne imitera d’ailleurs certains gestes d’un voisin sans même s’en rendre compte. Les résultats de cette étude ont été publiés dans Journal of Ethology à la mi-avril.

Quiz

Combien de personnes vivent avec un déficit écologique ?

Presque les trois quarts de la population mondiale vivent dans un pays aux prises avec un déficit écologique. C’est-à-dire que la demande pour les ressources naturelles dépasse l’offre. Ce sont les conclusions d’une récente étude du Global Footprint Network qui a mesuré la biocapacité des pays entre 1980 et 2017. En presque 40 ans, cette proportion est donc passée de 57 % à 72 %. Le rapport montre que ce sont principalement les populations des pays les plus pauvres qui sont les plus durement frappées.

Le chiffre

18 %

La Swiss Re, l’une des plus importantes compagnies d’assurances du monde, a estimé récemment les coûts associés à différents scénarios pour faire face à l’urgence climatique. Ces coûts ont été calculés pour 48 pays qui représentent 90 % de l’économie mondiale. Dans le scénario où aucune action sérieuse n’est mise de l’avant, il faudra prévoir une hausse des températures moyennes de 3,2 oC et une baisse du produit intérieur brut (PIB) de l’ordre de 18 % en 2050. À l’opposé, si les gouvernements de ces 48 nations se donnaient les moyens d’atteindre la cible de l’Accord de Paris, soit de contenir le réchauffement sous les 2 oC, le PIB mondial reculerait seulement de 4 %. Pour le Canada, le PIB diminuerait de 4 % (+ 2 oC) à 9 % (+ 3,2 oC), selon le scénario.

Des pesticides de plus en plus toxiques pour les abeilles

Les pesticides sont de plus en plus toxiques pour les abeilles, ont constaté des chercheurs allemands dans une étude qui vient d’être publiée dans la prestigieuse revue Science. Une équipe de l’Université de Coblence-Landau, en Allemagne, a analysé des données américaines sur les pesticides entre 1992 et 2016, et les a comparées à d’autres données sur leur toxicité pour différentes espèces de plantes, de mammifères, d’oiseaux et d’insectes pollinisateurs. Malgré une diminution de la quantité de pesticides utilisés au fil des ans, les chercheurs ont découvert que les produits utilisés sont plus toxiques, pour les abeilles notamment. Entre 2005 et 2016, leur toxicité a grimpé de 80 %, principalement en raison de l’utilisation grandissante de néocotinoïdes, surnommés les « tueurs d’abeilles ».

Racisme environnemental

Les différents indicateurs en matière d’économie et de santé sont généralement défavorables aux Noirs et aux Latinos-Américains aux États-Unis. Or, une récente étude publiée dans Science Advances par des chercheurs de l’Université de l’Illinois permet de mesurer encore mieux le phénomène. Les résultats montrent que ces communautés sont plus exposées que les Américains blancs à presque tous les types de pollution de l’air, qu’ils proviennent des véhicules routiers, de sources industrielles, agricoles ou de l’industrie de la construction. Les populations noires, par exemple, sont surexposées aux sept différentes sources de pollution mesurées par l’étude. Sauf pour la pollution de source agricole, les taux d’exposition sont tous supérieurs à la moyenne nationale d’au moins 20 %.

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