CENTRE PHI

S’immerger pour changer… le monde

Le Centre Phi a rouvert ses portes dans le Vieux-Montréal avec Émergences et convergences, exposition estivale qui découle d’une réflexion sur notre expérience du confinement. Les installations immersives sont relaxantes, révélatrices, stimulantes ou drôles. Elles évoquent nos liens retrouvés avec la nature et l’utilité de la technologie pour repenser nos priorités…

Alter Ego

Installation de Moritz Wehrmann, Allemagne

Voici une expérience qui plaira à l’enfant en vous ! Deux personnes, dont les images sont captées par une caméra et travaillées avec une lumière stroboscopique, se retrouvent de part et d’autre d’un double miroir. Vous regardez alors votre image se fondre dans celle de l’autre personne ! Alter Ego est à la fois immersif et fusionnel. Pour instaurer un dialogue, une ouverture à l’autre. Pour s’effacer un peu en faveur de l’autre et participer à une approche plus harmonieuse des relations humaines. Brillant.

A Life in Flowers

Installation, vidéo et intelligence artificielle d’Armando Kirwin et Azuma Makoto, États-Unis/Japon

Près d’un îlot de verdure créé au centre de la salle principale de l’expo – afin de générer un parcours fluide et sécuritaire, mais aussi pour pouvoir s’asseoir ! – se trouve une installation de fleurs embaumées que le Centre Phi avait présentée à la plus récente Biennale de Venise. Adaptée aux circonstances sanitaires actuelles, A Life in Flowers… vous écoute pendant 15 minutes. Vous êtes installé devant un micro. Une voix vous pose des questions sur vos désirs, vos réalisations, vos espoirs. À chacune des réponses, de nouvelles fleurs se forment sur un écran devant vous, pour créer un bouquet. Votre bouquet unique. L’installation étant dans un coin, vous pourrez répondre à voix basse sans que personne vous entende…

Wunderkammer

Réalité augmentée d’Olafur Eliasson, Royaume-Uni

Au rez-de-chaussée, le visiteur est invité à expérimenter, au moyen de son téléphone, une série de créations de l’artiste Olafur Eliasson dans le domaine de la réalité augmentée. On est amené à découvrir, dans le contexte des lieux, de petites œuvres d’art, un insecte en train de voler, des fleurs, une lanterne, etc. Un univers immersif qui mêle réalité et fantaisies. Pour le plus grand plaisir des enfants que nous sommes encore…

La poursuite du temps

Installation vidéo de George Fok (Canada/Hong Kong), 35 min

Voici une projection au mur et au sol totalement divertissante. On peut en profiter debout, assis sur un banc ou étendu sur le sol. Une succession d’images mouvantes et colorées accompagnées d’une trame sonore parfois intense, parfois douce et reposante. Un moment d’arrêt que George Fok a voulu « pensif et thérapeutique ». Des effets visuels immersifs qui alternent ambiance dynamique et atmosphère zen.

L’État des matières

Animations et impressions numériques de Katherine Melançon, Canada

Une première œuvre, intitulée Nature morte Montreal series, – Outremont 1, une image déformée de végétaux d’Outremont, est imprimée sur trois pans de polyester suspendus au plafond et qui bougent au gré des mouvements de l’air de la salle. Création entre réalité biologique et manipulation humaine. Les deux autres œuvres sur fond noir contiennent des images de plantes et de fleurs du quartier Centre-Sud de Montréal et d’un parc national britannique. Une impression et des animations presque imperceptibles, au ralenti, d’une végétation transformée par numérisation. Un travail délicat, entre abstraction et nature morte.

Domestic Landscape : Eclipse, vidéo, et Alpenglow et Aurora

Impressions jet d’encre, de Sabrina Ratté, Canada

Le travail numérique de l’image est la spécialité de Sabrina Ratté. Le Centre Phi nous montre trois de ses œuvres de 2017 et 2018, une animation et deux impressions. Des créations assez classiques par rapport à sa démarche. La vidéo n’en demeure pas moins une immersion intéressante, avec sa combinaison entre architecture, milieu aquatique, environnement sonore lancinant (signé Andrea-Jane Cornell) et effets lumineux envoûtants. Les deux autres œuvres abordent des espaces tout aussi utopiques et mystérieux grâce à un savant jeu de miroirs et de lumières.

Cité Laboratoire

Installation, photographie et dessin de Daniel Corbeil, Canada

Datant de 2012, cette œuvre est une réflexion architecturale et politique dans le sens où elle propose une vision de la vie communautaire en harmonie avec les plantes, le soleil et la pluie, dans une optique autarcique. Sorte d’utopie en 2012, qui combine urbanisme et écologie, mais depuis, bien des sociétés humaines ont progressé dans cette direction.

The Road to Enlightenment

Bronze laqué de Marc Quinn

Les trois commissaires de l’expo, Cheryl Sim, Phoebe Greenberg et Myriam Achard, ont ajouté aux immersions des œuvres de la collection de Mme Greenberg, dont celle-ci de l’artiste londonien Marc Quinn, mais aussi d’autres de David Altmejd, Jean-Michel Othoniel, Bill Viola ou encore Alexis Charpentier.

« Émergences et convergences est une invitation à s’immerger dans une exposition abordant le thème de l’humanité et son rapport à la planète, ainsi que l’ensemble des êtres vivants, dit Phoebe Greenberg, fondatrice et directrice de PHI. Après des mois de confinement, la chance nous est offerte de repenser nos valeurs et de comprendre de quoi sera fait demain. »

Émergences et convergences, au Centre Phi, jusqu’au 6 septembre

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