Alex Tanguay s’épanouit chez les Red Wings

« Heille, c’est le logo des Red Wings de Detroit ! », lance un jeune hockeyeur à son ami en pointant du bout de son doigt l’écusson de l’équipe du Michigan brodé sur le haut de la culotte d’Alex Tanguay, entraîneur adjoint des Wings depuis l’an dernier.

Au Complexe sportif de Wendake, où se tient l’école Relève Hockey CCM de l’ex-entraîneur Bryan Lizotte cette semaine, les participants nés entre 2008 et 2015 étaient loin d’avoir vu le jour lorsque Tanguay a soulevé la Coupe Stanley au bout de ses bras en 2001.

La curiosité entourant la nouvelle appartenance professionnelle du natif de Sainte-Justine fait donc sourire les plus vieux qui ont suivi sa belle carrière, que ce soit avec l’Avalanche du Colorado, les Flames de Calgary, le Canadien de Montréal, le Lightning de Tampa Bay ou les Coyotes de Phoenix. Pour eux, il n’a plus besoin de présentation, mais pour la nouvelle génération… c’est un peu différent !

Pour ajouter à la confusion – problèmes d’approvisionnement obligent –, le nouveau membre de l’organisation des Red Wings porte encore ses anciens gants du Wild de l’Iowa, où il a été entraîneur adjoint de 2019 à 2021.

Impossible, donc, pour les plus jeunes de savoir qui patine vraiment devant eux. L’ancien attaquant, qui a joué plus de 1000 matchs dans la LNH, ne s’en formalise pas. Même ses propres fils, Blake et Samuel, ignorent plusieurs pans de son brillant parcours professionnel. « Quand ils donnent des high five à [Dylan] Larkin [dans le vestiaire des Red Wings], ils oublient le père assez vite ! s’esclaffe-t-il. Il me reste des cassettes VHS à la maison pour leur montrer [mes exploits sportifs] ! »

Avec Steve Yzerman

L’ancien ailier gauche des Mooseheads de Halifax se dit heureux de la dernière année qu’il vient de vivre avec l’organisation du Michigan, ennemi juré de l’Avalanche du Colorado, équipe avec laquelle il a fait carrière de 1999 à 2006 et de 2014 à 2016.

La relation avec Jeff Blashill, entraîneur-chef des Wings de 2015 à 2022, s’est nouée rapidement, mais il aura un nouveau patron cette saison, Derek Lalonde. « Comme je l’ai dit à plusieurs de mes amis, Jon Cooper et Jeff Blashill ont le même parcours, mais l’un a hérité d’une Ferrari, l’autre d’une auto un peu plus maganée, rigole Tanguay, 42 ans. J’apprends sur le métier, mais je suis très content de travailler avec un gars comme Steve Yzerman. »

C’est toutefois lors de son passage comme adjoint en Iowa que Tanguay, auteur de 283 filets en carrière dans la LNH, s’est défini comme entraîneur. Là-bas, il a pris le temps de « faire les choses de la bonne manière », une progression qui porte ses fruits au niveau supérieur. « La Ligue américaine, ce n’est pas facile, c’est une approche différente du coaching, dit-il. Tu as beaucoup de choses à apprendre aux joueurs. Ça m’a aussi permis d’en apprendre sur moi-même, de savoir quel genre de coach je voulais devenir, quel genre d’approche je voulais avoir, comment je pouvais bâtir des relations avec les jeunes joueurs… »

« Content » pour l’Avalanche

Il a évidemment suivi de près la dernière conquête de la Coupe Stanley de l’Avalanche, où il compte encore de nombreux « amis », des joueurs avec lesquels il a noué des liens, lui comme vétéran, eux comme jeunes recrues. « On a gardé des liens, c’est sûr, poursuit Tanguay. Est-ce que j’ai encore une appartenance par rapport à l’Avalanche ? Oui, du fait que j’ai gagné la Coupe là-bas. On s’est envoyé des messages textes après qu’ils ont gagné [avec Nathan MacKinnon, Gabriel Landeskog et Erik Johnson, entre autres] et je suis super content pour ces gars-là. C’est un accomplissement incroyable. »

Impossible de discuter avec Alex Tanguay sans lui parler des nombreux changements effectués chez le Canadien, organisation dont il a défendu les couleurs pendant 50 parties lors de la campagne 2008-2009. D’autant que Tanguay connaît plusieurs membres de la nouvelle direction du club.

Il a d’ailleurs été l’un des premiers clients de l’ancien agent de joueurs devenu directeur général Kent Hughes, et est du même âge que Vincent Lecavalier, Stéphane Robidas et Martin St-Louis, tous d’anciens adversaires de Tanguay dans la LNH. « C’est le fun de voir que la nouvelle génération et des vrais passionnés de hockey ont leur chance, observe-t-il. Ils ont des têtes de hockey extraordinaires, donc je suis sûr qu’ils vont faire de belles choses avec le Canadien. Ils vont s’améliorer plus ça va aller ! »

Alex Tanguay est ensuite retourné patiner sur la glace du Complexe sportif de Wendake, entouré de jeunes joueurs qui n’avaient que quelques années lorsqu’il a donné ses derniers coups de patin dans la Ligue nationale de hockey.

Inutile de ressortir les vieilles cassettes VHS pour leur montrer ses plus beaux buts, il y a encore de très bons extraits sur YouTube… disponibles en HD !

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