Saguenay

Un deuxième enfant est mort dans l’explosion d’Arvida

L’hypothèse d'un geste délibéré n'est pas écartée

La Sûreté du Québec confirme qu’un homme de 39 ans et ses deux enfants en bas âge ont perdu la vie dans l’explosion survenue dans la rue Dubose, à Arvida, lundi matin. Les enquêteurs se tournent de plus en plus vers l’hypothèse d’un geste délibéré.

Le bambin qui manquait à l’appel a finalement été identifié en début de soirée, mardi, dans la même pièce que son père et son frère de 2 ans. Le père de famille se nomme Dérick Lalancette.

L’individu, dont l’identité n’a pas encore été confirmée par les autorités, pourrait avoir planifié ce geste désespéré depuis un moment. Les policiers tentent toujours de déterminer la substance utilisée pour provoquer la très forte déflagration qui a soufflé le sous-sol de la maison.

D’après nos sources, la Sûreté du Québec aurait déjà établi un contact avec l’employeur de l’homme qui travaillait à la mine Niobec, puisque l’utilisation d’explosifs n’est pas écartée.

« La déflagration était d’une puissance qui ne nous fait pas penser à l’explosion causée par le malfonctionnement d’un appareil domestique. »

– Hugues Beaulieu, porte-parole de la Sûreté du Québec

L’entreprise Niobec a publié un communiqué, en fin de journée, mardi, affirmant « coopérer pleinement avec les autorités compétentes dans le cadre de l’enquête et offrira tout le soutien possible à ses employés pendant cette période difficile ».

La direction a affirmé être profondément attristée par les évènements et offre ses condoléances aux proches. Elle n’émettra pas d’autres commentaires.

Analyses en cours

La coroner Francine Danais se rend dans la région afin de tenter de déterminer les causes et les circonstances de la déflagration. « C’est important pour moi de bien comprendre la scène pour ne plus que ça arrive, ce genre de situation. »

Des représentants du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale ont poursuivi leur analyse de la scène, mardi. MDanais croit qu’ils y passeront également la journée de mercredi. Pendant ce temps, le Service des enquêtes des crimes contre la personne s’affaire à interroger des témoins.

D’après les différentes informations recueillies par Le Quotidien, l’homme était séparé depuis quelques semaines. Son état avait préoccupé ses collègues, mais ceux-ci trouvaient que la situation semblait s’être améliorée un peu avant la période des Fêtes. « Il n’y avait aucun signe qui pouvait laisser présager un tel geste », évoque une personne qui avait vu l’homme au cours des dernières semaines.

Régis Bélanger, un voisin qui a été l'un des premiers témoins de l'explosion, affirme également que l’homme vivait des difficultés depuis quelque temps.

« Je savais que ça n’allait pas très bien et je lui ai dit de ne pas faire de folie. »

– Régis Bélanger, voisin

Tout au long de la matinée mardi, les équipes de la Sûreté du Québec se sont relayées dans le bungalow de la rue Dubose. Un divan, un matelas et des coussins ont été sortis à l’extérieur de même que d’autres éléments.

Peu de curieux s’approchaient du périmètre de sécurité et les voisins immédiats restaient à l’intérieur de leur maison, à regarder parfois par la fenêtre, visiblement sous le choc.

Compte tenu de la puissance de l’explosion, un ingénieur s’est rendu sur place, lundi soir, pour réaliser des travaux d’expertise sur la structure de la propriété afin de s’assurer qu’elle était suffisamment sécuritaire pour que les intervenants puissent y pénétrer pour faire leur travail.

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