Mobilité active

Pour un ministère des Transports de l’avenir

Alors que la campagne électorale est bien enclenchée, nous, maires et mairesses du Québec, attendons avec impatience de connaître l’identité de la prochaine personne qui occupera le poste de ministre des Transports du Québec.

En effet, afin de faire de nos municipalités des endroits plus sécuritaires et vivants, la collaboration de la nouvelle personne responsable du ministère sera essentielle et nous avons pensé faire connaître nos attentes relativement à la gestion des routes numérotées à cette personne, actuellement candidate à l’élection générale.

Difficile d’intervenir pour sécuriser les routes

Depuis plusieurs années, des municipalités aux quatre coins du Québec dénoncent l’inaction du ministère des Transports du Québec (MTQ) dans la sécurisation des routes sous sa gestion au cœur de nos villes et villages. Ces routes traversent nos milieux de vie et affectent directement la qualité de vie et la sécurité de nos concitoyens. Nous sommes d’ailleurs plusieurs maires et mairesses à avoir lancé un cri du cœur⁠1 il y a quelques mois afin de sonner l’alarme sur cette situation qui affecte toutes les régions du Québec.

Les municipalités essaient de faire leur part pour lutter contre les changements climatiques, mais elles ne peuvent y arriver seules.

Il nous est impossible de favoriser la mobilité active lorsque nos rues principales constituent des barrières, où la vitesse de circulation est trop élevée, que l’automobile y règne en maître, qu’aucune infrastructure n’accueille les piétons et n’encourage une traversée sécuritaire.

Nous souhaitons que la prochaine personne à la tête du ministère des Transports contribue à la réalisation d’un Québec plus sécuritaire et vivant.

Avec la pandémie, nos concitoyens ont découvert ou redécouvert la mobilité active. Le Québec de demain prend en compte les besoins de tous les usagers de la route. C’est une société qui n’accepte plus que les morts fassent partie des « règles du jeu ». C’est un futur où nos routes principales ne sont plus considérées comme des autoroutes, mais plutôt comme des milieux de vie conviviaux, accueillants et sécuritaires, où l’on retrouve des commerces de proximité, des écoles, des hôpitaux, des résidences pour personnes âgées, des parcs, etc. Bref, nos villes et villages sont des endroits vivants, fréquentés par toutes et tous qui s’y déplacent en toute sécurité.

Pour nous, le ministère des Transports de demain aurait un plan d’action, ainsi que des ressources humaines et financières nécessaires, pour répondre aux demandes des municipalités visant à sécuriser les routes du réseau supérieur se situant à l’intérieur des périmètres urbains. Le Ministère décentraliserait la gestion de certaines routes sous sa responsabilité, accompagnée du soutien financier nécessaire, grâce à des ententes avec les municipalités qui ont les capacités financières et humaines de le faire.

Il mettrait aussi en œuvre l’approche Vision zéro, qui a pour objectif zéro mort et blessé grave sur les routes, une approche qui a fait ses preuves à l’international et en Amérique du Nord. Plusieurs municipalités du Canada et du Québec l’ont d'ailleurs adoptée, tout comme la Sûreté du Québec. Ce serait un ministère ancré dans le XXIe siècle, qui agirait proactivement afin de favoriser la mobilité durable, contribuant ainsi à améliorer la sécurité et la santé de la population, tout en permettant d’atteindre ses cibles environnementales.

Mais surtout, c’est un ministère qui écouterait et qui travaillerait en partenariat avec les municipalités, des gouvernements de proximité qui sont aux premières loges des préoccupations de la population du Québec.

Futur Ministre des Transports, nous espérons que vous partagerez notre vision et avons hâte de collaborer avec vous, au bénéfice des citoyennes et citoyens du Québec !

1. Lisez la lettre « Routes dangereuses : un cri du cœur des élus municipaux »

* Cosignataires : Serge Bergeron, maire de Roberval ; Marie Boivin et Roxane Ouellet, respectivement mairesse et conseillère municipale d’Orford ; André Champagne, maire de Saint-Thomas ; Lucie Dagenais, mairesse de Frelighsburg ; Paul Germain, maire de Prévost ; Guillaume Lamoureux, maire de La Pêche

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