Rocket de Laval

Le changement de vie nécessaire d'Émile Poirier

« Si je n’avais pas fait ces changements-là, je ne sais pas où je serais aujourd’hui. »

Émile Poirier est heureux.

Ça sonne banal ainsi dit, non ? Et pourtant. Le nouvel attaquant du Rocket de Laval ne l’a pas toujours été, heureux, ces dernières années.

Choix de premier tour des Flames de Calgary au repêchage de 2013, Poirier a connu de bons débuts professionnels avant d’être rattrapé par ses problèmes de consommation d’alcool en 2017. Il a quitté le club-école des Flames pour des « raisons personnelles » en mars de cette année-là. L’automne suivant, il dévoilait ses problèmes de dépendance aux médias.

Cinq ans plus tard, Émile Poirier est heureux. Enfin.

« Ma vie au complet avait besoin d’un changement. Ça ne me tentait plus de vivre ma vie de cette façon-là. J’ai fait les démarches nécessaires pour que ça n’arrive plus. »

– Émile Poirier

Le sympathique athlète de 27 ans est serein en parlant avec La Presse de cette période de sa vie.

« C’est sûr que ça va durer toute ma vie, ce combat-là, soutient-il néanmoins. Mais le passé difficile est derrière moi et je regarde devant depuis longtemps. J’ai grandi de ça. J’avais besoin de ça à ce moment-là, mais ça va super bien depuis ce temps-là. »

Fini, les longs voyages en avion

Aujourd’hui, il est papa de jumelles en bas âge. Il vient de connaître une bonne saison en Europe. Et il s’est récemment entendu sur les termes d’un contrat d’un an avec le club-école du Canadien, l’équipe de son patelin. Le Montréalais est donc de retour au Québec. Fini, les voyages en avion de plus de sept heures.

Quand la pandémie a éclaté en 2020, Émile Poirier évoluait pour le Moose du Manitoba, le club-école des Jets de Winnipeg. Plutôt que d’attendre la reprise des activités de la Ligue américaine — qui n’est venue qu’en février 2021 —, il a décidé d’aller jouer en Slovaquie.

« Je m’étais fait conseiller de jouer au moins un peu pour ne pas passer une année complète sans jouer à 25 ans, explique-t-il. Je suis allé en Slovaquie tout seul pendant deux mois, pas de famille, rien. Là-bas, tout était fermé. Il n’y avait aucun restaurant d’ouvert. Je n’ai vraiment pas aimé mon expérience, mais en même temps, ça m’a ouvert la porte pour l’année d’après. »

En 2021-2022, il a signé une entente avec le Dynamo de Riga, en Lettonie, dans la KHL. Il connaissait une bonne saison de 18 points en 39 matchs au moment où la Ligue a décidé de mettre fin à sa campagne, en février, au moment où la COVID-19 faisait rage en Russie.

Poirier est donc retourné au Québec, avant de traverser l’Atlantique de nouveau, en direction de la Suède, où il a joué avec le Djurgårdens IF jusqu’à la fin de la saison.

« Ça fait beaucoup de voyage avec une jeune famille, note-t-il. On est allés deux fois avec des jeunes enfants en Europe. Ça nous prenait un petit break, je pense ! »

Retour au pays

Après sa bonne saison en KHL, le Québécois a reçu des offres d’« un peu partout » en Europe, mais rien qui ne valait la peine de déplacer sa famille à nouveau. Il a donc eu l’idée de tâter le terrain auprès du Rocket.

Comme on dit : on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Poirier a passé un coup de fil à un ami, aussi agent de joueurs. Et c’était fait.

« Tous mes amis, mes parents, la famille… Ça va être le fun, je vais les voir ! Ça fait quand même neuf ans que je joue professionnel et que je suis parti. On dirait que je ne le réalise pas encore. On dirait que j’attends encore le moment où je [vais prendre l’avion pour partir]. »

– Émile Poirier

Retour dans la Ligue américaine, donc, pour Poirier, qui comptabilise 145 points en 299 matchs en carrière au sein du circuit. Son entente à deux volets ne le lie au Rocket que pour une saison.

L’attaquant a déjà eu « une bonne conversation » avec le vice-président aux opérations hockey du Rocket, John Sedgwick, au sujet des attentes à son endroit.

« Il faut que j’arrive prêt. À mon âge, je sais ce que je suis capable de faire et ce que je suis capable d’apporter. Je veux juste prouver que je suis encore de très bon niveau. J’ai juste 27 ans. […] J’arrive avec beaucoup de confiance au camp et je suis prêt à avoir un gros rôle avec le Rocket. »

Mais avant toute chose, il devra se trouver un logement à Laval, lui qui habite Gatineau depuis quelques années. Dans le marché actuel, disons que ça peut s’avérer laborieux. « Ce n’est pas comme la dernière fois que je restais à Montréal ! », lance-t-il en riant.

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