Le sport scolaire réclame l’équité avec le sport civil

Québec — Le président du Réseau sport étudiant du Québec (RSEQ), Gustave Roel, demande l’équité avec le sport civil dans la lutte contre le coronavirus, alors qu’une directive du ministère de l’Éducation vient empêcher les compétitions sportives avec d’autres écoles si un cas de COVID-19 y a été détecté, quel que soit le niveau d’alerte de la région.

« Nous sommes en démarche avec le cabinet de la ministre des Sports, Isabelle Charest. Ils nous entendent, nous comprennent, mais nous disent que c’est pour la sécurité des jeunes qu’ils agissent ainsi », a déclaré M. Roel au Soleil, mercredi après-midi.

« Nous sommes d’accord, mais la question que nous nous posons est : pourquoi ils n’imposent pas les mêmes conditions au sport civil ? »

M. Roel pointe ce qu’il considère comme un cas de deux poids, deux mesures, alors qu’un jeune qui se verrait privé de sport scolaire pourrait se tourner vers le sport associatif (civil) avec les mêmes coéquipiers sans faire face aux mêmes restrictions.

« La pression médiatique semble chatouiller beaucoup la ministre dans ce dossier », a ajouté M. Roel. Contacté par Le Soleil, le cabinet de la ministre n’a d’ailleurs pas souhaité faire réagir Mme Charest sur cette question.

Un luxe

On nous a toutefois expliqué que si la ministre était au courant dès le départ que la directive pouvait nuire au sport scolaire compétitif chapeauté par le RSEQ, il ne fallait pas oublier qu’on était au cœur d’une pandémie et que la priorité était de stopper la propagation et d’éviter que des jeunes asymptomatiques puissent se promener d’une école à l’autre.

Ainsi, le cabinet de la ministre préfère miser sur le fait que les jeunes peuvent continuer de pratiquer l’activité sportive qu’ils aiment à l’intérieur de leur école, assimilant d’abord le sport compétitif à un luxe en période de pandémie.

En début de soirée mercredi, une source du cabinet de la ministre est cependant revenue sur le mot « luxe » utilisé plus tôt dans la journée, précisant qu’il ne traduisait pas bien la pensée de la ministre et ajoutant que le sport compétitif demeurait malgré tout important.

On a également fait référence à l’importance de redoubler de prudence pour maintenir l’année scolaire.

Gustave Roel dit être d’accord avec cette insistance placée sur la sécurité, mais appelle la ministre à faire preuve de cohérence.

« Nous souhaitons nous aussi freiner la propagation, mais nous ne comprenons pas la crainte de la ministre à l’idée d’arrêter le sport associatif s’il y a un cas de COVID-19. Si le jeune qui y participe a moins de 16 ans, il finira bien par aller dans une école. Quelle est la logique d’assurer la sécurité de 8 h à 16 h et de laisser tout ouvert après ? »

Le président du RSEQ déplore aussi d’apprendre les détails des mesures entourant le sport scolaire « au fur et à mesure ».

« Cette directive, je l’ai apprise lundi soir dans un document questions-réponses du Ministère. Nos ligues travaillent très fort depuis lundi pour minimiser les déplacements entre régions, justement, mais on se demande si on ne travaille pas pour rien », a conclu M. Roel.

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