Mali

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Délai, en mois, dans lequel la junte malienne s’est engagée à rétablir un pouvoir civil. Un groupe de colonels a renversé le 18 août le président, Ibrahim Boubacar Keïta, au pouvoir depuis 2013 et affaibli par des mois de contestation face à la crise sécuritaire, économique et institutionnelle traversée par le pays. Des experts désignés par la junte ont adopté une « charte » de transition au terme de trois jours de discussions entre personnalités politiques, de la société civile et militaire. (AFP)

Iran

L’exécution d’un lutteur sème l’indignation à l’étranger

L’Iran a annoncé samedi avoir exécuté un jeune lutteur, Navid Afkari, pour le meurtre d’un fonctionnaire lors de manifestations contre le gouvernement en 2018. Le qesas, c’est-à-dire la « loi du talion », une peine de « rétribution », a été exécuté ce matin dans une prison de Chiraz, a indiqué le procureur général de la province de Fars, Kazem Mousavi. Le Comité international olympique (CIO) s’est dit « choqué » par l’exécution, tandis que l'association Global Athlete a estimé que «  ce gouvernement ne mérite plus le privilège de participer aux compétitions de sport internationales ». À l'annonce du verdict, début septembre, les soutiens avaient afflué en Iran comme à l’étranger après la publication d’informations affirmant que M. Afkari, 27 ans, avait été condamné sur la base d’aveux extorqués sous la torture. Le président américain Donald Trump avait appelé l’Iran à « épargner » la vie d’une « grande vedette de la lutte […] qui n’a fait que participer à une manifestation antigouvernementale ». Le mot-clic en persan #Navid_Afkari a été largement partagé sur Twitter pour soutenir le jeune homme et s’opposer à son exécution. À Londres, un groupe de manifestants a protesté samedi devant l’ambassade d’Iran contre l’exécution.

— Agence France-Presse

Grèce Lesbos

Heurts entre police et migrants, l’ONU presse l’UE de les accueillir

La police a employé samedi des gaz lacrymogènes lors de heurts avec des migrants, à la rue depuis l’incendie du camp de Moria, sur l’île de Lesbos. Alors que les autorités locales tentent depuis vendredi de mettre en place des solutions d’urgence, avec des milliers de tentes dans un grand champ clôturé, les migrants, eux, disent leur ras-le-bol de ce camp sordide où ils attendent depuis des mois, certains des années, d’être transférés. L’incendie, apparemment volontaire, a laissé plus de 11 000 personnes, dont des milliers d’enfants, sans abri depuis le début de la semaine. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les pays de l’Union européenne à faire preuve de « solidarité » et à les accueillir. Samedi, des centaines de migrants, dont de nombreux jeunes hommes, ont manifesté non loin du nouveau camp temporaire, avec des pancartes clamant « Liberté ! » ou « Nous voulons quitter Moria ». Des affrontements ont éclaté quand les manifestants ont jeté des pierres, les policiers leur répondant par des gaz lacrymogènes. Plusieurs personnes ayant du mal à respirer ont été emmenées en ambulance.

— Agence France-Presse

États-Unis

Une statue confédérée retirée à Charlottesville

La ville américaine de Charlottesville a fait tomber samedi la statue d’un soldat confédéré. Elle représentait le soldat tenant un fusil, et avait été érigée en 1909 devant le tribunal du comté d’Albemarle, plus de 40 ans après la fin de la guerre de Sécession. Il s’agit de la première application d’une procédure permettant l’enlèvement de statues confédérées, promulguée par le gouverneur de Virginie, Ralph Northam. Une foule s’est réunie pour assister à l’évènement. La scène s’est déroulée à quelques rues seulement d’une autre statue, celle du général confédéré esclavagiste Robert E. Lee, devant laquelle des centaines de membres de l’ultra-droite avaient manifesté en août 2017, pour protester contre le projet de la municipalité de la déboulonner. Au terme de ce rassemblement, des heurts avaient éclaté entre suprémacistes blancs et contre-manifestants. Un sympathisant néonazi avait alors foncé en voiture dans une foule de manifestants antiracistes, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et faisant 19 blessés.

— Agence France-Presse

Biélorussie 

De nouvelles arrestations brutales

La police a arrêté brutalement samedi plusieurs dizaines de manifestantes participant à un rassemblement de milliers de personnes dans les rues de Minsk pour protester contre les violences policières et la fraude électorale, selon des médias locaux et des défenseurs des droits de l’homme. Un rassemblement pacifique de femmes a eu lieu dans le centre de Minsk samedi. Certaines tapaient sur des casseroles, d’autres scandaient « Ramenez notre Macha », faisant référence au diminutif d’une des cheffes de l’opposition, Maria Kolesnikova, emprisonnée cette semaine après avoir résisté à l’expulsion forcée en déchirant son passeport. Des échauffourées ont éclaté sur la place centrale quand des hommes masqués et cagoulés ont tenté d’arrêter des manifestantes qui les ont repoussés, selon des images diffusées dans les médias biélorusses. Dans une autre vidéo, la police antiémeute jette brutalement des manifestantes dans des fourgons de police. Plus de 40 personnes ont été arrêtées, selon le groupe de défense des droits de l’homme Viasna.

— Agence France-Presse

israël

Les manifestants anti-Nétanyahou ne décolèrent pas

Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi soir à Jérusalem pour réclamer le départ du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, inculpé pour corruption et accusé de mauvaise gestion de la crise sanitaire, à la veille de l’annonce redoutée de nouvelles restrictions. Depuis le début de l’été, et malgré la pandémie de COVID-19 et les fortes chaleurs, des milliers de personnes se réunissent après le sabbat, samedi soir, pour appeler au départ du premier ministre. M. Nétanyahou a été inculpé en novembre 2019 pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires, une première pour un chef de gouvernement israélien en cours de mandat. Samedi, les milliers de manifestants qui ont défilé dans des rues de la ville ont ensuite gagné la résidence du premier ministre, selon un photographe de l’AFP. Les manifestants, portant en grande majorité des masques de protection, accusent également M. Nétanyahou et son gouvernement de n’avoir pas réussi à contenir l’épidémie de COVID-19 et d’avoir mal géré son impact économique.

— Agence France-Presse

Afghanistan

Pourparlers historiques, divergences profondes

Le gouvernement afghan et les talibans ont mené samedi au Qatar, en présence du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, une première journée de négociations de paix historiques qui s’annoncent laborieuses en raison de profondes divergences.

Dès la cérémonie inaugurale à Doha, le négociateur du gouvernement afghan, Abdullah Abdullah, a présenté la principale requête de Kaboul : un « cessez-le-feu humanitaire ». Une mesure dont les insurgés se méfient, craignant de perdre leur principal atout à la table des négociations.

« Notre pays se souviendra de ce jour comme de celui de la fin de la guerre et des souffrances de notre peuple », a espéré l’ancien chef de l’exécutif. L’Union européenne a également demandé un arrêt « immédiat » des combats.

Dans un entretien avec l’AFP, Abdullah Abdullah a indiqué qu’il était « possible » que les talibans acceptent un cessez-le-feu en échange d’une nouvelle opération de libération de prisonniers. « Ce sera à l’équipe de négociateurs de trouver les éléments qui peuvent nous aider à saisir l’occasion », a-t-il relevé.

Quelque 5000 insurgés ont déjà été relâchés par Kaboul contre un millier de membres des forces afghanes dans le cadre d’un échange prévu dans un accord américano-taliban signé en février à Doha.

« L’espoir est […] qu’il y ait une réduction de la violence immédiatement, un cessez-le-feu, ou une discussion sur un cessez-le-feu [et] qu’il y ait au final un accord sur une feuille de route politique, mais aussi sur un cessez-le-feu permanent », a indiqué Zalmay Khalilzad, émissaire américain pour la paix en Afghanistan.

Les deux camps doivent trouver un moyen « de faire aller le pays de l’avant […] et d’accéder aux demandes des Afghans : un pays réconcilié avec un gouvernement qui reflète une nation qui n’est pas en guerre », a déclaré M. Pompeo, qui a quitté Doha dans l’après-midi.

Les discussions se déroulent dans l’hôtel de luxe ayant accueilli en février la signature de l’accord historique entre Washington et les talibans, qui a ouvert la voie aux pourparlers. Ce texte a entériné le départ des forces étrangères d’Afghanistan d’ici mi-2021 en échange de vagues garanties talibanes, dont la tenue de ce « dialogue interafghan ».

Objectifs inconciliables

Ce retrait devrait être achevé « d’ici la fin du mois d’avril », a observé M. Khalilzad, soulignant que 4500 militaires américains devraient encore être stationnés en Afghanistan fin novembre, contre 8600 actuellement.

Le président américain, Donald Trump, est déterminé à mettre fin à la plus longue guerre de l’histoire des États-Unis, mais un règlement rapide du conflit paraît peu probable et l’issue des négociations hautement incertaine.

La première rencontre a été « très positive », a toutefois remarqué Habiba Sarabi, l’une des quatre femmes sur 21 négociateurs gouvernementaux.

Les talibans, qui ne reconnaissent pas le gouvernement de Kaboul, veulent que l’Afghanistan soit régi par un « système islamique » où la loi serait dictée par un islam rigoriste, a rappelé leur négociateur en chef, Abdul Ghani Baradar.

— Agence France-Presse

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