La SAQ sur les traces d’Amazon ?

Le syndicat des employés de la SAQ.com craint que la société d’État se transforme en « machine distributrice de bouteilles »

La Société des alcools du Québec marche sur les traces d’Amazon en voulant centraliser et automatiser son service d’assemblage de commandes en ligne, déplore le syndicat des employés de la SAQ.com.

« On est contre l’idée de transformer la SAQ en machine distributrice de bouteilles », lance au bout du fil Lisa Courtemanche, présidente du syndicat SEMB-SAQ-CSN, qui représente les quelque 200 travailleurs (53 permanents et 150 à temps partiel) de SAQ.com.

Retour en arrière. En février 2021, la société d’État avait annoncé qu’elle investirait 48,5 millions de dollars pour agrandir de 200 000 pi2 son centre de distribution situé à Montréal et pour se doter d’un système automatisé de préparation des commandes. L’objectif : offrir en ligne une variété de 20 000 produits – on en compte actuellement 3000 – et permettre aux clients de recevoir leur livraison en 24 heures.

Actuellement, une commande passée en ligne met environ trois à cinq jours avant d’arriver sur le pas de la porte des amateurs de vins et de spiritueux. Pour ce faire, les employés de SAQ.com ont appris le 5 mai qu’ils seraient rapatriés au centre de distribution dès septembre et qu’ils changeraient d’accréditation syndicale. Une méthode « centralisatrice » dénoncée par le SEMB-SAQ-CSN, par voie de communiqué vendredi.

« Il n’y a pas de garantie qu’avec l’automatisation, les emplois seront préservés », a soutenu Mme Courtemanche en entrevue. Elle craint également qu’en voulant augmenter le nombre d’articles disponibles en ligne, la SAQ réduise la diversité des produits en succursale.

« La SAQ retire des produits de niche, qu’elle va offrir uniquement en ligne pour augmenter son achalandage. Il va y avoir moins de service à la clientèle qui va se donner et il va y avoir des postes qui vont être supprimés dans les succursales. »

— Lisa Courtemanche, présidente du syndicat SEMB-SAQ-CSN

Le syndicat propose plutôt une approche « décentralisée » qui permettrait aux clients de partout au Québec d’acheter des produits en ligne offerts dans une succursale près de chez eux, au lieu que leurs commandes passent systématiquement par le centre de distribution de la métropole.

« Sans perte d’emploi », dit la SAQ

« Le regroupement de nos activités de cueillette à l’unité va se faire sans perte d’emploi : c’était vrai lors de l’annonce du projet d’agrandissement et de modernisation de notre Centre de distribution de Montréal, c’est toujours vrai aujourd’hui », a pour sa part assuré la porte-parole de la SAQ, Clémence Beaulieu Gendron, dans un courriel envoyé à La Presse. « Notre site dédié à la préparation des commandes en ligne opère à pleine capacité et ne nous permet pas de répondre à la croissance des ventes en ligne. »

Elle rappelle ainsi que l’augmentation du nombre de produits offerts en ligne et la livraison en 24 heures sont des services que « les Québécois demandent ». Mme Beaulieu Gendron veut également se faire rassurante pour les employés qui travaillent en magasin. « Nos succursales et le service personnalisé sont appréciés par nos clients, et 96 % de nos ventes sont réalisées en magasin. Nos succursales sont là pour rester, partout au Québec. »

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