Lions de Trois-Rivières

Enfin les premiers coups de patin

Trois-Rivières — C’est maintenant fait chez les Lions de Trois-Rivières. Les premiers coups de patin de l’histoire de l’équipe ont été donnés dans le cadre de l’ouverture du précamp de la formation de l’ECHL.

Au total, ce sont environ 40 joueurs qui ont sauté sur la glace du Colisée Vidéotron, sous la supervision de l’entraîneur-chef Éric Bélanger et de ses acolytes. Il s’agissait, pour Bélanger, de sa première présence sur la patinoire en tant qu’entraîneur-chef des Lions.

« Ça faisait un petit bout que j’avais été nommé comme entraîneur et que je préparais la saison. Quand tu es un coach, tu as hâte d’être sur la glace et de faire des pratiques. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour organiser le précamp, mais j’ai été agréablement surpris du calibre. Les gars étaient prêts. »

L’intensité était d’ailleurs à l’honneur dès l’amorce du premier entraînement. Il s’agira là d’une marque de commerce du pilote trifluvien. Ça lui a notamment permis de cibler déjà quelques hockeyeurs qui ont pu tirer leur épingle du jeu.

« J’ai mentionné aux gars qu’ils avaient une chance de peut-être faire partie des Lions. Il y en a que nous risquons d’inviter au camp principal. Je leur ai dit que j’étais un entraîneur qui amenait beaucoup de rythme dans les pratiques, puis dans les matchs. C’est ce qui a été appliqué dans les premiers exercices. J’ai également enseigné quelques notions de mon système de jeu, donc dans les prochains jours, je vais pouvoir avoir une petite idée de qui comprend plus vite. »

« J’ai hâte de voir les joueurs dans les matchs. »

— Éric Bélanger, entraîneur-chef des Lions de Trois-Rivières

Un autre spectateur attentif à cette journée était sans contredit le directeur général de l’organisation, Marc-André Bergeron.

Celui-ci s’est notamment montré impressionné par le rythme qui a été déployé lors de cette première présence sur la glace. Il s’est aussi dit emballé par l’idée d’offrir une chance chez les professionnels à ces joueurs, peu importe leur curriculum vitæ.

« Je suis très content de voir ça enfin commencer. Je trouve ça bien que, dans notre identité, de donner l’occasion à des Québécois de se trouver un chemin [chez les professionnels] qu’ils n’auraient peut-être pas pu avoir ailleurs. Ces gars ont une chance à saisir. C’est à eux de nous démontrer qu’ils méritent que nous leur en donnions plus. C’est une belle vitrine, tant pour les joueurs que pour notre organisation. […] J’ai été agréablement surpris de voir l’intensité. Les gars étaient en forme. »

Une chance légitime

Aux yeux de Bergeron, les joueurs présents à ce précamp ont raison de croire qu’ils peuvent se tailler une place au sein de l’alignement ou, au minimum, obtenir une invitation pour le camp principal.

« Nous avons des places qui sont accessibles pour le camp, et même des postes dans l’équipe. Elles n’ont pas toutes été données. Pour les gars au précamp, la prochaine étape, c’est le camp, qui débute le 7 octobre. Il y a des gars qui pourraient être des remplaçants, mais il y a vraiment des emplois disponibles. Nous ne les avons pas amenés ici pour le plaisir. Il y a un but derrière tout ça. »

Le chroniqueur sportif Andrew Zadarnowski rappelait aussi qu’en 2013, soit la saison inaugurale du Beast de Brampton, le précamp avait donné la chance à l’attaquant Chris Leveille de faire sa place avec cette nouvelle formation de l’ECHL. Il avait d’ailleurs été l’un des meilleurs joueurs du club à ses débuts. Il y a donc une réelle possibilité de dénicher une petite perle pour une troupe comme les Lions.

« Ça lance un message à tout le monde. Il n’y a pas beaucoup d’équipes qui ont fait un précamp dans la ligue, mais nous voyons qu’il y a de l’intérêt autour de l’organisation et qu’il y a un gros bassin de joueurs. Les gens vont nous prendre au sérieux. »

Bergeron a noté qu’il était ouvert à ce que le processus soit répété annuellement.

Au cours des prochaines semaines, Bergeron continuera de regarder ses options afin de voir s’il est possible d’amener certains joueurs avec le club. Il y a des discussions en cours, mais rien ne semble imminent. Avec les signatures effectuées par le Canadien de Montréal et le Rocket de Laval, l’échiquier est quand même bien rempli, fait-il valoir.

Le précamp se terminera ce mardi.

Trois-Rivières

Le Colisée fait déjà courir les foules

Trois-Rivières — Ce sont plus de 2300 personnes qui étaient attendues pour la visite du tout nouveau Colisée Vidéotron de Trois-Rivières, qui ouvrait ses portes au public pour la première fois, dimanche, dans le cadre d’un évènement organisé pour son inauguration.

Une première « salle comble » pour l’édifice, dans la mesure où c’était le maximum que pouvaient accueillir les portes ouvertes qui se déroulaient tout au long de la journée.

Les visiteurs devaient préalablement s’inscrire au cours de la semaine. Pour que la visite se fasse dans le respect des mesures sanitaires, ils accédaient au Colisée par l’un des quatre coins et ils pouvaient explorer les gradins et les loges en petits groupes. Des départs avaient lieu toutes les 20 minutes.

Pour agrémenter l’expérience des visiteurs, des artefacts du Temple de la renommée du hockey étaient exposés sous un chapiteau aménagé dans le stationnement, au grand plaisir des amateurs des morceaux de l’histoire de la LNH, de la LHJMQ et, bien sûr, de l'ECHL. Les Lions de Trois-Rivières étaient aussi sur place pour ceux qui souhaitaient se procurer des abonnements.

À l’intérieur, ils ont pu découvrir un amphithéâtre construit à « aire ouverte », selon les dernières tendances dans le milieu, ce qui doit faire en sorte que les spectateurs ne manqueront pas un moment de l’action sur la patinoire.

La proximité des spectateurs avec la surface de jeu est également un élément qui devrait rendre l’amphithéâtre de 4500 places un peu plus intimidant. La disposition des 3200 sièges, tout comme le fait que les 20 loges soient disposées en « porte- à-faux », devrait apporter une ambiance intéressante, a fait valoir le directeur du génie à la Ville de Trois-Rivières, Patrice Gingras, qui a chapeauté la réalisation des travaux en collaboration avec l’entrepreneur général (Groupe TEC).

On a aussi pu constater que le Colisée sera équipé pour assurer une animation à la hauteur des ligues majeures. « On a le même système de son qu’à l’Amphithéâtre Cogeco qui est ultra-performant et qui est considéré comme l’un des meilleurs au monde. Le tableau indicateur, la bande lumineuse, ce sont tous des éléments qui font en sorte qu’on est à la fine pointe de la technologie », ajoute Patrice Gingras.

Quelques travaux mineurs sont toujours en chantier, mais rien qui empêche la fréquentation et l’utilisation des lieux en toute sécurité. Il reste notamment à finaliser la concession alimentaire ainsi que la galerie de presse. Le tout devrait être terminé d’ici deux ou trois semaines, soit avant le premier match à domicile des Lions de Trois-Rivières, qui aura lieu le 21 octobre.

Un projet d’envergure

« C’est un jour particulier, c’est un jour exceptionnel », a lancé le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, devant une quarantaine de dignitaires réunis devant le parterre du Colisée lors de son discours ayant précédé la traditionnelle coupe du ruban.

Ce n’est évidemment pas tous les jours qu’on inaugure un projet qui a nécessité un investissement de 60,6 millions, rendu possible par le plus important règlement d’emprunt de l’histoire de la Ville de Trois-Rivières et une subvention de 26,8 millions dans le cadre du programme Québec-Municipalités.

Le maire de Trois-Rivières n’a pas manqué de souligner que le Colisée contribuera au développement économique de Trois-Rivières.

« Ça nous permet d’accueillir des compétitions sportives d’envergure, des foires, des salons, les Jeux du Québec et du Canada, mais aussi des évènements à caractère culturel. Ça vient permettre d’offrir chez nous du hockey professionnel de grande qualité. C’est une grande fierté pour nous, ce calibre-là, ici même à Trois-Rivières. Un produit qui est unique au Québec », a rappelé le maire Lamarche, qui estime qu’il s’agit d’une pièce maîtresse pour le développement du tourisme sportif.

Le président et chef des opérations des Lions de Trois-Rivières, Mark Weightman, qui indique avoir eu l’occasion de participer à la construction ou à la réfection de nouveaux stades, d’arénas et d’installations majeures au cours de sa carrière, a rappelé à quel point il n’est pas facile de concilier les besoins de la population et des organisations professionnelles dans ce genre de projet.

« Ça fait un an et demi que j’ai des discussions presque quotidiennes avec les gens de la Ville pour en faire un succès. Je peux vous dire qu’il n’y a pas une semaine qui passe sans que je réalise à quel point on est choyés d’avoir des partenaires qui comprennent le “big picture” de ce qu’on est en train d’essayer d’accomplir », a soutenu Merk Weightnan, qui a ajouté que les installations pour les joueurs et les entraîneurs seront de « première classe ».

La possible venue d’un match de hockey féminin entre le Canada et les États-Unis à Trois-Rivières et à Québec ainsi que le fait que les deux édifices soient commandités par Vidéotron laissent également entrevoir des partenariats intéressants. Un jumelage entre Québec et Trois-Rivières pourrait d’ailleurs être plus fréquent dans l’avenir, avait fait savoir Sophie Desfossés, directrice de la Direction de la culture, des loisirs et de la vie communautaire, lors de la dernière séance de travail du conseil municipal.

« On aimerait être capables d’avoir des activités conjointes, parce qu’on est à proximité. Il y a donc un beau mariage qui pourrait se faire [avec Québec]. C’est un lien qui est naturel aussi avec les Canadiens, a-t-elle ajouté. C’est surprenant à quel point ce sont les gens qui nous interpellent. Ce n’est pas nous autres qui courons après les évènements. Avec un beau Colisée tout neuf, on a bien confiance. »

Pas de dépassement de coûts

La livraison du Colisée devrait se faire sans dépassement de coûts, malgré la pandémie et les retards sur le chantier. « Il y a eu des retards dans les bateaux, aux douanes et dans toutes ces facettes-là [pour la livraison des matériaux]. Il y a eu la grève de la construction. Il y a aussi certaines directives de changement que la Ville a données. Ce qui fait que parfois, il y a des délais qui s’ajoutent », précise le directeur du génie à la Ville de Trois-Rivières, Patrice Gingras.

Celui-ci estime que le travail accompli est « vertigineux », rappelant que seulement l’étude d’avant-projet avant nécessité près de 300 rencontres pour bien définir les besoins de l’ensemble des organismes, avant d’entreprendre les différentes étapes vers la construction. « On parle d’un bâtiment qui est mis sur 1200 sections de pieux pour déposer la structure. C’est assez solide. Il ne s’enfoncera pas », a-t-il promis.

Il ajoute que la conception du bâtiment devrait permettre d’économiser environ 30 % d’énergie au cours des prochaines années comparativement à un bâtiment similaire, notamment grâce à une toiture pâle et à des systèmes de récupération de chaleur et de filtration d’eau.

Si le projet de Colisée a soulevé quelques interrogations au sein de la population durant les différentes étapes, le maire de Trois-Rivières considère qu’il passe maintenant le test de l’acceptabilité sociale.

« On n’a pas eu de controverse concernant la signature de registre ; les travaux se sont somme toute déroulés rondement ; on a déjà un occupant ; on a déjà une bannière signature pour le nom du Colisée. Donc chacune des étapes que l’on avait annoncées, on les a franchies, et tout ça à l’intérieur de l’enveloppe budgétaire. Je considère qu’on a réussi le pari de construire un Colisée majeur à Trois-Rivières. »

Une patinoire communautaire

Le Colisée Vidéotron est aussi muni d’une patinoire communautaire avec des gradins pouvant accueillir 250 personnes. Celle-ci permettra de favoriser la pratique des sports de glace, comme le hockey, la ringuette, le patinage artistique et le patinage libre.

Il y a six associations sportives qui y éliront domicile, soit le hockey mineur de Cap-de-la-Madeleine, de Trois-Rivières et de Trois-Rivières-Ouest, les clubs de patinage Cendrillon et de Trois-Rivières-Ouest et la ringuette de Trois-Rivières.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.