Votre avis sur le second tour des législatives françaises

Nous voulions connaître votre point de vue sur le résultat final du second tour des législatives françaises et ce que vous entrevoyiez pour la suite des choses. Voici quelques-uns de vos commentaires.

Votre avis sur le deuxième tour des législatives françaises

Nous voulions connaître votre point de vue sur le résultat final du deuxième tour des législatives françaises et ce que vous entrevoyiez pour la suite des choses. Voici quelques-uns de vos commentaires.

Empêtré dans un casse-tête

La caricature de Serge Chapleau illustre bien, je crois, ce que doit éprouver Emmanuel Macron après le deuxième tour des législatives. Il a un demi-sourire, incertain que le résultat soit celui qu’il désirait. Il est empêtré dans un casse-tête pas facile à gérer.

— Nicole Lavoie, Lorraine

Moins à droite que le Parti républicain

Contrairement à Donald Trump, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont accepté le résultat de l’élection, même s’ils n’ont pas gagné. Certes, ils dénoncent l’alliance créée par les partis de gauche, mais ils ne rejettent pas les résultats et ne mentent pas en disant que l’élection leur a été volée. En ce sens, oserons-nous dire que Donald Trump a fait du Parti républicain un parti d’extrême droite (encore plus à droite que l’extrême droite française) ?

— Andrée Desrosiers, Montréal

Un homme d’État

Bien que je sois conscient du chaos que cette élection a créé à court terme, je crois qu’il y aura un gagnant à long terme, soit Gabriel Attal, qui a joué un rôle crucial pour maintenir à flot le parti de Macron. Il a pris habilement ses distances par rapport à la décision de Macron, mais surtout, il a fait un discours présidentiel où il s’est adressé à tous les Français sans exclusion pour leur rappeler les vraies valeurs qu’il faut défendre. Il l’a fait en véritable homme d’État.

— Jules Bélanger, LaSalle

Une situation historique

Depuis quelques jours, je regarde l’Histoire qui se déroule sous nos yeux. Car il s’agit d’une situation historique tout de même : personne au centre, à droite ou à gauche, ne détient de majorité absolue. Alors qui Macron peut-il choisir comme premier ministre et comme équipe ministérielle ? Tout sera une question de poids et mesures : La France insoumise (LFI) de Mélenchon a tout à perdre, son chef ayant des positions trop dures. Lors d’une interview récente sur TF1, il a fait preuve d’une arrogance peu commune en suggérant qu’il n’y aurait aucune concession de sa part et qu’on partirait du programme de LFI pour discuter des grands dossiers à débattre. Ce genre de ton et d’approche ne marche pas avec Macron. Celui-ci devra certes prendre en compte le score de la gauche dans l’équation, mais il voudra éviter les extrêmes et dialoguer avec des centristes de gauche, des socialistes, des écolos et peut-être même des communistes ayant pris leurs distances avec Mélenchon. Et rappelons que ces législatives sont bonnes pour un an. Rien n’empêchera Macron de dissoudre à nouveau le Parlement si les choses ne vont pas à son goût. Macron est président de la République jusqu’en 2027, donc il y a beaucoup de choses qui vont se passer d’ici là, croyez-moi. Macron n’étant pas quelqu’un de très conciliant, cela laisse peu d’espoir de voir rapidement une nouvelle équipe ministérielle en place.

— Jaclin Ouellet, Longueuil

Pari partiellement réussi

La décision d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale a suscité des réactions diverses et a probablement été mal interprétée par certains. Bien que cette décision ait aliéné certains de ses alliés historiques, comme l’ancien premier ministre Édouard Philippe et des députés de son propre groupe, la dissolution a permis de clarifier la situation politique après la campagne peu dynamique des législatives de 2022. Le pari de Macron est partiellement réussi : contrairement aux résultats des élections européennes, une large majorité de Français refuse toujours que le Rassemblement national (RN) gouverne, démontrant que le « front républicain » persiste en France, un fait qui était considéré comme obsolète par beaucoup.

Pour le parti de Macron, le résultat est mitigé. La perte de la majorité relative est indéniable, mais il a réussi à mobiliser un électorat suffisant pour se positionner en deuxième place, à quelques sièges seulement de l’union de la gauche. Son groupe est de facto le faiseur de rois de tout gouvernement de coalition : à droite, comme à gauche.

La gauche connaît des fortunes diverses selon ses composantes. La France insoumise (LFI) souffre, ne réalisant aucun gain et se déchirant publiquement (avec l’exclusion de figures comme Corbière, Ruffin et Autain). Le parti semble malmener ses alliés alors qu’il n’est plus dans la position de force qu’il occupait lors de l’élection présidentielle de 2022. Le Parti socialiste (PS), libéré de l’influence d’Olivier Faure, perçu comme un suiveur sans relief de Jean-Luc Mélenchon, pourrait avoir une occasion de se positionner comme une solution de rechange crédible à tout candidat centriste successeur d’Emmanuel Macron et à Jean-Luc Mélenchon pour la prochaine élection présidentielle.

Quant au RN, ses résultats sont également contrastés. Le parti a indéniablement renforcé son ancrage local, avec de nombreux députés réélus, y compris certains qui l’avaient emporté de justesse précédemment. Cependant, l’apparente impréparation (peut-être délibérée) de Jordan Bardella, focalisé sur la communication au détriment du programme, et de Marine Le Pen soulève des questions. Après les deux débats présidentiels et cette campagne d’entre-deux-tours législatifs, on peut se demander si le RN ne préfère pas rester dans le confort d’une opposition sans réelles propositions. Après tout, les électeurs du RN semblent peu se soucier des profils de candidats qu’on leur propose : problématiques, fantômes, etc. Quant à l’avenir de Bardella… on verra. Marine Le Pen a déjà eu ses propres scissions avec celles et ceux qui souhaitaient être calife à la place du calife (Marion Maréchal, Florian Philippot).

— Florian Farez, Montréal

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