Première montréalaise d’Aline

« C’est la soirée où j’ai le plus peur »

Le sourire qu’affichait Valérie Lemercier face aux caméras cachait une grande nervosité, mardi soir, avant la grande première montréalaise d’Aline, son film librement inspiré du parcours de Céline Dion. Une fois la projection terminée, le trac a fait place au soulagement devant l’accueil chaleureux réservé au long métrage. « Je suis très, très émue », a déclaré la cinéaste sur scène.

En entrevue avec La Presse à la Place des Arts, où avait lieu l’évènement, la réalisatrice et comédienne française, qui incarne Aline/Céline à l’écran, a déclaré qu’elle ressentait un stress supplémentaire par rapport aux autres premières organisées au cours des derniers mois en Europe.

« C’est la soirée où j’ai le plus peur, a-t-elle affirmé en début de soirée. Plus peur qu’à Cannes, plus qu’à Paris. C’est normal. Je suis dans son royaume [à Céline Dion]. Ça parle de vous. Évidemment, que j’ai peur. »

Avant la projection d’Aline, Valérie Lemercier affirmait n’avoir reçu aucun écho des frères et sœurs de Céline Dion. Or, au moment même où le film était présenté, une partie du clan Dion partageait ses impressions au talk-show de Julie Snyder, diffusé à Noovo. Claudette et Michel Dion, sœur et frère de Céline, ont vertement critiqué l’œuvre, notant qu’elle était truffée de faussetés.

La Presse a tenté de joindre Valérie Lemercier à ce sujet après la projection. La cinéaste n’a toutefois pas souhaité commenter l’entrevue de Claudette et Michel Dion, a précisé la responsable des communications du film, Annie Tremblay.

Ovation

Bien que Claudette et Michel Dion n’aient pas apprécié Aline, le long métrage a ravi un Théâtre Maisonneuve bondé.

Le film a suscité son lot de rires francs. La foule a même rigolé durant l’échange du « Votican » (au lieu de « Vatican »), scène d’une trentaine de secondes qui semble avoir écorché les oreilles de plusieurs critiques au Québec.

Des applaudissements spontanés ont également été entendus à deux reprises. Et une fois les lumières allumées, nous avons assisté à une longue ovation.

Valérie Lemercier a indiqué qu’elle espérait toujours que Céline Dion se manifeste et donne son appréciation personnelle du long métrage. « Mais c’est son affaire, a tempéré la cinéaste. Elle fait comme elle l’entend. Je comprends très bien. » La réalisatrice a indiqué que René-Charles Angélil, fils de Céline Dion et René Angélil, avait demandé à voir le film lundi.

Soirée « spéciale »

Aline brosse le portrait d’Aline Dieu, chanteuse québécoise issue d’un milieu modeste qui devient une superstar internationale. Le long métrage raconte également l’histoire d’amour entre l’héroïne et Guy-Claude, son imprésario beaucoup plus âgé qu’elle, interprété par Sylvain Marcel.

Sur le tapis rouge, l’acteur a reconnu lui aussi qu’il s’agissait d’une soirée spéciale, compte tenu du contexte. « C’est une autre affaire. Parce qu’on est sur place. C’est ici que Céline a vécu. »

Même écho du côté de Danielle Fichaud, qui récolte de bons commentaires pour son portrait de Sylvette, mère d’Aline, personnage évidemment inspiré de Thérèse Tanguay-Dion. « À Paris, on était excités, mais jamais comme ici », a déclaré la comédienne québécoise, qui retraversera l’Atlantique vendredi pour tourner avec Franck Dubosc.

Le tandem semblait avoir bon espoir qu’Aline plaira aux Québécois.

« Je suis très fier de ce qu’on a fait », a affirmé Sylvain Marcel.

« J’espère qu’ils vont voir qu’on a bien travaillé… et qu’on aime Céline », a ajouté Danielle Fichaud.

Quant à Valérie Lemercier, elle a souhaité que les compatriotes de Céline Dion perçoivent son œuvre comme « une romance, une fantaisie, une histoire d’amour avec beaucoup de choses inventées pour mieux la raconter ».

De Robert Charlebois à Maripier Morin

Outre la distribution du long métrage, qui comprend Antoine Vézina, Roc Lafortune et Pascale Desrochers, de nombreuses personnalités ont assisté à la projection du film. Parmi elles, signalons Louise Portal, Denise Bombardier, Jean-Philippe Dion, Catherine Pogonat, Jean Airoldi et Mariloup Wolfe, de même que Maripier Morin. Cette dernière a pris la pose devant les photographes, mais n’a accordé aucune entrevue.

Robert Charlebois est également venu faire son tour. C’est avec son succès de 1970, Ordinaire, que Valérie Lemercier a choisi de conclure son film.

« Ça pourrait faire revivre la chanson, a observé l’auteur-compositeur. Le film s’en va dans plein d’endroits où les gens ne connaissent pas la chanson, comme en Allemagne, au Portugal… Ça pourrait lui donner une seconde vie. »

Succès en France

En France, Aline connaît un excellent décollage. Le film biographique fantasmé de Valérie Lemercier a pris la tête du box-office avec 600 000 entrées durant sa première semaine d’exploitation en salle. Aline a notamment détrôné au passage Eternals, mégaproduction américaine de superhéros des studios Marvel. Il s’agit du meilleur lancement pour Valérie Lemercier depuis Palais royal !, en 2005.

D’autres premières d’Aline sont prévues sur le sol québécois cette semaine. Gatineau aura la sienne ce mercredi, Québec jeudi et Sherbrooke vendredi.

Le film, qui prend l’affiche au Québec jeudi, doit sortir aux États-Unis en janvier.

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