Transports

TFI débourse 296 millions pour une entreprise de Chicago

L’entreprise de camionnage TFI International, d’origine montréalaise, effectue sa troisième acquisition de croissance en un mois depuis la clôture d’une émission d’actions qui lui avait rapporté 290 millions de dollars.

Cette fois-ci, TFI achète, pour la somme annoncée de 225 millions US (ou 296 millions CAN), une entreprise américaine de logistique en transport par camion, DLS Worldwide, installée en périphérie de Chicago.

TFI acquiert DLS des mains de sa société mère, le géant américain de l’imprimerie R. R. Donnelley & Sons.

D’après les informations fournies par TFI, les activités de DLS ont généré un chiffre d’affaires de 550 millions US depuis 12 mois. TFI prévoit d’en obtenir quelque 22,5 millions US en bénéfice d’opération additionnel au cours de la première année suivant la clôture de l’acquisition, prévue d’ici deux mois.

Selon TFI, « les principaux modes de transport de DLS incluent le transport de lots brisés, le transport de lots complets, l’expédition de fret, l’expédition accélérée, la livraison de colis et le transport intermodal ».

Aussi, selon TFI, « DLS sert une clientèle diversifiée et de longue date chevauchant un vaste éventail de marchés finaux, notamment la fabrication, les produits de consommation au détail et en gros, la technologie, et l’impression et le courrier. »

TFI prévoit intégrer DLS en tant que filiale d’opération autonome au sein de sa division de logistique récemment rebaptisée « TForce Worldwide ».

De l’avis d’Alain Bédard, président du conseil et chef de la direction de TFI International, l’acquisition de DLS permettra à cette entreprise de « poursuivre son parcours fructueux tout en développant de manière significative la présence et les capacités de TFI aux États-Unis ».

Entre autres, le président de TFI dit miser sur « le modèle allégé en actifs de DLS pour élargir [sa] portée grâce à un réseau important de partenaires et une opportunité incontestable en tant que premier fournisseur principal de services de logistique aux États-Unis ».

Prête pour d’autres acquisitions

En premier commentaire après cette autre annonce d’acquisition de TFI, l’analyste montréalais Cameron Doerksen, spécialiste des transports chez la Financière Banque Nationale (FBN), souligne qu’il s’agit de « la première acquisition majeure de TFI aux États-Unis dans le segment des entreprises de logistique avec un faible niveau d’actif d’exploitation, alors qu’elle en exploite déjà au Canada ».

Quoiqu’il ait été « un peu surpris » par cette acquisition d’une société de logistique, l’analyste de la FBN dit « s’attendre encore à ce que l’accent des prochaines acquisitions de TFI se poursuive vers des actifs d’exploitation en camionnage de lots spécialisés et de dernier kilomètre journalier » aux États-Unis surtout.

« Après l’acquisition de DLS Worldwide, TFI disposera encore de liquidités disponibles que j’estime à 1,1 milliard CAN, de sorte qu’elle aura la capacité de réaliser d’autres acquisitions qui, d’après moi, se concrétiseront plus tard cette année ou au début de 2021 », note Cameron Doerksen, dans une note à ses clients investisseurs.

Entre-temps, en Bourse, la première réaction des investisseurs envers cette autre acquisition de TFI s’est avérée plutôt mitigée. En fin de séance mardi à Toronto, les actions de TFI se négociaient en baisse de 2,1 %. à 55,76 $.

Il s’agit d’un prix encore proche du record de 60 $ par action – soit 5,6 milliards en capitalisation boursière – qui avait été établi le 22 août dernier au terme d’un rebond fulgurant (+ 122 %) du creux de 27 $ par action atteint à la fin de mars, au pire de la panique boursière de début de pandémie.

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