Guerre en Ukraine

Céréales en route vers le Liban

Après inspection à Istanbul, le premier navire transportant des céréales exportées par l’Ukraine a mis le cap vers le Liban. Sur le terrain, la Russie a mené des frappes près de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, région rarement touchée par des frappes de Moscou.

Ce qu’il faut savoir

Le Razoni a pris la direction de Tripoli, au Liban, avec le premier chargement de céréales exportées par l’Ukraine depuis le début de la guerre.

La Russie a mené des frappes aux quatre coins de l’Ukraine, y compris près de Lyiv, dans l’ouest.

Le secrétaire général de l’ONU lancera une enquête pour faire la lumière sur le bombardement d’une prison en zone séparatiste prorusse la semaine dernière.

Les États-Unis ont ratifié les protocoles d’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN.

Céréales en route vers le Liban

Des experts turcs, russes et ukrainiens ont inspecté mercredi, près d’Istanbul, le navire transportant le premier chargement de céréales exportées par l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe, avant que le cargo ne reprenne sa route à destination du Liban. Cette inspection marquait la fin d’une « phase de test » des opérations de mise en œuvre de l’accord international signé en juillet à Istanbul en vue d’enrayer la crise alimentaire mondiale, a souligné le secrétariat du Centre conjoint de coordination, qui supervise les exportations. « L’équipe d’inspection a pu s’entretenir avec l’équipage et s’enquérir du trajet effectué dans le couloir maritime humanitaire dédié en mer Noire », a-t-il précisé avant d’ajouter que « les exportations de millions de tonnes de blé, de maïs et autres céréales doivent se poursuivre au départ de trois ports ukrainiens ». L’inspection s’est déroulée conformément au souhait de la Russie qui veut s’assurer de la nature de la cargaison. Le Razoni, battant pavillon de la Sierra Leone, avait quitté lundi le port ukrainien d’Odessa, sur la mer Noire, avec 26 000 tonnes de maïs à destination de Tripoli, au Liban. Selon Kyiv, 16 autres bateaux chargés de céréales sont en attente de quitter Odessa.

Frappes russes d’est en ouest

Sur le terrain militaire, l’armée russe a bombardé la ville de Tchougouïv, dans le nord-est de l’Ukraine, faisant un mort et deux blessés, a annoncé sur Facebook un responsable de la police de la région de Kharkiv, Serguiï Bolvinov. Il a précisé que la personne tuée et un des blessés sont « des citoyens russes ». Kharkiv, la deuxième ville ukrainienne, proche de la frontière russe, a été la cible de deux frappes dans la nuit de mardi à mercredi à partir du territoire russe, selon les autorités régionales. Par ailleurs, l’armée russe a annoncé mercredi avoir détruit un dépôt d’armes étrangères dans la région de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, avec « des missiles de haute précision ». La ville de Mykolaïv, dans le sud, a de nouveau été bombardée dans la nuit, a annoncé le gouverneur régional, Vitali Kim, sur Telegram. Un supermarché et une pharmacie ont été détruits et une école équestre a été touchée, a-t-il assuré. Dans le bassin du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, Pavlo Kyrylenko, le gouverneur de la région de Donetsk, dans l’épicentre des combats, a fait état mercredi de quatre civils tués au cours des dernières 24 heures.

Prison bombardée : le chef de l’ONU lance une enquête

Le secrétaire général de l’ONU va lancer une mission d’enquête pour découvrir la « vérité » sur les explosions la semaine dernière dans la prison d’Olenivka, dans une zone séparatiste prorusse de l’est de l’Ukraine. « J’ai décidé […] de lancer une mission d’enquête » après avoir « reçu les requêtes de la Fédération de Russie et de l’Ukraine », a dit António Guterres, lors d’une conférence de presse, précisant être en train de chercher les personnes adéquates, « indépendantes et compétentes », pour intégrer cette mission. La semaine dernière, des explosions dans la prison d’Olenivka, où étaient détenus des soldats ukrainiens faits prisonniers à Marioupol, ont fait des dizaines de morts, selon l’armée russe. Moscou accuse Kyiv d’avoir bombardé ce camp de prisonniers, ce que réfutent les autorités ukrainiennes, qui affirment à l’inverse que ces détenus ont été massacrés par les forces russes.

OTAN : un pas de plus pour la Suède et la Finlande

Les États-Unis ont ratifié mercredi les protocoles d’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN. Le Sénat américain a approuvé cette résolution lors d’un vote à une très large majorité, avec les élus des deux partis (95 voix pour, 1 contre). Une majorité des deux tiers était nécessaire pour approuver le texte. « Ce vote historique est un signe important de l’engagement durable et transpartisan des États-Unis à l’OTAN », s’est félicité le président américain Joe Biden dans un communiqué. Le président russe Vladimir Poutine « a tenté d’utiliser la guerre en Ukraine pour diviser l’Occident. Au lieu de cela, le vote d’aujourd’hui montre que l’Alliance est plus forte que jamais », a déclaré peu avant le vote le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer. En comptant les États-Unis, 23 États ont déjà ratifié l’adhésion des deux pays sur les 30 nécessaires, selon le décompte de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

Guerre en Ukraine

Céréales en route vers le Liban

Après inspection à Istanbul, le premier navire transportant des céréales exportées par l’Ukraine a mis le cap vers le Liban. Sur le terrain, la Russie a mené des frappes près de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, région rarement touchée par l’offensive de Moscou.

Ce qu’il faut savoir

Le Razoni a pris la direction de Tripoli, au Liban, avec le premier chargement de céréales exportées par l’Ukraine depuis le début de la guerre.

La Russie a mené des frappes aux quatre coins de l’Ukraine, y compris près de Lviv, dans l’ouest.

Le secrétaire général de l’ONU lancera une enquête pour faire la lumière sur le bombardement d’une prison en zone séparatiste prorusse la semaine dernière.

Les États-Unis ont ratifié les protocoles d’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN.

Un premier de plusieurs chargements de céréales

Des experts turcs, russes et ukrainiens ont inspecté mercredi, près d’Istanbul, le navire transportant le premier chargement de céréales exportées par l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe, avant que le cargo reprenne sa route à destination du Liban. Cette inspection marquait la fin d’une « phase de test » des opérations de mise en œuvre de l’accord international signé en juillet à Istanbul en vue d’enrayer la crise alimentaire mondiale, a souligné le secrétariat du Centre conjoint de coordination, qui supervise les exportations. « L’équipe d’inspection a pu s’entretenir avec l’équipage et s’enquérir du trajet effectué dans le couloir maritime humanitaire dédié en mer Noire », a-t-il précisé avant d’ajouter que « les exportations de millions de tonnes de blé, de maïs et autres céréales doivent se poursuivre au départ de trois ports ukrainiens ». L’inspection s’est déroulée conformément au souhait de la Russie qui voulait s’assurer de la nature de la cargaison. Le Razoni, battant pavillon de la Sierra Leone, avait quitté lundi le port ukrainien d’Odessa, sur la mer Noire, avec 26 000 tonnes de maïs à destination de Tripoli, au Liban. Selon Kyiv, 16 autres bateaux chargés de céréales sont en attente de quitter Odessa.

Frappes russes d’est en ouest

Sur le terrain militaire, l’armée russe a bombardé la ville de Tchougouïv, dans le nord-est de l’Ukraine, faisant un mort et deux blessés, a annoncé sur Facebook un responsable de la police de la région de Kharkiv, Serguiï Bolvinov. Il a précisé que la personne tuée et un des blessés sont « des citoyens russes ». Kharkiv, la deuxième ville ukrainienne, proche de la frontière russe, a été la cible de deux frappes dans la nuit de mardi à mercredi à partir du territoire russe, selon les autorités régionales. Par ailleurs, l’armée russe a annoncé mercredi avoir détruit un dépôt d’armes étrangères dans la région de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, avec « des missiles de haute précision ». La ville de Mykolaïv, dans le sud, a de nouveau été bombardée dans la nuit, a annoncé le gouverneur régional, Vitali Kim, sur Telegram. Un supermarché et une pharmacie ont été détruits et une école équestre a été touchée, a-t-il assuré. Dans le bassin du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, Pavlo Kyrylenko, le gouverneur de la région de Donetsk, dans l’épicentre des combats, a fait état mercredi de quatre civils tués au cours des dernières 24 heures.

Prison bombardée : le chef de l’ONU lance une enquête

Le secrétaire général de l’ONU va lancer une mission d’enquête pour découvrir la « vérité » sur les explosions la semaine dernière dans la prison d’Olenivka, dans une zone séparatiste prorusse de l’est de l’Ukraine. « J’ai décidé […] de lancer une mission d’enquête » après avoir « reçu les requêtes de la Fédération de Russie et de l’Ukraine », a dit António Guterres, lors d’une conférence de presse, précisant être en train de chercher les personnes adéquates, « indépendantes et compétentes », pour intégrer cette mission. La semaine dernière, des explosions dans la prison d’Olenivka, où étaient détenus des soldats ukrainiens faits prisonniers à Marioupol, ont fait des dizaines de morts, selon l’armée russe. Moscou accuse Kyiv d’avoir bombardé ce camp de prisonniers, ce que réfutent les autorités ukrainiennes, qui affirment à l’inverse que ces détenus ont été massacrés par les forces russes.

OTAN : un pas de plus pour la Suède et la Finlande

Les États-Unis ont ratifié mercredi les protocoles d’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN. Le Sénat américain a approuvé cette résolution lors d’un vote à une très large majorité, avec les élus des deux partis (95 voix pour, 1 contre). Une majorité des deux tiers était nécessaire pour approuver le texte. « Ce vote historique est un signe important de l’engagement durable et transpartisan des États-Unis à l’OTAN », s’est félicité le président américain Joe Biden dans un communiqué. Le président russe Vladimir Poutine « a tenté d’utiliser la guerre en Ukraine pour diviser l’Occident. Au lieu de cela, le vote d’aujourd’hui montre que l’Alliance est plus forte que jamais », a déclaré peu avant le vote le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer. En comptant les États-Unis, 23 États ont déjà ratifié l’adhésion des deux pays sur les 30 nécessaires, selon le décompte de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

Turbine Nord Stream 1

Le jeu de Poutine est maintenant clair

Selon Ottawa et Berlin, l’envoi en Allemagne d’une turbine destinée au gazoduc russe Nord Stream 1 a exposé le « bluff » de Vladimir Poutine.

Envoyer une turbine destinée au gazoduc Nord Stream 1 était la meilleure façon de montrer que Vladimir Poutine utilise l’énergie comme une arme, mais aussi que l’Occident est uni dans son appui à l’Ukraine, plaident la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly et son homologue allemande Annalena Baerbock. Pendant ce temps, Gazprom affirme ne pouvoir mettre la main sur la fameuse turbine.

La cheffe de la diplomatie canadienne a souligné que le monde entier voyait maintenant clair dans le jeu de l’homme fort du Kremlin, puisque la turbine de la discorde est en Allemagne depuis des jours et que la société énergétique russe n’en prend pas possession.

« L’idée même derrière notre réflexion, c’était certainement de ne donner aucune forme de prétexte au président Poutine, qui essaie d’utiliser cet enjeu des turbines comme un alibi, comme une façon de créer de la dissension entre alliés », a-t-elle avancé.

« C’était la meilleure façon de maintenir l’unité au sein des alliés », a aussi déclaré Mélanie Joly, évoquant un peu plus tard sa « frustration » au moment de donner le feu vert à ce passe-droit pour Moscou.

À son côté, son invitée allemande, Annalena Baerbock, a opiné, et elle en a profité pour remercier le Canada d’avoir contourné les sanctions et permis une exception pour l’envoi de six turbines dans le cadre de leur maintenance régulière.

« Je sais que cela n’a pas été facile. Mais nous avons pu voir que Poutine bluffait. »

— Annalena Baerbock, ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne

Elle a ajouté au passage que son pays avait trop longtemps préféré le « gaz russe bon marché » et que l’invasion de l’Ukraine avait complètement changé la donne.

Voyant une crise énergétique se profiler, Berlin a commencé à exercer des pressions sur Ottawa il y a environ deux mois dans l’espoir d’obtenir ce compromis. Le Canada a fini par plier, et la turbine qui était en réparation dans les installations montréalaises de Siemens a été expédiée en Allemagne.

« Impossible » de faire venir la turbine

Un peu plus de deux semaines plus tard, elle s’y trouve toujours.

D’ailleurs, peu après la conférence de presse des deux ministres, le propriétaire du gazoduc de 1200 km qui relie la Russie à l’Allemagne, la société Gazprom, publiait sur Twitter qu’elle y était bloquée en raison des sanctions.

« Les régimes de sanctions imposées par le Canada, l’Union européenne et le Royaume-Uni, de même que les disparités entre la situation actuelle et les obligations contractuelles existantes de Siemens font en sorte qu’il est impossible de faire venir la turbine 073 à la station de compression de Portovaïa », a écrit la société.

Mais si la Russie ne s’en sert pas, sinon pour bluffer, pourquoi alors ne pas révoquer le permis ? « C’est une décision commerciale entre Siemens et Gazprom. Le gouvernement du Canada n’est pas impliqué dans cette décision », a soutenu la ministre Joly.

Lorsque le gouvernement Trudeau a annoncé qu’il accordait à Siemens le droit de contourner les sanctions imposées au régime de Vladimir Poutine, le ministre des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, a expliqué que le permis délivré par le Canada était « révocable et d’une durée limitée [de deux ans] ».

La ministre Mélanie Joly et son homologue allemande ont rencontré les médias avant de participer à un déjeuner-causerie organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

La séance a été interrompue par deux manifestants anti-OTAN. La femme et l’homme ont été escortés à l’extérieur de la salle sans incident. « L’OTAN déstabilise l’Europe et le monde », s’est exclamé l’homme en reprochant à la ministre allemande, issue du Parti vert, d’avoir abandonné les positions de sa formation.

Les turbines nécessaires malgré le nucléaire

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a ouvert mercredi la voie à une prolongation de la durée d’exploitation des trois dernières centrales nucléaires en activité en Allemagne. Le pays avait décidé d’en sortir à la fin de l’année.

Cela ne comblerait toutefois pas le besoin énergétique de la population allemande, a dit la ministre Annalena Baerbock.

L’Allemagne a soif de gaz, car l’électricité générée par l’énergie nucléaire ne peut chauffer les maisons, a indiqué la ministre Annalena Baerbock.

Et parce que le virage « à 180 degrés » qui s’opère en Allemagne au chapitre énergétique a été précipité par la guerre en Ukraine, on a un féroce appétit pour l’hydrogène vert et le gaz naturel liquéfié, a ajouté Mme Baerbock.

Son homologue canadienne a signalé qu’il « valait la peine » que l’on explore ces options au pays.

Comité jeudi

Mélanie Joly et Jonathan Wilkinson comparaîtront ce jeudi devant le comité permanent des affaires étrangères et du développement international, qui se penche sur le passe-droit accordé par le gouvernement fédéral.

Ils seront suivis des ambassadrices de l’Allemagne, de l’Ukraine et de l’Union européenne. La cheffe de mission de Kyiv à Ottawa, Yulia Kovaliv, a vigoureusement dénoncé le contournement des sanctions, tandis que son homologue allemande, Sabine Sparwasser, l’a accueilli favorablement.

20 %

Mercredi dernier, Gazprom a réduit à 20 % les livraisons de gaz naturel à l’Allemagne par l’entremise du gazoduc Nord Stream 1.

Source : Gascade, opérateur allemand exploitant le gazoduc

6 %

Les centrales nucléaires encore en activité – en Bavière, Basse-Saxe et Bade-Wurtemberg – représentent 6 % de la production nette d’électricité en Allemagne.

Source : Agence France-Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.