Bilan quotidien

29 hospitalisations de moins, 21 décès

Québec a signalé vendredi 21 nouveaux décès liés à la COVID-19, ainsi que 731 nouvelles infections, ce qui porte à 722 la moyenne quotidienne des infections calculée sur sept jours, un chiffre en baisse par rapport à jeudi, mais encore en légère hausse sur une tendance d’une semaine. Le Québec a également rapporté vendredi une baisse de 29 hospitalisations, soit 90 entrées et 119 sorties. En ce moment, 1543 patients sont hospitalisés en lien avec la COVID-19. Notons que le nombre de personnes hospitalisées devrait continuer de diminuer au cours des prochains jours, car le nombre de sorties dépasse toujours les admissions.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Les orphelins de la pandémie

La pandémie a fait plus de 6,5 millions de morts dans le monde. Mais elle a fait encore plus d’orphelins. Comment composer avec cette vague d’enfants endeuillés ?

Orphelins

Plus de dix millions d’enfants ont perdu une figure parentale (comme un grand-parent, un oncle ou une tante) et 7,5 millions ont perdu leur père ou leur mère. Tel est le constat effarant de l’étude publiée dans la revue JAMA Pediatrics début septembre. « Les pays pauvres ou émergents sont plus touchés même s’ils ont proportionnellement moins de morts de la pandémie, parce qu’ils ont un taux de fertilité plus élevé », explique l’auteur principal de l’étude, Joël-Pascal N’konzi, de l’Institut africain pour les sciences mathématiques à Kigali. L’équipe internationale de M. N’konzi a publié ses données plus tôt cette année dans le Lancet.

Les leçons du sida

L’équipe de M. N’konzi est issue de travaux sur les orphelins du sida. « On a vu que les orphelins du sida sont souvent plus à risque de sous-scolarisation et de problèmes de comportement, dit le sociologue rwandais. Alors des programmes ont été mis en place pour assurer un remplacement des revenus des parents disparus avec des visites familiales et parfois avec de la thérapie. » Une différence importante est l’ampleur du phénomène. La COVID-19 cause moins de décès que le sida en Afrique, note Elena Grigorenko, une psychologue de l’Université de Houston qui a publié en 2020 une étude sur les orphelins du sida dans les Annals of Behavioral Medicine. L’autre élément important est la stigmatisation. « Avec le sida et l’Ebola, les orphelins sont souvent stigmatisés parce que ce sont des maladies qui font peur », explique Cécile Rousseau, psychiatre de l’Université McGill. « Je participe à un projet de recherche canadien sur les orphelins de l’Ebola et de la COVID-19 au Congo. »

Le Canada et les États-Unis

Parmi les pays les plus touchés par le phénomène des orphelins de la COVID-19, on trouve les États-Unis, un pays qui n’a pas été frappé par le même phénomène pour le sida ou l’Ebola. « A priori, les systèmes de protection de l’enfance sont assez bons, donc il ne devrait pas y avoir le même problème qu’en Afrique, dit Mme Grigorenko. Cela dit, les chiffres des orphelins de la COVID-19 sont des modélisations, contrairement à ce qui se passe avec les orphelins du sida, alors il faut faire attention. » Les États-Unis ont eu neuf fois plus d’orphelins de la COVID-19 par habitant que le Canada (2000 contre 149 000 orphelins au total).

Différences entre les garçons et les filles

Les études sur les orphelins du sida montrent que les garçons bénéficient plus que les filles des programmes de suivi des familles. Pourquoi ? Et est-ce que cela pourrait survenir aussi avec les orphelins de la COVID-19 ? « Ce n’est pas présent dans notre étude congolaise, dit la Dre Rousseau. Probablement à cause de facteurs protecteurs pour les filles, plus d’agencéité à cause de leurs rôles sociaux d’aidantes. » La Dre Rousseau note toutefois que les filles sont normalement plus affectées que les garçons par le syndrome de stress post-traumatique et la dépression.

Ne pas minimiser l’importance du deuil

Même si le Canada n’a pas eu autant d’orphelins de la COVID-19, la perte de grands-parents n’est pas à négliger. « Le processus de deuil, comme le salon mortuaire et les rassemblements, a été interrompu, dit la Dre Rousseau. Parfois, on a pu ritualiser à distance, mais dans plusieurs cas, il n’y a pas eu d’accompagnement des enfants. Il faut ces rituels pour que l’enfant ne soit pas terrorisé par la mort, puisse garder le positif du grand-parent disparu. Les deuils compliqués, qui sont à peu près impossibles à faire, traînent dans le temps et peuvent ressurgir à l’adolescence. »

L’impact des mesures sanitaires

Les recherches sur les orphelins du sida font écho au débat plus large sur l’impact des mesures sanitaires sur les enfants. « Dès l’automne 2021, nous avions à la conférence de l’Association canadienne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent un conférencier britannique qui concluait qu’on n’aurait pas dû fermer les écoles, dit la Dre Rousseau. Et ce n’est pas seulement une question de socialisation et de scolarisation. Une étude que nous avons faite sur des familles montréalaises a montré que pour certaines familles, il y a eu un effet mesurable de la pandémie, avec le télétravail, qui a permis aux parents de passer plus de temps avec leurs enfants. Mais dans les familles dysfonctionnelles, les enfants n’avaient pas la protection de l’école et des grands-parents. »

115 000

Nombre estimé de décès dus à la COVID-19 en Afrique en 2021

Source : Organisation mondiale de la santé

420 000

Nombre estimé de décès dus au sida en Afrique en 2021

Source : Organisation mondiale de la santé

2500

Nombre estimé d’orphelins de la COVID-19 au Canada

Source : The Lancet

149 000

Nombre estimé d’orphelins de la COVID-19 aux États-Unis

Source : The Lancet

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