Technologie

Une année au son des véhicules récréatifs… électriques

Le paysage sonore des lacs et des sentiers de la province risque d’être transformé par l’arrivée d’une nouvelle génération de véhicules récréatifs à moteur électrique. Moins bruyants et moins polluants que leur contrepartie à essence, ces véhicules pourraient bien profiter de l’intérêt renouvelé des consommateurs d’ici depuis l’été dernier pour se tailler une place dans le marché. En voici trois.

Orca de Taiga Motors

Taiga Motors voit grand. Au cours de l’hiver, l’entreprise montréalaise a confirmé son intention de s’inscrire à la Bourse de Toronto grâce à une méthode accélérée qui lui dégage une certaine latitude financière pour y arriver. Avec plusieurs dizaines de millions en poche, l’entreprise a annoncé la construction d’une usine à Shawinigan où elle assemblera jusqu’à 85 000 véhicules électriques par année, à partir de 2025. D’ici là, il faut se rabattre sur les quelques milliers d’exemplaires déjà existants de ses deux modèles pour vivre l’expérience du sport motorisé électrique. Et comme un de ces deux modèles est une motoneige, il reste vraiment juste sa motomarine Orca à essayer, l’été prochain.

Et même là : vendue à partir de 19 000 $, la motomarine tout électrique n’est offerte qu’en précommande. Les premières Orca vogueront sur les lacs et rivières d’Amérique du Nord seulement plus tard au cours de l’été. Entre-temps, on ne peut que féliciter l’audace de Taiga, qui s’inspire largement de Tesla pour concevoir ses produits. Ceux-ci sont d’ailleurs connectés aux réseaux sans fil et peuvent recevoir des mises à jour, comme les voitures de la marque californienne. Leur comportement peut être réglé par un écran de contrôle de 7 po de diagonale logé en plein cœur du guidon.

Surtout, avec une puissance de 120 ch et un poids de 242 kg, cette motomarine propose un rapport poids-puissance intéressant.

Polaris-Zero Ranger VTT

Si vous vous demandez pourquoi BRP a décidé d’électrifier sa gamme en entier d’ici 2026, il ne faut pas chercher très loin : son rival Polaris compte faire la même chose au plus tard en 2025. Pour y arriver, Polaris a signé un partenariat de 10 ans avec le constructeur américain de motos électriques Zero. Leur première collaboration prendra la forme d’un véhicule tout-terrain (VTT, ou quad) tout électrique dérivé du Ranger, un VTT de format intermédiaire à deux places côte à côte qui est davantage à classer dans la catégorie des véhicules utilitaires que plus simplement amusants à conduire. Sa benne à l’arrière témoigne de cette utilité. N’empêche : pour les propriétaires d’un chalet caché au fond de la forêt inaccessible autrement que par un sentier de terre battue, voilà une première option électrifiée qui s’offrira à eux.

Il faudra toutefois patienter au-delà de l’été pour voir ce VTT électrique sur les sentiers. Le Ranger électrique sera officiellement présenté en décembre prochain. On sait qu’il aura droit à un format un peu plus imposant et qu’il sera équipé d’une technologie électrique dernier cri, dont des batteries au lithium. Polaris promet une polyvalence et une performance améliorées par rapport aux modèles à essence sur le marché.

Vision Marine E-Motion

La Canadian Electric Boat Company s’est inscrite à la Bourse l’automne dernier sous le nom de Vision Marine Technologie. Le constructeur de Boisbriand vend depuis 1995 des bateaux à propulsion électrique fabriqués au Québec. Sa nouveauté pour l’été 2021 est un moteur hors-bord tout électrique de 180 ch appelé E-Motion, conçu pour propulser des embarcations de 18 à 25 pi de longueur. Pour bien des amateurs, cette nouveauté signale le début de la fin de l’odeur de gaz d’échappement typique des longues sorties de pêche en bateau à moteur à essence...

Pour ceux qui recherchent une embarcation capable de fendre les vagues du lac Champlain sans trop de bruit et sans consommer une goutte de carburant, Vision Marine propose le Volt 180. Son embarcation d’entrée de gamme fait 5,4 m de longueur et peut accueillir jusqu’à 11 passagers. Son prix de détail démarrant à 40 000 $ grimpe rapidement au gré des (nombreux) accessoires qu’on désire y greffer. On trouve, dans la liste, des batteries au lithium qui coûtent plus cher que des batteries à l’acide de plomb, mais qui font réellement passer cette embarcation au XXIsiècle.

Dès ce printemps, Vision Marine fournira 15 embarcations électriques à la Route de Champlain, un programme financé par Tourisme Québec qui permet de visiter Montréal et le Haut-Richelieu comme un grand navigateur... à bord d’un bateau électrique.

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