LES HAUTS ET LES BAS D'UNE COUVERTURE VACCINALE

Plusieurs pays développés ont atteint de relativement fortes couvertures vaccinales. Pourtant, certains d’entre eux voient leur nombre de morts, d’hospitalisations et de cas diminuer plus que d’autres. Les causes qui expliquent ces disparités sont nombreuses. Aperçu.

Les comportements de la population

Les comportements de la population et des gouvernements sont la raison la plus probable pour expliquer les disparités entre les pays, estime Alain Lamarre, professeur-chercheur spécialisé en immunologie et virologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). « Aux Pays-Bas, en Autriche, en Allemagne et en Grande-Bretagne, les mesures ont été relâchées beaucoup plus vite qu’au Québec après la vaccination », donne-t-il comme exemple.

Dans des pays comme l’Espagne et le Portugal, extrêmement bien vaccinés, ou encore l’Italie, qui a pris des mesures fortes, la hausse du nombre de cas n’est pas si frappante, a indiqué l’épidémiologiste Yves Coppieters, de l’Université libre de Bruxelles, à l’Agence France-Presse. La situation est toutefois préoccupante dans plusieurs pays d’Europe, notamment en Belgique. D’un autre côté, la Chine maintient des mesures de confinement draconiennes afin d’éliminer complètement les cas de COVID-19 sur son territoire, stratégie que l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont abandonnée.

L’adhésion aux mesures joue également un rôle, ajoute la Dre Maryse Guay, professeure au département des sciences de la santé communautaire à l’Université de Sherbrooke. « Les populations qui observent bien les mesures ont moins de risques de contracter le virus et donc d’être hospitalisées ou de décéder. Le Japon, par exemple, est reconnu pour son observance avec le port du masque et l’hygiène des mains », illustre la spécialiste.

Le délai entre les deux doses

Les pays qui ont opté pour un plus long délai entre les deux doses de vaccin seraient également favorisés, avancent les spécialistes. En effet, l’efficacité vaccinale contre les infections augmente lorsque l’intervalle entre les doses est plus long, a démontré l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). La décision du Québec d’autoriser un intervalle de 12 semaines entre les doses du vaccin, afin que davantage de personnes puissent recevoir leur première injection, est désormais validée par des études scientifiques. « Au Québec, on a reporté les deuxièmes doses, parce qu’on n’avait pas assez de vaccins. Finalement, notre malheur a été notre bénédiction », résume la Dre Guay. Rappelons qu’un délai de trois semaines était recommandé pour le vaccin de Pfizer-BioNTech et de quatre semaines pour celui de Moderna.

L’accès aux soins

La fiabilité des données est également remise en doute dans certains pays. « En Inde, où le système de santé est très inégal entre les régions plus rurales et urbaines, on estime qu’il y a peut-être deux fois ou trois fois plus de cas que ce qui est recensé », soutient M. Lamarre. Pour pouvoir compter correctement le nombre de cas dans un pays, il faut que les gens soient testés, donc ils doivent avoir accès aux tests, ajoute la Dre Guay. Si certaines personnes n’ont pas accès au système de santé, elles ne peuvent pas être hospitalisées non plus. « Maintenant, on sait comment mieux traiter les cas de COVID qu’au début de la pandémie, mais certains pays n’ont pas accès à tous ces traitements », dit-elle. Dans un pays comme l’Inde, ils ne sont peut-être pas en mesure de garder un patient aux soins intensifs pendant trois mois, le temps qu’il aille mieux, indique la Dre Guay.

Le profil de la population

Les facteurs individuels, dont la prévalence varie d’une population à l’autre, peuvent également jouer un rôle, soutient la Dre Guay. « Aux États-Unis, par exemple, il y a plus d’obésité et plus de maladies chroniques en lien avec l’obésité. Lorsque la maladie s’installe, les personnes qui sont atteintes peuvent avoir plus facilement des complications et en décéder », explique la spécialiste.

Le moment

Le moment du début de la campagne de vaccination a également pu jouer un rôle, indique la Dre Guay. Le variant Delta, identifié pour la première fois en Inde, a fait son apparition au printemps, alors que plusieurs pays entamaient leur campagne de vaccination. « En Europe et en Angleterre, le variant Delta a commencé à circuler bien avant le Québec, ce qui a pu avoir un impact », dit-elle. En raison de la baisse de l’immunité au fil des mois, certains pays qui avaient commencé la vaccination très tôt, comme Israël, ont pu se retrouver dans une situation un peu plus vulnérable, indique M. Lamarre.

La tendance à la hausse se poursuit

Au Québec, les cas de COVID-19 continuent leur tendance à la hausse, tandis que les hospitalisations demeurent relativement stables. La province a recensé dimanche 707 nouveaux cas de COVID-19 et 3 morts. Les nouveaux cas rapportés dimanche portent la moyenne quotidienne à 676. Le nombre d’hospitalisations a diminué, pour un total de 199 personnes hospitalisées à l’heure actuelle, soit 2 de moins que la veille. On compte désormais 41 personnes aux soins intensifs, une diminution de 4. Le taux de positivité est à 3 %, soit toujours sous le seuil de 5 % recommandé par l’Organisation mondiale de la santé. Le ministère de la Santé indique que 5933 injections supplémentaires ont été administrées ; 2393 personnes ont tendu le bras pour la première fois vendredi. Jusqu’à présent, 91 % de la population de 12 ans et plus a reçu sa première dose et 88 %, la deuxième.

— Alice Girard-Bossé, La Presse

Vaccin pédiatrique

Une première cargaison est arrivée au pays

Une première cargaison de doses du vaccin contre la COVID-19 pour les enfants est arrivée au Canada. Un appareil d’UPS transportant plusieurs milliers de doses du vaccin pédiatrique mis au point par Pfizer-BioNtech a atterri à Hamilton en début de soirée dimanche. Santé Canada a autorisé vendredi l’utilisation de ce vaccin pour les enfants âgés de 5 à 11 ans. Le gouvernement fédéral s’était alors engagé à recevoir une première livraison d’ici 48 heures. La ministre de l’Approvisionnement, Filomena Tassi, disait vendredi que 2,9 millions de doses devraient être disponibles d’ici la fin de la semaine. Ce total devrait permettre à tous les enfants du groupe d’âge visé de recevoir une première dose. Le gouvernement tente d’acheminer ces doses aux autorités provinciales et territoriales. Certaines juridictions ont commencé à prendre des rendez-vous pour la vaccination, mais aucune précision n’a encore été dévoilée à ce sujet.

— La Presse Canadienne

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