Bengals 27 – Bills 10

Qui doute encore des Bengals ?

C’était le duel que toute l’Amérique attendait. Un match entre les deux quarts-arrières les plus en vogue de la NFL.

Joe Burrow a toutefois bouclé le dossier rapidement, dimanche, grâce à une victoire de 27-10 des Bengals de Cincinnati contre les Bills de Buffalo. Désormais, aucun doute ne persiste. En ce moment, Burrow a une longueur d’avance sur Josh Allen.

Aucune équipe n’aurait pu être motivée comme les Bills l’étaient avant le match. Au Highmark Stadium de Buffalo, devant la Bills Mafia, ils étaient en quête d’une première présence en finale d’association depuis 2020, sous le regard attentif de Damar Hamlin, présent au stade. Le miraculé a été montré à l’écran géant, et les partisans des Bills étaient en liesse. Ils ont scandé son nom à plusieurs reprises.

Cette ovation a toutefois laissé place à de nombreux et sentis « Who Dey ? », slogan emblématique des partisans des Bengals. En fin de rencontre, c’est comme s’ils étaient seuls dans les gradins. Probablement parce que les Bengals ont donné l’impression d’être les seuls sur le terrain tout l’après-midi.

La partie s’est jouée sous la neige de janvier du début à la fin. En principe, les locaux auraient dû en tirer profit. Or, Burrow a prouvé une fois de plus pourquoi il devait être pris au sérieux. Il a surtout montré pourquoi il était supérieur à Allen.

La différence entre les deux vedettes est simple, mais cruciale. Allen veut trop en faire, tandis que Burrow veut en faire juste assez.

Avec ses dix premières passes du match, Burrow a rejoint sept receveurs différents. Comme d’habitude, « Joe Cool » est resté calme, mais expéditif. Il a donné confiance à ses coéquipiers tôt dans le match. Encore une fois campé dans le rôle de négligé, le quart-arrière de 26 ans a déréglé la grosse machine de Buffalo pour rejoindre son frère d’armes Ja’Marr Chase dans la zone des buts dès la première séquence du match. Huit minutes plus tard, il a dansé dans sa pochette pour éviter la pression afin de rejoindre Hayden Hurst avec un relais digne des meilleurs tireurs d’élite.

C’est comme si personne n’apprenait de ses erreurs.

Comme à l’université, Burrow attend qu’on doute de lui pour s’élever. Tous les éléments étaient réunis pour croire et se convaincre d’une victoire des Bills. Et pourtant. Le premier choix au total de l’encan 2020 a complété deux passes de touché et a réussi 23 de ses 36 passes pour 242 verges. Grâce à cette performance, les Bengals atteignent la finale d’association pour la deuxième année de suite, à la deuxième présence de Burrow en éliminatoires.

Brio de la ligne offensive

Depuis l’arrivée de Burrow à Cincinnati, la plus grande lacune de l’équipe a été la protection de son quart-arrière.

Contre l’une des meilleures défenses de la ligue pour exercer de la pression, les Bengals devaient se débrouiller sans Alex Coppa, Jonah Williams et La’el Collins, trois joueurs réguliers sur la ligne offensive, tous blessés.

Néanmoins, avec trois joueurs réservistes, la ligne offensive a été l’une des plus grandes vedettes de ce match. Ces joueurs, rarement nommés, ont permis aux grandes vedettes des Bengals de gagner temps et espace. Un cadeau de luxe. Ted Karras, Cordell Volso, Max Scharping, Hakeem Adeniji et Jackson Carman méritent leur part du gâteau. Et pas seulement une tranche mince ou la première sur le bord qui n’est rien d’autre qu’une croûte sèche. Ils ont été intraitables et ils n’ont accordé qu’un seul sac du quart.

Chez les Bills, Greg Rousseau, Jordan Phillips et compagnie ont été réduits à néant.

Revoir les plans

Le bilan de cette rencontre est un peu moins reluisant pour les Bills. Allen a réussi seulement 25 de ses 42 passes face à l’une des pires défenses contre le jeu aérien. Il était visiblement à bout de ressources. Il n’a lancé aucune passe de touché.

Stephon Diggs et Gabe Davis ont été incapables de faire de gros attrapés.

La ligne offensive a été aussi molle que les rideaux en billes que les adolescents ramènent à la maison après un voyage étudiant en Asie duquel ils reviennent soi-disant transformés et ressourcés.

Puis, la défense a été une vraie passoire. Matt Milano, Jordan Poyer et Tre’Davious White ont laissé la voie libre à leurs rivaux.

Les Bills étaient méconnaissables.

Les champions de l’Est de l’Américaine sont parmi les prétendants au titre chaque année depuis trois saisons. Cette année, ils étaient même favoris. Sauf qu’ils repartent en vacances, bredouilles.

Sur papier, ils ont une équipe pour gagner. Plusieurs deviendront joueurs autonomes dans quelques semaines. Est-ce l’heure du grand ménage à Buffalo ? Est-ce le temps de changer de cap et de capitaine ? Ou bien est-ce la malédiction des Bills en éliminatoires qui sévit encore presque 30 ans plus tard ?

Ce duel était le premier entre Burrow et Allen. C’était le premier chapitre d’une longue histoire. Les deux se retrouveront. Reste à savoir lequel des deux en fera juste assez pour entrer véritablement dans la légende.

Les Bengals de Cincinnati affronteront les Chiefs de Kansas City en finale de la Conférence américaine, dimanche à 18 h 30.

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