Ski de fond

Flambée de COVID-19 chez les fondeurs québécois

Une flambée de COVID-19 a balayé les fondeurs du Centre national d’entraînement Pierre-Harvey (CNEPH) durant un stage à Canmore, en Alberta, a appris La Presse.

Les membres de l’équipe et du personnel d’encadrement sont en quarantaine dans leur résidence en attendant de recevoir l’aval de la Santé publique albertaine pour rentrer au Québec.

« On a plusieurs cas positifs dans l’équipe », a confirmé le directeur technique du CNEPH et de Ski de fond Québec, Jean-Baptiste Bertrand, vendredi matin.

« Il faut qu’on préserve la confidentialité des cas, on ne peut pas révéler qui ou combien, mais je peux dire qu’il y en a plusieurs. »

Arrivés en Alberta à la fin du mois dernier, les 13 fondeurs, l’entraîneur-chef Louis Bouchard, un technicien et une physiothérapeute devaient revenir à Saint-Ferréol-les-Neiges le 14 novembre. L’apparition de symptômes chez certains athlètes a modifié les plans la semaine dernière. La multiplication des cas positifs a pris tout le monde par surprise.

« Au départ, ce sont bien sûr les symptômes qui nous ont amenés à les faire tester », a indiqué M. Bertrand, qui n’est pas sur place avec l’équipe.

« Personne n’est à l’hôpital, on n’est pas mal pris. Ce sont des athlètes en forme, et heureusement, ils le sont quand même restés. C’est plus être en quarantaine qui est difficile pour l’équipe. C’est certain que ce n’est pas évident psychologiquement. »

— Jean-Baptiste Bertrand, directeur technique du CNEPH et de Ski de fond Québec

Mardi, Alberta Health a dévoilé une éclosion de 11 cas « dans la communauté d’entraînement du ski de fond de Canmore ». Nordiq Canada n’avait pas confirmé si ces cas étaient liés à des membres de l’équipe nationale, dans un article de la CBC.

Loin de la maison

Le directeur technique soutient que le groupe avait mis en place toutes les mesures pour se prémunir contre le virus depuis le départ de Québec. Il ignore si la propagation s’est produite durant le voyage ou pendant le séjour à Canmore.

« Les athlètes habitent ensemble au Mont-Sainte-Anne. On a créé les mêmes bulles, on les a gardés ensemble pour réduire les risques au maximum. Même dans les transports, on a mis toutes les chances de notre côté avec peu d’athlètes dans chaque camionnette. Évidemment les masques, la distanciation, le lavage des mains à l’entraînement… »

« On a appliqué les mesures qu’on connaît et qu’on applique habituellement. Malheureusement, ça arrive loin de chez nous, c’est difficile, c’est certain. »

— Jean-Baptiste Bertrand

Les personnes infectées doivent observer une quarantaine de « plus ou moins 14 jours ». Celles qui ont été en contact doivent également respecter certaines mesures. La proximité du bureau de Nordiq Canada, situé à Canmore, facilite leur application.

« Les athlètes reviennent vers le Québec au fur et à mesure que la Santé albertaine autorise leur retour, a précisé M. Bertrand. Il y en a deux qui sont sur le point de revenir, si ce n’est déjà fait. »

Les membres du CNEPH, dont certains font partie de l’équipe nationale canadienne, s’entraînaient sur la neige du Frozen Thunder, conservée sous une couche de bran de scie durant l’été pour une reprise plus hâtive à l’automne. Jusqu’à l’an dernier, ils faisaient la même chose à la Glisse boréale de la Forêt Montmorency, dans la réserve faunique des Laurentides, mais la réserve de neige n’a pas été constituée au printemps en raison de la pandémie, avait indiqué l’Université Laval, gestionnaire du lieu, à Radio-Canada.

La montée des cas de COVID-19 dans la région de Canmore, Banff et Lake Louise doit entraîner la mise en place de consignes sanitaires plus restrictives. Mardi, 16 nouveaux cas ont été enregistrés à Canmore, ville de près de 15 000 habitants, selon le site d’informations St. Albert Today.

Début de saison compromis

Lundi, Nordiq Canada a annoncé l’annulation de sa participation aux premières Coupes du monde de la saison, le mois prochain en Europe. La fédération encourageait ses membres à s’entraîner à la maison et à prendre part à des compétitions locales d’ici la période des Fêtes, là où le contexte le permettait.

Pour le moment, les meilleurs fondeurs québécois doivent attendre que le temps passe. « L’hiver est assez court, chaque jour de préparation compte », a noté Jean-Baptiste Bertrand.

« Comme athlète, c’est difficile de gérer ça, parce que tu sais que les autres autour de toi s’entraînent. Toi, tu es dans ta chambre. Ce n’est pas évident à gérer. Mais la santé prime. Ils vont suivre les protocoles et recommencer tranquillement en respectant les recommandations des médecins. »

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