Bombe dans une boîte aux lettres

L’enquête fermée deux ans plus tard

Deux ans après l’explosion d’une bombe placée dans une boîte aux lettres qui avait blessé une sexagénaire à Senneville, dans l’ouest de l’île de Montréal, le Service de police de la Ville de Montréal vient de fermer le dossier sans avoir pu identifier les auteurs de l’attentat.

Les enquêteurs de la section des incendies criminels pourraient toutefois redémarrer rapidement l’enquête s’ils reçoivent une information qui permettrait de dénouer l’impasse.

Cette affaire déjà inusitée le devient encore plus lorsqu'on lit la description de l’engin explosif faite par les enquêteurs.

« L’expertise de la scène démontre qu’il s’agit d’un engin explosif improvisé (EEI) que l’on peut qualifier d’engin à conception élaborée. La personne qui a conçu cet EEI possédait des connaissances en la matière », écrit l’enquêteur Hugo Gilbert dans une déclaration sous serment au soutien d’un mandat de perquisition que La Presse a obtenue.

Rappelons que le soir du 6 juin 2018, sur le chemin Senneville, Zeljka Draca, 68 ans, a sorti un colis de sa boîte aux lettres, puis celui-ci lui a explosé au visage.

C’est un passant qui lui a porté secours et qui a composé le 911.

Détecteur de mouvement au mercure

L’engin, de type « bombe tuyau », était constitué d’un tuyau ABS noir fermé aux deux extrémités.

Il contenait de la poudre noire et des écrous, dans le but de causer le plus de blessures possible (shrapnel).

Un détecteur de mouvement avec des niveaux de mercure aurait déclenché l’engin, qui était également muni d’une minuterie. Le colis était de forme triangulaire et se trouvait dans une boîte d’UPS. Or, l’autocollant apposé sur celui-ci était faux, et jamais le colis n’a transité par les bureaux d’UPS.

Le colis a été laissé dans la boîte aux lettres de Mme Draca, mais était destiné à un voisin de cette dernière.

C’est le concepteur de l’engin explosif ou un complice qui aurait déposé lui-même le colis dans la boîte aux lettres entre le 29 mai et le 5 juin, croit la police.

Manipulé la veille

La veille du drame, le 5 juin, un autre membre de la famille Draca a constaté la présence du colis dans la boîte aux lettres. Il l’a toutefois laissé là lorsqu’il s’est aperçu qu’il était adressé à un voisin, pensant que le facteur le reprendrait, selon le témoignage de cette personne cité dans le document judiciaire.

Les enquêteurs de la section des incendies criminels n’ont pas ménagé les efforts et ont interrogé plusieurs personnes, dont des membres de la famille immédiate, certaines de leurs connaissances et autres.

La déclaration sous serment de l’enquêteur Gilbert a été présentée à un juge dans le but d’obtenir une autorisation permettant d’avoir accès au registre du téléphone cellulaire d’un suspect potentiel, mais les analyses n’ont pas été concluantes.

Les enquêteurs ont également demandé et obtenu le registre de localisation du téléphone cellulaire d’au moins une autre personne, sans plus de succès.

L’équipe intégrée de sécurité nationale (EISN) a été informée de cette affaire, mais n’aurait pas participé à l’enquête.

Selon le document judiciaire, la propriété où l’événement est survenu est évaluée à 3 millions.

Toute personne qui aurait des informations permettant de faire progresser l’enquête peut communiquer avec Info-Crime Montréal au 514 393-1133.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

Militaires en CHSLD

« Au nom de tous les citoyens du Québec, on vous dit merci ! »

Un groupe de députés a visité les installations des Forces armées canadiennes à Laval lundi afin de remercier les militaires pour l’aide apportée dans les CHSLD pendant la pandémie.

L’initiative venait du député de Vachon, Ian Lafrenière, adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique et lui-même réserviste au sein de l’armée.

« On voulait, comme représentants des Québécois, souligner l’excellent travail des Forces », a-t-il dit lors de son passage au manège militaire, près de l’autoroute 15. M. Lafrenière était entouré de collègues de la Coalition avenir Québec et du Parti libéral, ainsi que du député indépendant de Chomedey, Guy Ouellette.

« Au nom de tous les citoyens du Québec, on vous dit merci », a lancé Ian Lafrenière devant une rangée de soldats au garde-à-vous, espacés de deux mètres.

« Vous avez sauvé des vies », a renchéri le député de Bourget, Richard Campeau.

« Vous avez aussi contribué à redonner une dignité aux gens », a-t-il ajouté.

Proche du cœur

Le brigadier-général Gervais Carpentier, commandant de la Force opérationnelle interarmées Est, s’est dit très fier du travail des troupes qui sont venues épauler le personnel soignant dans les CHSLD. Il a souligné que les militaires travaillent souvent dans l’ombre, ou à l’étranger, mais que cette mission les avait mis en contact étroit avec la population du Québec, dans un rôle qui demandait beaucoup d’empathie.

« Je pense que ç’a permis de faire découvrir un autre aspect des Forces armées canadiennes », dit-il.

« On est bien fiers. C’est notre mandat de protéger les Canadiens et les Canadiennes, et quand on le fait chez nous, c’est toujours plus proche de notre cœur », a-t-il déclaré.

Le brigadier-général a par ailleurs profité de l’occasion pour rendre hommage aux travailleurs du réseau de la santé du Québec. « On aimerait saluer le courage des hommes et des femmes du milieu de la santé qui tenaient la situation à bout de bras quand on est arrivés », a-t-il déclaré.

Réseau structurant de transports en commun de Québec

Le trambus abandonné pour financer le tramway plus cher que prévu

Québec — Il n’y aura finalement pas de trambus dans le réseau structurant de transports en commun de Québec. Le bureau de projet réhabilite en lieu et place les moins coûteux autobus articulés, ce qui lui permet d’économiser 700 millions qui seront investis dans le tramway, nettement plus cher qu’estimé.

Pour justifier la décision, les experts de la Ville avancent qu’il n’y aurait pas assez de passagers entre Limoilou et l’Université Laval pour justifier l’investissement. « L’offre de trambus serait trop capacitaire pour la demande attendue », a expliqué Alejandro Calderon-Quintero, responsable de l’intégration urbaine – Architecture et design urbain. « On passe d’un trambus articulé à un métrobus articulé. »

Une nouvelle ligne de métrobus fera donc son apparition en Basse-Ville, sur le boulevard Charest notamment. Puisque les véhicules circuleront sur des voies réservées, sans aménagements particuliers, l’implantation sera beaucoup moins chère que celle d’un trambus roulant sur une plateforme spéciale.

« Ce n’est pas que le trambus disparaît. C’est que le trambus est remplacé », insiste Daniel Genest, directeur du bureau de projet. Il répète : le métrobus articulé permettra de répondre amplement à la demande.

Surtout, il y a des économies importantes à la clé : autour de 700 millions. Des millions requis pour construire une « colonne vertébrale super solide » au réseau structurant de transports en commun, plaide-t-il. Une colonne vertébrale se matérialisant dans le tramway de 22 km qui coûtera 3,1 milliards au lieu de 2,35 milliards, selon les évaluations financières revues et corrigées.

« C’est le bon moment de faire des choix judicieux », note M. Genest, soulignant que le bureau de projet a multiplié les ajustements au cours des dernières semaines, avant d’inviter des entreprises à soumissionner.

Labeaume confiant

Le maire de Québec, Régis Labeaume, affirme d’ailleurs que l’abandon du trambus est le dernier changement majeur. Le temps serait venu de lancer les appels d’offres afin de profiter d’un marché de la construction qu’il juge favorable – il espère notamment épargner sur le coût du tunnel du tramway sous la Haute-Ville.

La mise de côté du trambus, une des composantes importantes du réseau structurant de transports en commun, ne nuirait pas à la valeur de l’entreprise : autant de passagers pourront être transportés, fait-il valoir. « Ce qui compte pour moi, c’est le résultat final. »

Et cela lui évite de devoir retourner vers les gouvernements supérieurs afin de demander plus d’argent. « Ce qui est écarté, c’est de dépasser 3,3 milliards. »

QUÉBEC 21 DEMANDE À LA CAQ DE GELER LE BUDGET DU TRAMWAY

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec, Jean-François Gosselin, demande au gouvernement d’intervenir, même de geler le budget du projet de tramway en attendant les prochaines élections municipales.

« Je vais écrire au premier ministre demain », a affirmé l’élu au cours d’un point de presse. « Je demande au gouvernement du Québec s’il continue d’endosser ce projet-là. »

Montréal

Un chauffeur de la STM blessé dans une collision

Une collision entre un autobus de la Société de transport de Montréal et un camion-remorque de 53 pieds a eu lieu lundi matin à Montréal-Nord. Le chauffeur d’autobus a été gravement blessé, mais les autorités ne craignent plus pour sa vie. L’accident est survenu lundi vers 9 h à l’intersection du boulevard Henri-Bourassa et de l’avenue Pelletier. Selon le Service de police de la ville de Montréal (SPVM), un camion-remorque de 53 pieds était arrêté à un feu rouge lorsque l’autobus de la ligne 469 est entré en collision avec lui. Le conducteur du camion, un homme de 60 ans, n’a subi aucune blessure. Le chauffeur de l’autobus, 46 ans, a été blessé à la jambe et a été transporté à l’hôpital, a précisé Amélie Régis, de la Société de transport de Montréal (STM). « Il est resté coincé à l’intérieur », a expliqué le porte-parole du SPVM, Benoit Boisselle, qui a ajouté que la vie du chauffeur n’était « plus en danger ». Il y avait cinq passagers à bord de l’autobus. Un seul a été blessé légèrement à la tête, soit un homme de 56 ans, mais il n’a pas été transporté à l’hôpital. — Véronique Lauzon, La Presse

Précision

David Owen

Dans un article publié samedi, nous faisions état de l’association passée entre le promoteur immobilier David Owen et Tony Magi, un entrepreneur en construction proche de la mafia assassiné en 2019. M. Owen nous informe que cet ancien partenariat remonte à une vingtaine d’années et qu’il a duré seulement six mois. David Owen souligne aussi qu’il n’a jamais parlé à Nick Rizzuto, l’un des collaborateurs de M. Magi qui faisait partie du crime organisé.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.