La planète économique

Ces enfants qui travaillent

Le travail des enfants est revenu dans l’actualité récemment pour souligner une autre des conséquences de la pénurie de main-d’œuvre dans nos sociétés modernes qui ne veulent manquer de rien.

La lutte contre le travail des enfants est un objectif poursuivi partout dans le monde. On parle ici d’une réalité bien différente, loin de celle qu’on vit ici actuellement. C’est une réalité qui touche surtout les pays les plus pauvres et les plus démunis, et qui est la plupart du temps une question de vie ou de mort.

Les États membres des Nations unies se sont donné comme objectif d’éliminer le travail des enfants en 2025. On en est encore bien loin.

En fait, le plus récent rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) est alarmant. Il constate que le progrès accompli sur ce front a cessé depuis 2016 et que le nombre d’enfants qui travaillent s’est remis à augmenter pour la première fois depuis 20 ans.

Il y aurait actuellement 160 millions d’enfants au travail dans le monde, soit 8 millions de plus qu’en 2016.

Selon l’OIT, la pandémie risque d’aggraver la situation parce qu’elle a plongé dans la pauvreté des populations entières, appauvri davantage les plus démunies et réduit les moyens d’intervention de leurs gouvernements.

Sans surprise, c’est en Afrique que le problème est le plus important. La moitié des enfants qui travaillent dans le monde se trouvent sur le continent africain. L’autre grande proportion d’enfants au travail est en Asie. Le travail des enfants touche davantage les garçons que les filles et il est plus répandu dans les campagnes qu’en ville.

Il est question de survie ici. Les enfants travaillent pour assurer leur propre subsistance et celle de leur famille. Le travail est dur, souvent dangereux, mais même lorsqu’il ne l’est pas, il nuit à la scolarisation, qui devrait être la priorité pour les enfants. Les solutions qui permettent d’éviter de faire travailler les enfants sont bien connues, à défaut d’être toutes mises en œuvre. Il faut commencer par arrêter d’acheter les produits des entreprises qui emploient des enfants. Travailler pour instaurer un système d’éducation accessible et gratuit, un filet social minimal et des perspectives d’emplois améliorées une fois l’âge adulte atteint fait partie des avenues qui ont prouvé leur efficacité et auxquelles on doit le progrès réalisé jusqu’à maintenant.

Le travail des enfants est plus répandu dans les pays pauvres, mais aucun n’y échappe. Dans les pays à revenus plus élevés, le déséquilibre dans la distribution de la richesse et les inégalités sociales font souvent en sorte que des enfants sont astreints au travail pour aider leur famille à payer les factures.

Les sociétés modernes ont les moyens d’aider ceux qui sont dans cette situation. Mais dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, où les emplois disponibles à des salaires alléchants sont nombreux, comment empêcher un préado de travailler chez Metro ou IGA pour pouvoir se payer un iPhone ? Une loi qui fixerait l’âge légal du travail à 16 ans soulèverait sûrement de l’opposition, tant des employeurs, dont l’entreprise est menacée par les problèmes de recrutement, que des consommateurs, qui ne veulent pas voir fermer leurs endroits favoris ou se buter partout à des caisses automatiques…

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