COVID-19 France

« Le président a été vacciné sur prescription médicale. »

— L’entourage de l’ex-président Nicolas Sarkozy, sous le feu des critiques, a justifié ainsi qu’il eut reçu une première dose de vaccin contre la COVID-19 même s’il ne fait pas partie des groupes prioritaires en France. (AFP)

Birmanie

La répression militaire cause un premier mort

La répression orchestrée par les militaires birmans a fait un premier mort vendredi, une jeune fille blessée par balle la semaine dernière devenue une icône pour les manifestants qui continuent à se mobiliser pour dénoncer le putsch. Une bonne partie de la Birmanie s’est soulevée quand la junte a déposé la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi le 1er février et l’a placée en résidence surveillée. Les forces de sécurité birmanes ont montré leur détermination à réprimer tout mouvement de contestation en utilisant gaz lacrymogène, canons à eau et balles en caoutchouc pour disperser des rassemblements pacifiques. Mya Thwate Thwate Khaing, 20 ans, a reçu une balle dans la tête au cours d’une manifestation violemment réprimée à Naypyidaw, la capitale administrative, le 9 février. Depuis, des manifestants défilent avec sa photo et une bannière de 15 mètres de long à son effigie a été déployée sur un pont. L’hôpital où elle a été admise a confirmé qu’elle était morte peu avant midi vendredi, après 10 jours passés en soins intensifs. Un responsable de cet établissement a précisé qu’une autopsie serait pratiquée. — Agence France-Presse

Dubaï

L’ONU veut des preuves de vie de la princesse Latifa

Après Londres, l’ONU a annoncé vendredi qu’elle réclamait aux Émirats arabes unis des preuves de vie de la princesse Latifa, la fille du souverain de Dubaï, qui dit être retenue en « otage » et craindre pour sa vie dans des vidéos diffusées cette semaine par des médias britanniques. L’ambassade des Émirats à Londres a assuré dans un communiqué, publié quelques heures plus tard, que la princesse était « prise en charge chez elle » et que « son état s’amélior[ait] » : « Nous espérons qu’elle reprendra une vie publique en temps voulu. » Une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Liz Throssell, interrogée sur les vidéos, a indiqué aux médias que le cas de la princesse avait été soulevé jeudi auprès de la mission permanente des Émirats à Genève. Le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, avait déjà demandé, mercredi, des preuves de vie. La princesse de 35 ans, fille de Mohammed ben Rached al-Maktoum, dirigeant de l’émirat de Dubaï et premier ministre des Émirats arabes unis, avait en vain tenté de s’évader en bateau de cette cité-État du Golfe en 2018, avant d’y être ramenée.

— Agence France-Presse

Géorgie

Des militants d’opposition arrêtés sur fond de crise politique

Des dizaines de manifestants d’opposition exigeant des élections législatives anticipées ont été interpellés vendredi en Géorgie, au lendemain de la démission du premier ministre sur fond de crise politique. Des centaines de protestataires se sont réunis devant le parlement de ce pays du Caucase pour soutenir les appels à de nouvelles élections de l’opposition, qui dénonce les législatives d’octobre, selon elle entachées de fraudes. Plusieurs manifestants ont été frappés par la police et emmenés dans des ambulances, selon des images diffusées par la chaîne Formula TV. « L’arbitraire de la police n’a pas de limites. Ils ont recours à la répression malgré les appels de l’opposition en faveur d’une désescalade de la confrontation politique », a réagi auprès des journalistes Levan Khabeïchvili, l’un des responsables du principal parti d’opposition, le Mouvement national uni (MNU). Cette manifestation fait suite à la démission jeudi du premier ministre Guiorgui Gakharia, qui a quitté ses fonctions pour protester contre la décision d’un tribunal d’ordonner le placement en détention provisoire de Nika Melia, dirigeant du MNU, parti de l’ex-président en exil Mikheïl Saakachvili. Nika Melia est accusé d’avoir organisé des « violences de masse » lors des manifestations d’envergure qui ont secoué pendant près d’une semaine le pays en 2019 et encourt neuf ans de prison. Retranché dans le siège de son parti à Tbilissi, il est soutenu par la quasi-totalité des formations d’opposition. — Agence France-Presse

Norvège

Le gouvernement veut dépénaliser l’usage de stupéfiants

Le gouvernement norvégien a proposé vendredi de dépénaliser la possession et la consommation de petites quantités de stupéfiants, jugeant que leurs utilisateurs devaient être traités comme des malades plutôt que des délinquants. « Plusieurs décennies de répression nous ont enseigné que punir ne fonctionne pas. Au contraire, la punition peut aggraver les choses », a déclaré lors d’une conférence de presse Guri Melby, cheffe du parti libéral au pouvoir, qui porte la réforme. « Les toxicomanes doivent recevoir de l’aide, pas une sanction », a-t-elle ajouté. Selon le projet du gouvernement de centre droit, la possession et la consommation de moindres quantités de stupéfiants ne donneraient plus lieu à une sanction pénale mais à une obligation de consulter des services sociaux pour une assistance, une information et un suivi sanitaires. Le gouvernement étant minoritaire au Parlement, l’adoption de la réforme dépend du soutien, encore incertain, d’une partie au moins de l’opposition, ce qui pourrait donner lieu à des tractations susceptibles de modifier le contenu. La proposition a été saluée par les organisations de protection des toxicomanes. La Norvège, comme ses voisins nordiques, affiche une mortalité par habitant en lien avec la toxicomanie parmi les plus élevées d’Europe.

— Agence France-Presse

Pérou

Un scandale vaccinal indigne le pays

Lima — Un ex-président, deux ministres, des fonctionnaires, des universitaires, des hommes d’affaires et le nonce apostolique : au Pérou, le scandale autour de la vaccination en toute discrétion de 487 personnalités, avant même le début de la campagne d’immunisation, n’en finit pas de faire des vagues.

Baptisé le « Vacunagate » (vaccingate), le scandale a éclaté le 12 février lorsqu’un quotidien a révélé que l’ex-président Martín Vizcarra (2018-2020), destitué en novembre par le Parlement, s’était vu administrer le vaccin du laboratoire chinois Sinopharm dès le mois d’octobre, avant même son homologation officielle le 31 décembre.

Il s’est ensuite étendu au gouvernement intérimaire de son successeur, le président Francisco Sagasti. La justice, le Parlement et le gouvernement ont alors diligenté des enquêtes car l’indignation est grande dans le pays de 33 millions d’habitants très durement touché par la pandémie (plus de 44 000 décès et 1,26 million de cas).

C’est le président Sagasti lui-même qui a révélé lundi qu’en tout 487 personnes avaient été indûment vaccinées avant même le lancement de la campagne nationale qui a débuté le 9 février en visant le personnel de santé.

La liste complète a été publiée le lendemain par les médias : y figurent 122 fonctionnaires, dont 16 membres du gouvernement démis depuis de leurs fonctions. Parmi eux, les ministres des Affaires étrangères, Elizabeth Astete, et de la Santé, Pilar Mazzetti, qui ont démissionné, ainsi que le vice-ministre de la Santé vacciné avec six membres de sa famille.

Avant sa démission, Mme Mazzetti avait déclaré devant le Parlement qu’en tant que « capitaine du navire », elle serait la dernière responsable sanitaire à être vaccinée. Elle était immunisée depuis le 22 janvier.

Des doses destinées aux essais cliniques utilisées

« La plupart des vaccinations ont eu lieu en septembre et octobre » sous la présidence de M. Vizcarra, a expliqué jeudi le président Sagasti, 76 ans, qui a reçu une première dose le 9 février au premier jour de la campagne.

Les 487 bénéficiaires ont été vaccinés avec une partie des 3200 doses supplémentaires livrées par Sinopharm dans le cadre de l’essai clinique du vaccin mené sur 12 000 volontaires péruviens.

Huit fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères indûment vaccinés faisaient partie de l’équipe qui a négocié l’acquisition des doses avec la Chine.

Pour la directrice de l’association Transparencia, Adriana Urrutia, « les principes de probité, de vérité et de transparence ont été violés. Ce sont des incidents très graves », a- t-elle estimé auprès de l’AFP.

Scandale en Argentine

La vaccination se trouve au cœur d’un autre scandale politique, cette fois du côté de l’Argentine.

Le ministre de la Santé argentin, Ginés González García, a démissionné vendredi à la demande du président Alberto Fernandez, après des révélations selon lesquelles il proposait à ses amis de se faire vacciner au ministère sans prendre rendez-vous dans un hôpital.

« Je démissionne de mon poste de ministre de la santé en réponse à votre demande expresse », a écrit González García vendredi dans une lettre au président.

Le scandale a provoqué une déferlante de réactions sur les réseaux sociaux sous le hashtag #vacunasvip (vaccinsVIP).

— Agence France-Presse

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