La carboneutralité : des réponses à vos questions

On entend de plus en plus parler de carboneutralité. Mais de quoi s’agit-il au juste ? Voici des réponses à vos questions.

Qu’est-ce que la carboneutralité ?

La carboneutralité — aussi désignée par les expressions « zéro émission nette » ou « neutralité climatique » — se veut une démarche environnementale qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère ou à compenser celles qui n’ont pu être éliminées. Ce concept ne signifie donc pas une élimination complète des émissions GES. Il implique plutôt une diminution massive de celles-ci, tout en tolérant un certain niveau d’émissions résiduelles qui doivent toutefois être compensées.

Pourquoi la carboneutralité est-elle importante ?

Pour lutter contre les effets catastrophiques des changements climatiques, la communauté scientifique s’entend sur l’importance cruciale de limiter le réchauffement global de la planète à 1,5 degré Celsius. Or, l’un des principaux moyens d’y arriver consiste à réduire significativement les GES produits par les activités humaines. Ces derniers s’accumulent en effet dans l’atmosphère, ce qui fait augmenter les températures mondiales moyennes et favorise les changements climatiques. C’est pourquoi les experts environnementaux recommandent la réduction de moitié des émissions de GES d’ici une dizaine d’années et l’atteinte de la carboneutralité à l’échelle mondiale d’ici 2050.

Comment atteint-on la carboneutralité ?

Différentes actions peuvent être prises pour parvenir à la carboneutralité. La réduction des GES peut notamment s’effectuer en posant des actions — comme électrifier davantage les procédés ou optimiser sa consommation d’énergie — pour diminuer à la source leurs émissions. Cela dit, comme il s’avère difficile dans notre monde moderne d’éliminer 100 % de nos émissions de GES, la plupart des économies et des secteurs s’engagent plutôt dans des activités compensatrices afin de devenir carboneutres. Dans ce cas, des actions telles que la plantation d’arbres, la modification des pratiques agricoles ou la protection des terres humides peuvent être utilisées pour séquestrer naturellement le dioxyde de carbone, l’un des principaux GES. Les approches technologiques pour éliminer artificiellement le carbone constituent une autre possibilité. Ces activités compensatrices peuvent également s’effectuer en soutenant des mesures de réduction des émissions de GES à l’étranger — ce qu’on appelle des crédits carbone —, en protégeant des forêts contre la déforestation ou en améliorant l’efficacité énergétique d’une usine, par exemple.

Qui s’engage à atteindre la carboneutralité ?

Les experts s’entendent pour dire que pour atteindre la carboneutralité, tout le monde devra prendre des mesures de décarbonisation. Au cours des dernières années, plus de 120 pays se sont engagés à atteindre la carboneutralité d’ici 2050, dont plusieurs pays du G7 comme le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, la France et le Japon. Des centaines de villes aux quatre coins du monde, comme Montréal, Toronto, Berlin et Melbourne visent aussi cet objectif. Les entreprises et les institutions — publiques et privées — sont également de plus en plus nombreuses à travers le monde à prendre de tels engagements.

Existe-t-il une loi canadienne sur la carboneutralité ?

En novembre 2020, le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique a déposé à la Chambre des communes le projet de Loi concernant la transparence et la responsabilité du Canada dans le cadre de ses efforts pour atteindre la carboneutralité en 2050. Celle-ci propose notamment de fixer officiellement la carboneutralité à titre de cible nationale en matière de GES pour 2050. Elle prévoit aussi que des cibles intermédiaires nationales seront fixées par le ministre pour 2030, 2035, 2040 et 2045. Ce projet de loi marque donc une avancée significative dans la lutte contre les changements climatiques au pays.

La carboneutralité s’avère essentielle pour que les générations futures grandissent dans un monde sûr où il fera bon vivre.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.