France

« Mon innocence est à nouveau bafouée par une décision qui ne rapporte pas la moindre preuve d’un quelconque financement illicite. »

— Nicolas Sarkozy, mis en accusation, vendredi, pour « association de malfaiteurs » dans l’enquête sur des soupçons de financement libyen de sa campagne en 2007 (AFP)

Thaïlande

La police disperse des centaines de manifestants prodémocratie

La police a dispersé vendredi soir à Bangkok plusieurs centaines de manifestants prodémocratie qui avaient bravé l’interdiction de rassemblements promulguée la veille au moyen de canons à eau, une première depuis le début de la contestation. Des canons, mélangeant eau et produits chimiques, ont été utilisés par la police antiémeute contre les contestataires rassemblés depuis la fin de l’après-midi dans le centre de la capitale, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des militants ont tenté de répliquer en montant de sommaires barricades, mais finalement ils ont renoncé et quitté le site. « Nous ordonnons à nos frères et nos sœurs de rentrer chez eux », a averti la police avant d’avancer vers le cortège. « Prayut dehors ! », « À bas la dictature ! », ont répliqué les protestataires, beaucoup d’étudiants, alors qu’une pluie fine tombait sur la capitale thaïlandaise. Un policier a été blessé et transporté à l’hôpital, a-t-on appris auprès de sources médicales. Jeudi, les contestataires avaient déjà bravé l’interdiction, quelque 10 000 personnes se retrouvant dans le centre de Bangkok.

— Agence France-Presse

États-Unis

Un ex-ministre mexicain inculpé de trafic de drogue

L’ancien ministre de la Défense du Mexique Salvador Cienfuegos (2012-2018) a été inculpé aux États-Unis de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, a-t-on appris vendredi auprès du procureur fédéral de Brooklyn. Selon un document communiqué par cette instance, le général en retraite Cienfuegos, 72 ans, qui est détenu à Los Angeles depuis son arrivée sur le sol américain jeudi soir, devait être présenté vers 13 h (heure locale) à un juge fédéral de Los Angeles afin de lui signifier son inculpation. Il est accusé d’association de malfaiteurs en vue de produire, importer aux États-Unis et distribuer de l’héroïne, de la cocaïne et de la méthamphétamine, ainsi que de blanchiment d’argent, sur une période allant de décembre 2015 à février 2017, alors qu’il était ministre, selon la même source. Cette arrestation intervient en pleine campagne électorale américaine alors que chacun des partis fait les yeux doux à l’électorat hispanique américain composé de 36 millions de Mexicains ou de descendants de Mexicains. — Agence France-Presse

Crise au Kirghizstan

Japarov nomme un allié, vers des législatives en décembre

Le premier ministre et président par intérim du Kirghizstan, Sadyr Japarov, a nommé vendredi un allié à la tête des services de sécurité, un moyen de consolider son pouvoir dans ce pays d’Asie centrale secoué par une grave crise politique. Le service de presse du gouvernement a confirmé que M. Japarov avait désigné Kamtchibek Tachïev, un proche de longue date, comme directeur du Comité étatique pour la sécurité nationale. Cette structure représente un pilier du pouvoir où la Russie, puissance régionale, a une influence notable. Le Kirghizstan traverse une profonde crise politique depuis les élections parlementaires du 4 octobre. Remportées par des formations proches de l’ex-président Sooronbaï Jeenbekov, elles ont déclenché des heurts ayant fait un mort et 1200 blessés. Les résultats du scrutin étaient contestés du fait de soupçons d’achats de voix. Ils ont été annulés quelques jours après le vote, mais cela n’a pas stabilisé le pays, poussant au contraire M. Jeenbekov à démissionner. Au lendemain de cette démission, M. Japarov s’est exprimé vendredi avec Sooronbaï Jeenbekov devant le Parlement pour proposer des législatives anticipées en décembre. « J’ai décidé de quitter le poste de président pour préserver la paix dans le pays et empêcher la division de la société », a assuré Sooronbaï Jeenbekov.

— Agence France-Presse

Tunisie

Un vestige de l’esclavage supprimé par un tribunal

Tunis — Karim Dali, un Tunisien noir de 39 ans, s’est battu pendant des années contre une discrimination portant sur son identité : ses papiers indiquaient qu’il était descendant d’esclave, jusqu’à une décision de justice cette semaine saluée comme une « victoire » contre le racisme.

En Tunisie, notamment dans certaines villes du Sud, comme Médenine ou Djerba, des habitants noirs descendants d’esclaves portent encore sur leurs papier d’identité la mention « atig » (« affranchi par ») ou « chouchane » (« esclave ») accolée à leur prénom.  

Ainsi, sur tous leurs papiers, Karim et ses proches sont désignés comme « atig Dali », c’est-à-dire que leurs ancêtres ont été affranchis par la famille Dali, dont ils ont pris le nom, une mention qui souligne leur statut d’ex-esclave.

Mais son père, Hamdane Dali, 81 ans, a obtenu mercredi, dans une décision du tribunal de première instance de Médenine, que cette mention « atig » soit retirée de ses documents d’identité, une décision valable pour toute la famille.

« Citoyen libre »

« Pour la première fois, je me sens un citoyen libre et qui a les mêmes droits que les autres ! », s’est réjoui Karim, diplômé d’anglais qui habite Djerba où il a travaillé dans l’hôtellerie. « Vraiment c’est une victoire contre le racisme et la discrimination en Tunisie ! »

Déjà en 2017, Karim avait présenté une demande au ministère de la Justice réclamant à travers un avocat qu’on lui retire ce surnom humiliant, mais celle-ci avait été rejetée.

Karim estime que ce surnom est source de beaucoup de blocages surtout lorsqu’il présentait sa candidature à des emplois. « Je ne me sentais pas vivant », regrette-t-il.

« Dès que les employeurs voient le mot “atig” sur mes papiers, ils me traitent avec beaucoup de mépris », ajoute Karim, ajoutant qu’il se sentait très mal à l’aise quand il devait montrer ses papiers d’identité.

Pourtant, la Tunisie se targue d’avoir été pionnière dans l’abolition de l’esclavage, décidée par le pouvoir beylical dès 1846.

En octobre 2018, le Parlement a adopté une loi jugée historique criminalisant les propos racistes, l’incitation à la haine et les discriminations. Ces actes sont désormais passibles de trois ans de prison et de 5000 euros (plus de 7000 $CAN) d’amende.

Mais le chemin reste long pour les ONG tunisiennes qui militent contre toute forme de discrimination envers les noirs dans le pays.

Le retrait des surnoms « racistes et dévalorisants » sont parmi les priorités, explique Saadia Mosbah, présidente de l’Association de défense des minorités M’nemty.

— Agence France-Presse

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