Bilan quotidien

La tendance à la baisse se poursuit

Les 927 nouveaux cas rapportés lundi portent la moyenne quotidienne à 1412. La tendance est ainsi en baisse de 23 % sur une semaine. En plus des cas dépistés par tests PCR, 1589 personnes ont également rapporté au cours de la fin de semaine avoir obtenu un résultat positif à un test rapide. Les 2125 personnes hospitalisées en ce moment représentent une tendance stable sur une semaine. Aux soins intensifs, les 67 patients représentent une hausse de 13 % sur une semaine. Le nombre de personnes hospitalisées tend à se stabiliser. La campagne de vaccination continue à ralentir malgré le début de la vaccination des tout-petits. Le Québec administre en moyenne 9000 doses par jour, en baisse de 18 % sur une semaine. — Pierre-André Normandin, La Presse

Crimes haineux

Des recommandations pour mieux soutenir les victimes

La Fondation canadienne des relations raciales profite de la publication ce mardi des dernières données de Statistique Canada sur les crimes haineux en 2021 pour faire des recommandations visant à mieux soutenir les victimes à travers le Canada.

Dans un rapport adressé au gouvernement fédéral et que La Presse a pu consulter, la Fondation canadienne des relations raciales (FCRR) a fait une revue des services destinés aux victimes de la haine au Canada.

Dans le rapport, les lacunes dans les services pour les victimes de crimes haineux au pays sont associées à des recommandations pour en améliorer l’accès.

L’objectif de la FCRR est que les recommandations proposées soient intégrées dans le Plan d’action national de lutte contre la haine, promis par Ottawa.

La publication a lieu un peu plus d’un an après qu’une famille musulmane a été happée par un conducteur au volant de son camion à London, en Ontario, le 6 juin 2021. Chez nous, la tuerie à la grande mosquée de Québec marque toujours les esprits, plus de cinq ans après les évènements.

La pointe de l’iceberg

Mais les crimes haineux sont beaucoup plus fréquents que cela. En 2020, 2669 crimes motivés par la haine ont été déclarés aux services de police canadiens, soit 37 % de plus que l’année précédente. Et ceux liés spécifiquement à la race ou à l’origine ethnique ont bondi de 80 %.

Ce n’est que la pointe de l’iceberg, estime Elysia Bryan-Baynes, porte-parole montréalaise de la FCRR.

« Les données montrent que seulement 1 % [des crimes haineux] sont signalés à la police. Mais les victimes, même si elles décident de ne pas aller voir la police, ont quand même besoin de soutien. »

— Elysia Bryan-Baynes, porte-parole montréalaise de la FCRR

Le FCRR a fait un survol de tous les services auxquels les victimes de la haine ont accès à travers le pays, tout en les comparant aux meilleures pratiques dans le monde.

Il ressort du rapport quatre recommandations principales, soit l’instauration d’un fonds national pour les victimes, les organismes et les municipalités, de même que la création d’un Centre national de soutien sous forme de portail web.

Les organismes communautaires : la porte d’entrée

Les organismes communautaires à travers le Canada jouent souvent le rôle de première ligne pour les victimes de crimes haineux, soulève Mme Bryan-Baynes.

« On a découvert que les victimes vont aux endroits qu’ils connaissent déjà. Il y a des groupes communautaires qui font donc déjà le travail, et parfois, avec l’argent prévu pour d’autres services », explique-t-elle.

Le FCRR recommande donc la « mise en place du fonds national annuel pour les organismes de soutien aux victimes de la haine pour améliorer les programmes et services de soutien existants et encourager la création de nouveaux programmes et services de soutien ».

De plus, les organismes devraient pouvoir offrir du soutien non seulement aux victimes elles-mêmes, mais aussi aux victimes secondaires.

« C’est ce qu’on a vu après ce qui est arrivé à la mosquée de Québec, cite en exemple Mme Bryan-Baynes. Oui, les victimes avaient du soutien, mais pas les victimes secondaires — les voisins, les témoins. Les organismes devraient avoir les moyens et la formation pour aider ces personnes. »

Les CAVAC, un modèle à reproduire

Au Québec, les Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) permettent déjà l’indemnisation des victimes. Le modèle n’est toutefois pas pancanadien, ce que recommande le FCRR.

« Pour ce fonds-là, on veut reproduire ce qu’il y a déjà au Québec, et s’assurer que ce soit uniforme. Mais on veut en plus bonifier les montants, s’il y a des éléments qui ne sont pas couverts, explique Mme Brian-Baynes.

Un dernier fonds devrait être mis sur pied, selon le FCRR, pour offrir du soutien d’urgence aux municipalités, quand elles font face à un crime motivé par la haine.

Par exemple, une municipalité pourrait avoir à faire des interventions d’urgence visant à calmer la population ou à déployer des équipes pour expliquer les services psychosociaux. « Les municipalités doivent savoir qu’elles peuvent demander de l’argent rapidement [en cas de crimes haineux], dit Mme Brian-Baynes. Et sans devoir passer à travers un long processus pour y avoir accès. »

Finalement, la FCRR recommande la mise sur pied d’un Centre national de soutien sur l’internet. Celui-ci permettrait aux victimes d’avoir plus d’informations et de mettre des mots sur ce qu’elles ont vécu.

« L’idée, c’est juste d’avoir un endroit pour commencer le chemin vers la guérison. »

— Elysia Bryan-Baynes, porte-parole montréalaise de la FCRR

« On veut donner aux victimes un endroit où commencer à chercher des informations, peut-être avant même de parler avec leur famille ou d’autres personnes de ce qu’elles ont vécu, conclut Elysia Bryan-Baynes.

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