Tour du Pays basque

« Pour moi, c’est une victoire »

Olivia Baril continue de faire écarquiller les yeux en ce début de saison.

Moins d’une semaine après sa première victoire professionnelle, la cycliste de Rouyn-Noranda a fait encore mieux en terminant deuxième de la deuxième étape du Tour du Pays basque, samedi.

Battue au sprint par la Néerlandaise Demi Vollering, Baril a devancé l’Italienne Marta Cavalli. La représentante de l’équipe Valcar-Travel & Service était donc entourée de deux des meilleures coureuses au monde.

« Pour moi, c’est une victoire », a affirmé la Québécoise au téléphone après être descendue de la table de massage.

Vainqueure du Gran Premio Ciudad de Eibar, une épreuve d’un jour de niveau 1,1 (troisième catégorie), l’athlète de 24 ans s’est illustrée cette fois dans une course WorldTour à laquelle participait la plupart des meilleures cyclistes de la planète.

L’étape de 117,9 km, une boucle autour de Mallabia, était ponctuée de six montées, dont un col de première catégorie décisif (7,3 km à 5 %) à 15 km de l’arrivée. Baril a répondu à plusieurs attaques de Vollering (SD Worx) et de Cavalli (FDJ) dans ce col de Karabieta. Au sommet, elles n’étaient plus que cinq à pouvoir se disputer la victoire, avec la Néerlandaise Pauliena Rooijakkers (Canyon/SRAM) et la Française Juliette Labous (DSM).

« À la vitesse que ça roulait, ça faisait bizarre d’être encore là ! », a admis Baril.

Un faux plat de 3 km sur des pavés menait à la ligne d’arrivée. Vollering, gagnante de Liège-Bastogne-Liège et de La Course by le Tour de France l’an dernier, a devancé Baril par deux secondes. Cavalli, couronnée à La Flèche wallone et à l’Amstel Gold Race cette année, a fini dans le même temps que la Canadienne.

« J’ai gagné une course la semaine passée, mais c’est sûr que c’est mon plus beau résultat à vie. Surtout que je n’en ai pas tant que ça. »

— Olivia Baril

La journée a été marquée par des attaques incessantes sur cette étape accidentée où les coureuses se lançaient dans un col dès le coup de fusil.

« Ce n’est pas comme si tout le monde se regardait pendant 100 km et que les 10 derniers étaient difficiles. Ç’a été difficile du début à la fin. Ça donne plus de prestige [à la deuxième place]. Être devancée par Demi Vollering, OK, c’est correct, et battre Marta Cavalli, c’est vraiment cool. Je suis bien entourée. Pour moi, c’est une victoire aujourd’hui. »

Baril est la seule coureuse parmi les 10 premières qui n’appartient pas à une équipe de niveau WorldTour.

Magdeleine Vallières-Mill (EF), l’autre Canadienne en lice, a terminé à une excellente 21e position, à trois minutes de la gagnante. Mercredi, la cycliste de Sherbrooke, 20 ans seulement, a pris le 11e rang à la Classique de Navarre, son meilleur résultat à vie.

Des équipes WordTour à l’affût

Au petit déjeuner, le directeur sportif de Valcar, Davide Arzeni, a annoncé à Baril qu’il visait pour elle une place parmi les 10 premières au classement général de l’Itzulia, appellation locale de l’épreuve. Or, le DS s’est ravisé dans la rencontre d’avant course ; il visait maintenant le top 5.

« Toutes les filles me regardaient et faisaient : “Ishh !” Top 5 et top 10, ce n’est pas la même affaire… »

Baril, 18e de la première étape la veille, s’est hissée au… 5e rang du général dominé par Vollering. Elle souhaite conserver sa position à l’issue de la dernière étape, dimanche, à laquelle elle est particulièrement attachée.

L’étape emprunte en effet le même parcours que la Classique de Saint-Sébastien, où elle s’était illustrée en échappée l’an dernier, ce qui lui avait valu un contrat avec Valcar.

Celle qui réside à Saint-Sébastien depuis l’an dernier connaît chaque virage et chaque montée « par cœur ». « C’est vraiment ma course préférée. » Un mur de 2 km à 10 %, « plus dur » que le mur de Huy à La Flèche wallonne, attend les cyclistes à moins de 10 km du fil.

« Si tu n’as pas de jambes dans ce col, c’est fini. La course se décide là. Il faut que j’arrive fraîche et que mon équipe m’aide pour bien me placer. »

« J’ai montré aujourd’hui que je pouvais grimper avec les meilleures. Il n’y a pas de raison pour que je ne puisse pas demain. »

— Olivia Baril

Au cœur d’une séquence formidable (7e du Ceratizit Festival Elsy Jacobs à la fin du mois dernier), l’ancienne nageuse commence à faire tourner les têtes. Au cours des derniers jours, « presque toutes » les équipes WorldTour ont tenté de la recruter pour l’an prochain.

« Je ne peux pas commencer à parler avec des équipes en pleine course par étapes, a-t-elle sagement indiqué. Je leur dis d’attendre après le Tour de Burgos [la semaine prochaine]. J’aurai une pause par la suite et je gérerai ça à ce moment-là. Pour l’instant, je préfère ne pas y penser. »

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