Sondage sur les « priorités » d’Eric Girard

Santé, environnement ou baisses d’impôt ?

Quelles devraient être les trois « priorités » du prochain budget de la Coalition avenir Québec ? Le gouvernement devrait-il miser sur la santé, l’économie verte et les aînés ? Ou plutôt privilégier les baisses d’impôt, l’éducation et la pénurie de main-d’œuvre ?

Ce genre de choix difficile figure dans un sondage du ministère des Finances du Québec sur son site internet, dans le cadre des consultations prébudgétaires. Le ministre Eric Girard a aussi lancé, pour ces consultations, un appel de mémoires auprès des économistes universitaires, en plus d’entamer une série de rencontres avec des dizaines de représentants d’organismes, qui font connaître leurs doléances.

Le sondage de quatre questions n’est pas nécessairement facile, notamment parce que les choix de réponses exigent de trancher entre certaines « priorités ».

Par exemple, pour la première question, le sondage demande de faire seulement trois choix parmi huit « priorités », ce qui oblige nécessairement le répondant à éliminer l’une des « priorités » parmi l’éducation, la santé, l’économie verte ou les baisses d’impôt, entre autres.

La deuxième question porte sur le ralentissement économique et elle demande de choisir une seule des cinq solutions offertes pour « soutenir les citoyens ». Préférez-vous une baisse d’impôt, une bonification de l’aide sociale ou une hausse des dépenses d’infrastructures publiques ? Eeee…

La troisième question porte sur les changements climatiques et demande de trancher entre trois choix sur huit. Covoiturage, transports en commun, électrification des transports ou écofiscalité ? La dernière question porte sur l’opportunité ou non de reporter l’atteinte de l’équilibre budgétaire et la réduction de la dette.

Dans sa présentation, Eric Girard affirme que l’objectif des consultations est de « nous aider à prendre les meilleures décisions, au bénéfice de tous les Québécois ». Dans les faits, tiendra-t-il vraiment compte des avis de la population ?

Après tout, le gouvernement caquiste a énoncé sa stratégie en campagne électorale, au travers de promesses, et il serait surprenant que le budget ne s’y conforme pas.

D’ailleurs, les choix de réponses proposées pour les quatre questions du sondage donnent parfois une idée des éventuels résultats, soit en raison de leur formulation, soit parce que certains choix sont attrayants pour une plus grande proportion de la population.

Certaines suggestions calquent littéralement la stratégie du gouvernement Legault. Sur l’environnement, par exemple, le sondage offre comme premier choix de priorités l’idée de « bâtir une économie verte en favorisant l’émergence de nouvelles entreprises dans des domaines stratégiques et innovants comme la filière batterie et la production d’énergie propre » …

Ouin. Bien des environnementalistes diront que cette suggestion ne devrait pas figurer dans la catégorie de l’environnement, mais dans celle du développement économique.

Quoi qu’il en soit, les consultations sont lancées et elles devraient se terminer le 17 février. À ce jour, le ministre a reçu 18 mémoires et le Ministère a rencontré 35 dirigeants d’organismes. À suivre.

Répondez au sondage

Étonnant surplus de 2,7 milliards

Entre-temps, le gouvernement vient de présenter un étonnant surplus de 2,7 milliards de dollars pour les sept premiers mois de son exercice (d’avril à octobre), après versement au Fonds des générations. Cette somme est plus élevée de 695 millions par rapport au surplus de l’an dernier pour la même période.

La forte inflation et la vigueur de l’économie se reflètent dans les résultats. Par exemple, les taxes à la consommation ont bondi de 10,5 % par rapport à l’an dernier, à 16,3 milliards, et l’impôt sur le revenu, de 7,6 %, à 23,8 milliards. L’impôt des sociétés est encore en forte croissance (+ 21,8 %), à 7 milliards après sept mois. Au total, les revenus autonomes ont augmenté de 9,5 %.

Comme toujours, le ministère des Finances est prudent dans son interprétation prospective des données. Et ce rapport mensuel sur les opérations financières, publié le 20 janvier, ne fait pas exception.

Ainsi, malgré le surplus de 2,7 milliards, le Ministère estime qu’il aura tout de même un déficit de 4,8 milliards pour l’année complète, qui se termine le 31 mars 2022.

Et pourquoi donc ? D’abord, il y a le bouclier anti-inflation (les chèques de 400 $ à 600 $, entre autres), qui coûte 5,1 milliards. À cela s’ajoute le fort ralentissement de l’économie, notamment.

Selon le rapport, la croissance nominale du produit intérieur brut (PIB) passera de 10,7 % pour la première moitié de l’exercice à 4,7 % pour la seconde. Ce ralentissement entraînera un déficit de 1,5 milliard au cours des cinq derniers mois de l’exercice, selon le Ministère.

Bref, un gros déficit reste en vue. On verra.

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