Accusation de viol

Le ministère de la Justice de Biden veut défendre Trump

New York — Le ministère de la Justice de Joe Biden assurera-t-il la défense de Donald Trump face à une éditorialiste qui l’accuse de l’avoir violée dans les années 90 et le poursuit en diffamation ? Contre toute attente, le Ministère en a fait la demande, bien qu’un juge eut estimé en octobre que ce n’était pas son rôle.

Dans une requête déposée devant une cour d’appel new-yorkaise lundi, le Ministère a estimé que la façon dont l’ex-président républicain avait répondu aux accusations de l’éditorialiste était « vulgaire et irrespectueuse ». Trump, alors président, avait affirmé qu’il ne l’avait jamais rencontrée et qu’elle n’était « pas son genre de femme ».

Mais il a estimé que le juge fédéral en première instance, Lewis Kaplan, avait conclu de façon « erronée », en octobre, que les déclarations présumées diffamatoires de Donald Trump n’entraient pas dans le cadre de ses fonctions présidentielles.

« Employé du gouvernement »

Le ministère désormais dirigé par Merrick Garland a souligné que les déclarations faites à la presse par l’ex-président rentraient bien dans le cadre de ses fonctions. Et que le président était bien un « employé du gouvernement » fédéral et, à ce titre, défendable par le Ministère.

E. Jean Carroll, aujourd’hui âgée de 77 ans, et son avocate Roberta Kaplan ont dénoncé cette prise de position inattendue, et émis l’espoir que la cour d’appel rejette les arguments du Ministère.

« Alors que des femmes à travers le pays demandent à des hommes de répondre de leurs agressions, le Ministère essaie de m’empêcher d’exercer ce même droit. Je suis en colère ! Je suis offensée ! »

— L’éditorialiste E. Jean Carroll, dans un communiqué diffusé mardi

« C’est vraiment choquant que l’actuel ministère de la Justice puisse permettre à Donald Trump de mentir impunément là-dessus », a ajouté l’avocate Roberta Kaplan.

« La position du Ministère est non seulement légalement fausse, elle est moralement fausse, et donnerait aux responsables fédéraux la possibilité de couvrir des comportements sexuels inappropriés en brutalisant publiquement toute femme ayant le courage d’en parler ».

Dossier retardé

E. Jean Carroll avait attaqué en novembre 2019 Trump devant un tribunal de l’État de New York, l’accusant de l’avoir diffamée pour avoir qualifié de « mensonge complet » ses affirmations, selon lesquelles il l’a violée dans la cabine d’essayage d’un grand magasin new-yorkais au milieu des années 90.

La demande du Ministère devrait retarder une fois encore ce dossier, dans lequel E. Jean Carroll espérait obtenir prochainement des échantillons d’ADN et une déposition de Donald Trump.

Minnesota

Le chantier d’un oléoduc controversé brièvement bloqué

Lake Itasca — Des militants écologistes et des membres de la communauté amérindienne ont bloqué pendant plusieurs heures lundi le chantier de construction d’un oléoduc controversé au Minnesota, dans le nord des États-Unis, protestant contre les menaces sur l’environnement de ce pipeline entre le Canada et les États-Unis.

Aux cris de « Stop Line 3 » et aux sons des tambours tribaux, plusieurs centaines de manifestants, dont l’actrice et militante écologiste Jane Fonda, ont entravé le chantier à Lake Itasca, avant d’être délogés par la police. 

Construit par la société canadienne Enbridge, l’oléoduc « Line 3 » transporte du pétrole issu de sables bitumineux d’Edmonton, en Alberta, jusqu’aux raffineries de Superior, au Wisconsin.

Mais le nouveau tracé, qui doit permettre d’augmenter les volumes transportés, est contesté par des communautés amérindiennes du Minnesota qui dénoncent le risque de fuites dans les rivières locales, dévastatrices pour leur mode de vie.

Elles dénoncent une violation des traités signés avec le gouvernement américain et demandent au président Joe Biden de révoquer les permis d’Enbridge.

« Enbridge ne devrait pas construire un oléoduc de remplacement qui traverse l’État du Minnesota et des rivières, et, compte tenu du risque pris pour le construire, j’accepte de prendre le risque de l’arrêter », a dit à l’Agence France-Presse Josiah Hanka, militant écologiste.

« Nous avons besoin d’eau, nous avons besoin d’eau pure et pas mélangée à du pétrole », a ajouté Mary Rosenberg, autre manifestante.

Fin avril, Enbridge avait indiqué qu’environ la moitié de la « Line 3 » était déjà construite.

Le Sénat américain vote une loi « historique » pour contrer la Chine

Dans un rare moment d’union entre démocrates et républicains, le Sénat américain a adopté mardi un projet de loi prévoyant des investissements ambitieux dans la science et les technologies, présenté comme un texte « historique » pour contrer la menace économique de la Chine et de son modèle « autoritaire ». Ce plan octroie plus de 170 milliards à la recherche et au développement, dans l’objectif, notamment, d’encourager les entreprises à produire aux États-Unis des semi-conducteurs, pour la plupart fabriqués en Asie. Une pénurie mondiale frappe de nombreux secteurs clés, de l’automobile aux communications, illustrant l’enjeu stratégique de cette production. Le texte a été approuvé par 68 voix contre 32 au Sénat et doit désormais être adopté définitivement, à une date qui n’a pas encore été fixée, par la Chambre des représentants avant d’être promulgué par Joe Biden. La Chine, en guerre économique avec les États-Unis depuis l’ère Trump, est l’un des rares sujets sur lesquels le président démocrate s’est inscrit dans la continuité de son prédécesseur républicain.

— Agence France-Presse

Réunification des familles de migrants

Maigres progrès de l’administration Biden

Les autorités américaines ont annoncé mardi être sur le point de réunir 29 enfants migrants avec leurs familles – dont ils avaient été séparés dans le cadre de la politique de « tolérance zéro » mise en place par Donald Trump –, mais que plus de 2000 restaient potentiellement isolés aux États-Unis. Ces 29 enfants viendront s’ajouter aux 7 ayant déjà retrouvé leurs proches. Ce chiffre représente seulement 1 % des 2127 mineurs « pour lesquels le groupe de travail n’a pas de trace d’une réunification », apprend-on dans un rapport faisant l’état des lieux de cette tâche emblématique du début du mandat de Joe Biden, notamment élu sur une promesse d’adopter une politique migratoire plus « humaine » que son prédécesseur. Il a confié ce dossier à sa vice-présidente, Kamala Harris, qui était au Mexique, mardi, pour s’entretenir de cette question avec le président Andrés Manuel López Obrador, après être passée par le Guatemala la veille.

— Agence France-Presse

Mensonges de Donald Trump

Le Parti républicain a manqué de courage, croit Obama

Le Parti républicain n’a pas eu le courage de dénoncer les mensonges de Donald Trump après l’élection présidentielle et l’assaut contre le Capitole qui a menacé les fondements de la démocratie américaine, affirme Barack Obama dans un entretien à CNN. Dans cette interview, diffusée lundi soir, l’ex-président démocrate dit avoir pensé qu’il existait « suffisamment de garde-fous institutionnels » au sein du « soi-disant establishment républicain » pour qu’il agisse comme un contre-pouvoir face à Donald Trump. M. Obama revient également sur les déclarations du milliardaire républicain niant toute ingérence russe dans l’élection de 2016, puis affirmant qu’il y avait « des gens bien des deux côtés » après les violences entre des membres de l’extrême droite et des manifestants antiracistes à Charlottesville, l’année suivante. « Nous n’avons pas vu le Parti républicain [se lever], mais plutôt être intimidé au point de l’accepter », dit-il. — Agence France-Presse

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